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Les Huguenots (Meyerbeer)

24 Mai 2011, 17:32pm

Publié par Berty

Opéra en cinq actes de Giacomo Meyerbeer sur un livret d’Eugène Scribe et Émile Deschamps, créé le 29 février 1836 à l’Académie Royale de Musique (Salle Le Peletier) à Paris.

Marguerite de Valois, reine de Navarre (soprano) - Valentine, fille du Comte de Saint-Bris et fiancée à Nevers (soprano) - Urbain, page de la Reine (mezzo, à l’origine soprano) - Raoul de Nangis, gentilhomme protestant (ténor) - le comte de Nevers, gentilhomme catholique (baryton) - le comte de Saint Bris, gentilhomme catholique (baryton) - Marcel, soldat huguenot, serviteur de Raoul (basse) - Tavannes, gentilhomme catholique (ténor) - Cossé, gentilhomme catholique (ténor) - Bois-Rosé, soldat huguenot (ténor) - Thoré, gentilhomme catholique (baryton) - de Retz, gentilhomme catholique (baryton) - Méru, gentilhomme catholique (baryton) - Maurevert, gentilhomme catholique (basse)  - un valet de Nevers (ténor) - un crieur (basse)
Courtisans prostestants et catholiques, soldats, pages, citadins et gens du peuple, des moines, des étudiants, une sentinelle de nuit, dames d’honneur de la reine, bohémiennes, un archer…

 
 

 

Acte I

Le théâtre représente une salle du château du comte de Nevers. Au fond, de grandes croisées ouvertes laissent voir des jardins et une pelouse, sur laquelle plusieurs seigneurs jouent au ballon; à droite, une porte qui donne dans les appartements intérieurs; à gauche, une croisée fermée par un rideau et qui est censée donner sur un oratoire; sur le devant du théâtre, d’autres seigneurs jouent aux dés, au bilboquet, etc. Nevers, Tavannes, Cossé, de Retz, Thoré, Méru et d’autres seigneurs catholiques les regardent et parlent entre eux.

Le comte de Nevers annonce à ses invités l’arrivé d’un gentilhomme protestant. C’est Raoul de Nangis. A table, Nevers propose à ses convives de porter, à tour de rôle, un toast à leur maîtresse. C’est à Raoul de commencer, mais il ne connaît pas le nom de celle dont il est tombé amoureux : il est intervenu alors qu’une bande d’étudiants l’importunait (air “Plus blanche que la blanche hermine…“).

 

   
L’attention des invités est alors attiré par Marcel, le serviteur de Raoul, dont l’air sévère contraste avec la gaîté des convives.  Il désapprouve la présence de Raoul dans cette assemblée :  «Ah ! mon maître, Dieu nous dit : De l’impie évite le festin !». Il entonne l’hymne de Luther “Ein’ feste Burg…“. Cossé le reconnaît alors, Marcel est celui qui lui à infligé une terrible blessure à La Rochelle, mais la guerre est terminée et pour prouver qu’il ne lui en tient pas rigueur, il l’invite à trinquer avec lui. Marcel refuse. «Alors, s’il ne boit pas, qu’il chante !». Marcel accepte, mais entonne un chant de guerre huguenot (air : “Pif, paf…“).

 

 

Loin de s’en offusquer, les invités s’en amusent. C’est alors qu’un valet vient annoncer une visite à Nevers. Dans un premier temps, celui-ci ne veut recevoir personne, mais lorsqu’il apprenant qu’il s’agît d’une jeune femme, il quitte la salle. Tous cherchent alors à apercevoir la mystérieuse visiteuse et Raoul reconnaît celle qu’il a sauvé et dont il est tombé amoureux. Nevers revient et annonce que c’était sa fiancée : «Et c’est ma fiancée…  ici même…  en secret, qui vient me supplier de rompre un mariage auquel l’ordre d’un père et l’oblige et l’engage ! Chevalier généreux, j’en ai fait le serment; mais de dépit au fond du coeur j’enrage !». Un page fait son entrée (air : “Nobles seigneurs, salut…“). Il a un message pour Raoul de la part d’une “dame noble et sage dont les rois seraient jaloux“ et demande à celui-ci de le suivre.

