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  le blog bertysblog

La Brabançonne

20 Juillet 2021, 23:02pm

Publié par Berty

Le 4 octobre 1830, le Congrès national proclame l'indépendance de la Belgique. Dans la foulée (le 3 février 1831), il élit celui qui deviendra roi des Belges (et non roi de Belgique, la nuance est d'importance). C'est la même démarche que vient d'adopter la France en proclamant Louis-Philippe Ier roi des Français. Et c'est justement le fils de ce dernier, Louis d'Orléans, duc de Nemours, qui est élu, mais Louis-Philippe refuse le titre au nom de son fils craignant d'envenimer une situation internationale fragile.
Le congrès se tourne alors vers Leopold Georg Christian Friedrich von Sachsen-Coburg-Saalfeld, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg-Gotha. Celui accepte à condition que soit définitivement réglé le problème des frontières du nouvel état. Le "Traité des XVIII articles" adopté lors de la conférence de Londres ayant clarifié la situation, Léopold est élu le 4 juin 1931. Le 21 juillet suivant, il prête serment.
C'est ce jour que célèbre la fête nationale belge.

La Brabançonne
L'histoire de l'hymne national remonte à 1830. Lors des premiers soulèvements, les seuls chants patriotiques que chantaient les insurgés étaient "la Marseillaise" et "la Parisienne". Cette dernière, écrite après la révolution de juillet en France était chantée sur la mélodie d'une marche militaire allemande harmonisée par Auber (le compositeur de "la muette de Portici", qui avait déclenchée les premières manifestations). C'est Jenneval, un comédien français originaire de Lyon, qui est a l'origine du premier chant patriotique belge. Jenneval avait été engagé à la Comédie Française en 1828, mais avait quitté la France après les Trois Glorieuses pour s'installer à Bruxelles. Là, il était l'un des premiers membre de la Garde Urbaine chargée de maintenir l'ordre lors des premiers soulèvement.

Selon la légende, il l'écrivit un soir d'août 1830, lors d'une réunion au café L'Aigle d'Or avec François Van Campenhout, chanteur, chef d'orchestre et compositeur, membre comme Jenneval, de la troupe de La Monnaie. Il est chanté pour la première fois en public le 2 septembre 1830. Peu après, suite à une violente contre-attaque hollandaise, Jenneval en modifie le texte lui donnant un sens résolument anti-hollandais. Cette seconde version est chantée pour la première fois par Van Campenhout, le 28 septembre à l'estaminet de Cantoni. Le 19 octobre, en défendant la ville de Lierre, Jenneval meurt, la tête emportée par un boulet hollandais ! En 1860, Charles Rogier, alors chef de cabinet (premier ministre) et ministre de l'Intérieur, lui-même figure de la révolution belge, réécrit le texte. "La Brabançonne" devient officiellement hymne national belge.

L'hymne est alors très populaire, il en existe de très nombreux arrangements aussi, par un arrêté du 5 juin 1873, le Ministère de la guerre impose aux musiques militaires une version unique arrangé par l'inspecteur des musiques de l'armée belge, Bender. Cela ne règle que partiellement le problème : plusieurs commissions ont été chargées d'établir une version officielle, mais leurs travaux n'ont jamais abouti ! Cependant une circulaire du Ministère de l'Intérieur du 8 août 1921 décrète que seule la 4e strophe du texte de Charles Rogier doit être chantée lors des cérémonies officielles
Il faudra attendre 1938 pour voir apparaître une version officielle en néerlandais.

Lors des cérémonies, l'hymne est chanté dans les trois langues officielles. Il existe également une version, plus courte, "mixant" ces trois langues.

La version condensée, chantée devant le roi, à l'issue du traditionnel défilé du 21 juillet

A l'origine, le chant devait s'intituler "La Bruxelloise", mais lorsque Jenneval voulut le faire éditer, son éditeur lui fit remarquer que ce titre existait déjà. Il opta donc pour "La Brabançonne".

Certains se souviendront de cette petite anecdote : interrogé lors de la fête nationale 2007, le "formateur" (entendez par là celui qui est chargé de former le gouvernement, donc le futur Premier ministre) avait créé la surprise lorsqu'un journaliste lui avait demandé de fredonner l'hymne national…

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