 

 

 

Acte II
Le théâtre représente le château et les jardins de Chenonceaux. Le fleuve serpente jusque sur le milieu du théâtre, disparaissant de temps en temps derrière des touffes d’arbres verts. A droite, un large escalier, par lequel on descend du château dans les jardins. Au lever du rideau, la reine Marguerite est entourée de ses femmes; elle vient d’achever sa toilette. Urbain, son page, à genoux devant elle, tient encore le miroir dans lequel elle vient de se regarder.

Air de Marguerite : “O beau pays de la Touraine !…“.

 


 

La reine reçoit “La plus belle de (ses) demoiselles d’honneur“, Valentine de Saint-Bris. Elle veut savoir comment s’est passée son entrevue avec Nevers :
Marguerite : Dis-moi le résultat de ton hardi voyage.
Valentine : Le comte de Nevers sur l’honneur a promis de refuser ma main.
Marguerite : Bon ! alors tout s’arrange; et bientôt, j’en réponds, un autre hymen
Car la reine sait que Valentine est tombée amoureuse de son sauveur et pour renforcer l’alliance entre catholiques et protestants, elle projette d’unir Valentine, fille de l’un des chef du parti catholique, au huguenot Raoul de Nangis. Et c’est elle, la “dame noble et sage“ qui a envoyé son page chercher Raoul. Elle lui expose son projet, puis annonce cette union aux nobles catholiques venus lui présenter leurs hommages. «Grâce à cet hymen, abjurant toute haine, comme au pied de l’autel, d’une éternelle paix prononcez le serment solennel». Tous prêtent serment, sauf Marcel : «Jurons, guerre à mort, Rome, à toi, tes soldats et tes prêtres. Oui jurons ! Et jamais entre nous amitié, ni pitié !». La reine fait entrer Valentine : «je dois offrir à votre vue votre charmante prétendue, qui rendra vos serments faciles à tenir !».  Mais l’attitude de Raoul change brusquement en la voyant : «Trahison ! perfidie ! Moi son époux ? … jamais, jamais !». Il refuse de donner la raison de son refus à la reine (en fait, ayant vu Valentine avec Nevers, il la croit sa maîtresse). Nevers et Saint-Bris sont offensés : «Frémissant et tremblant, plein de honte et de rage…  c’est son sang qu’il me faut pour calmer ma fureur… ». Seule l’intervention de la reine empêche une effusion de sang. Valentine est effondrée : «Dans mon coeur éperdu s’est glacé mon courage ! Il faut perdre à la fois son amour et l’honneur. Et pour moi désormais plus d’espoir, plus de bonheur !».



Acte III
Le théâtre représente le Pré-aux-Clercs, qui s’étend jusqu’aux bords de la Seine. A gauche, sur le premier plan, un cabaret où sont assis des étudiants catholiques et des jeunes filles; à droite, un autre cabaret devant lequel des soldats huguenots boivent et jouent aux dés. Sur le second plan, à gauche, l’entrée d’une chapelle. Au milieu, un arbre immense qui ombrage la prairie. Au lever du rideau, des clercs de la Basoche et des grisettes sont assis sur des chaises et causent entre eux. D’autres se promènent. Ouvriers, marchands, musiciens ambulants, moines, bourgeois et bourgeoises. Il est six heures du soir, au mois d’août.


C’est dimanche. La place devant la chapelle est animée (Ballet). C’est là que Valentine doit épouser Nevers. Marcel se présenter avec un message pour Saint-Bris : Raoul est de retour à Paris et le provoque en duel. Saint-Bris et Maurevert décident de lui tendre un piège, mais Valentine a tout entendu. Elle aperçoit Marcel et lui demande de prévenir Raoul du complot qui se trame : «l’ingrat d’une offense mortelle a blessé mon coeur tendre et fidèle. Et pourtant son image cruelle vit encore dans mon coeur égaré. Je veux donc lui sauver cette vie, comme un jour il sauva son amie !». Raoul se présente pour le duel et, au moment où les hommes de Saint-Bris s’apprête à l’attaquer, Marcel surgit avec ses hommes. La foule se divise, et le ton montre entre catholiques et protestants qui sont sur le point d’en venir aux mains quand arrive la reine de Navarre. Raoul apprend la vérité en même temps que le mariage de Valentine et Nevers.



Acte IV
Un appartement dans l’hôtel du Comte de Nevers. Des portraits de famille en décorent les murs. Au fond, une grande porte et une grande croisée gothique. A gauche du spectateur, une porte qui mène à la chambre à coucher de Valentine. A droite, une grande cheminée, et auprès, l’entrée d’un cabinet fermé par une tapisserie. A droite du spectateur, et sur le premier plan, une croisée donnant sur la rue.


Valentine est seule (Air : “Je suis seule chez moi !).

 

 

Raoul vient la rejoindre, mais doit rapidement se cacher lorsqu’arrivent Saint-Bris, Nevers et plusieurs gentilshommes catholiques. Saint-Bris veut en finir avec les huguenots :  « Des huguenots la race sacrilège aura dès aujourd’hui pour jamais disparu !». Tous les seigneurs présents prêtent serment sauf Nevers : «Frappons nos ennemis, mais non pas sans défense : ce n’est pas le poignard qui doit percer leur sein». Il remet son épée à Saint-Bris. Suit la célèbre scène de la bénédiction des épées.

 

   
Les conspirateurs se séparent après avoir convenu d’un signal : «Lorsqu’enfin de l’Auxerrois la cloche sainte aura pour la seconde fois du ciel impatient annoncé la vengeance, le fer en main alors levez-vous tous !».

Raoul, qui a tout entendu, veut prévenir ses amis, mais Valentine tente de l’en empêcher. (duo : “Ô ciel ! Où courez-vous ?“). Le son de la cloche vient les interrompre : «Du massacre de mes frères c’est l’horrible signal ! … Je ne dois plus t’entendre et je cours les défendre ou mourir avec eux !».

 

 
Malgré l’insistance de Valentine, Raoul court rejoindre ses amis. Une salve de mousquets éclate.

 

Dans la version abrégée, c’est ici que mourait Raoul.

 

 

Acte V
Scène 1

Le théâtre représente la salle de bal de l’hôtel de Nesle. Tous les principaux protestants y sont réunis. Danse générale des dames et seigneurs de la cour. Paraît au fond la reine Marguerite avec Henri de Navarre, son mari, et son page Urbain. Les dames et seigneurs vont au-devant de la reine, et lui font les honneurs de cette fête, donnée à l’occasion de son mariage.

 

Ballet.

 

La fête est interrompue par l’arrivée de Raoul, couvert de sang : «Aux armes, mes amis ! L’autre bord de la Seine est inondé de sang ! … leurs poignards altérés de vengeance de mille coups ont percé Coligny ! Amis, voilà son sang !».
Choeur : «Courons aux armes !» - Raoul : «Vengeons la mort de nos frères…».

 

  
 Scène 2

Le théâtre représente un cimetière. Au fond, un temple protestant, dont la fusillade a brisé une partie des vitraux. A gauche, une petite porte qui conduit dans l’intérieur de l’église; à droite, une grille qui donne sur un carrefour. Des protestants construisent une barricade pour protéger le cimetière.


Raoul retrouve Marcel, blessé. Valentine arrive à son tour : «Je viens te sauver… cette écharpe blanche à ton bras, sans péril, va te conduire au Louvre. La reine sauvera tes jours…». Mais il y a une contrepartie, Raoul doit se convertir, ce qu’il refuse : «Jamais ! Quand je serais flétri, seriez-vous plus à moi ! Tout nous sépare !». Mais Valentine est libre désormais, Nevers a été tué par les catholiques en sauvant Marcel. Comme Raoul refuse de la suivre, elle décide de rester : «Vous autres hommes, au véritable amour votre coeur est fermé. Eh bien ! tu connaîtras tout l’amour d’une femme ! Tu veux, quand tout nous joint, me fuir par le trépas ?… Je ne sais pas s’il faut risquer mon âme; enfer ou paradis, je ne te quitte plus !  Toi, tu maudis mon dogme, moi j’adopte le tien ! Dieu maintenant peut faire selon sa volonté ! Ensemble sur la terre, réunis pour toujours, et dans l’éternité !». Marcel béni leur union.


Scène 3
Le théâtre représente la vue d’un quai de Paris en 1572. Nuit étoilée. (la nuit de la Saint Barthélémy).


Saint-Bris aperçoit des silhouettes :
Saint-Bris : «Qui vive ?»
Raoul : «Huguenot !»
Valentine, Marcel : «Nous aussi !»
Saint-Bris : «Frappez ! au nom du Roi !»
Les soldats se précipitent sur eux. Saint-Bris reconnaît alors, mais trop tard, sa fille.
Au loin, les massacres continuent : «Par le fer et par l’incendie, exterminons la race impie ! Frappons, poursuivons l’hérétique ! Dieu le veut, Dieu veut leur sang ! Oui, Dieu veut leur sang !».

 


 

A propos des Huguenots

Parfait exemple du “grand opéra“, l’oeuvre connut un immense succès. Ses représentations ont été qualifiées de “nuits aux sept étoiles“ en raison de l’importance des sept rôles principaux, nécessitant sept interprètes de premier plan (ce qui explique, en partie, la relative rareté de ses productions). C’est également dans “Les Huguenots“ que l’on a pu entendre, pour la première fois dans un orchestre, une clarinette basse.

Comme un certain nombre d’œuvres françaises, les Huguenots ont connu le succès international dans une version italienne ‘Gli Ugonotti“.

A plusieurs reprises, on peut entendre le thème du cantique écrit et composé par Luther “Ein’ feste Burg“, considéré comme étant l’hymne de la Réformation.

Rarement représenté de nos jours, "Les Huguenots“ ont été extrêmement populaires. L'air de Raoul "Plus blanche que la blanche hermine" a fait partie du répertoire de la plupart des grands ténors. Dans le film "Maytime" (Le chant du printemps), datant de 1937, une scène se déroule lors d'une représentation : Jeanette MacDonakd y chante l'air d'Urbain

 

 

 

 

Les Huguenots à l’Opéra national du Rhin
Strasbourg - Opéra : 14, 18, 20, 24 et 28 mars 2012
Mulhouse - La Filature : 13 et 15 avril 2012
Nouvelle production - Coproduction avec La Monnaie / de Munt, Bruxelles
Édition critique de Milan Pospisil et Olivier Jacob
Direction musicale : Daniele Callegari
Mise en scène : Olivier Py
Marguerite de Valois : Laura Aikin
Valentine : Mireille Delunsch
Le page, Urbain : Karine Deshayes
Raoul : Gregory Kunde
Nevers : Marc Barrard
Saint-Bris : Philippe Rouillon
Marcel : Wojtek Smilek
Cossé : Xavier Rouillon
Thoré : Marc Labonnette
Tavannes : Avi Klemberg
Bois-Rosé : Mark Van Arsdale
Retz : Arnaud Rouillon
Méru : Patrick Bolleire
Chœurs de l’Opéra national du Rhin
Orchestre philharmonique de Strasbourg



Discographie sélective

Joan Sutherland (Marguerite), Martina Arroyo (Valentine), Huguette Tourangeau (Urbain), Anastasios Vrenios (Raoul), Nicola Ghiuselev (Marcel), Dominic Cossa (Nevers), Gabriel Bacquier (Saint-Bris), New Philharmonia Orchestra, Ambrosian Opera Chorus, direction Richard Bonynge (1970).

Rita Shane (Marguerite), Enriqueta Tarres (Valentine), Jeanette Scovotti (Urbain), Nicolai Gedda (Raoul), Justino Diaz (Marcel), Pedro Farres (Nevers), Dimitri Petkov (Saint-Bris), chœurs et orchestre de la radio autrichienne, direction Ernst Märzendorfer (1971).

Ghyslaine Raphanel (Marguerite), Françoise Pollet (Valentine), Danièle Borst (Urbain), Richard Leech (Raoul), Nicola Ghiuselev (Marcel), Gilles Cachemaille (Nevers), Boris Martinovich (Saint-Bris), chœurs de l’Opéra de Montpellier, Orchestre Philharmonique de Montpellier, direction Cyril Diederich (1988).

Joan Sutherland (Marguerite), Amanda Thane (Valentine), Suzanne Johnston (Urbain), Anson Austin (Raoul), Clifford Grant (Marcel), John Pringle (Nevers), John Wegner (Saint-Bris), chœurs et orchestre de l’Opéra Australia, direction Richard Bonynge (1990).
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