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  le blog bertysblog

le "Großer Zapfenstreich", une cérémonie musicale

24 Août 2013, 16:11pm

Publié par Berty

Quasiment inconnu en France, le “Großer Zapfenstreich“, comprenez grande retraite aux flambeaux, est l’une des rares cérémonies entièrement conçue autour de la musique.
C’est aussi la plus importante cérémonie militaire allemande, un hommage rendu au Président de la République, au Chancelier, au Ministre fédéral de la défense ou au chef d’état-major lorsqu’ils quittent leurs fonctions ou la célébration d’un événement marquant comme le cinquantenaire de la Bundeswehr, le vingtième anniversaire de l’armée allemande réunifiée ou encore le départs des forces alliées de Berlin…

Elle trouve ses origine dans la tournée qu’effectuait, le soir, un officier accompagné d’un fifre ou d’un tambour pour signaler l’heure après laquelle il n’était plus autorisé à servir à boire aux soldats. Le terme Zapfenstreich date de 1596 et fait référence à cette interdiction (de “zapfen”, tirer la bière, et “streich”, trait, ce qui pourrait se traduire par interdiction de tirer la bière). La première description de ce rituel militaire a été faite en 1726 et, dans une forme très proche de la version actuelle, la première cérémonie a eu lieu à Berlin, le 12 mai 1838, en l’honneur du tsar Nicolas Ier. En 1922, l’hymne national est inclus à la cérémonie.

Le cérémonial est immuable. Le lieu de la cérémonie est délimité par le “collier de perles“, des porteurs de torches statiques. Les honneurs sont rendus par le détachement d’honneur de l’armée allemande, composé de militaires des trois armes.

Le détachement arrive au son du “Yorckscher Marsch“ ou “Marsch des Yorck’schen Korps”, en fait la Marche n°1 composée en 1808 par Beethoven pour la Garde Nationale de Bohème - böhmische Landwehr - et dédiée au Grand-duc Anton Viktor d’Autriche. C’est en 1813 qu’elle a pris le nom du régiment commandé par le comte Ludwig Yorck von Wartenburg.

Lorsque le détachement est en position, commence la partie réservée à l’hommage musical proprement dit.
L’officier commandant le détachement lance l’ordre “Serenade !“. L’orchestre interprète alors trois morceaux choisis par celui ou celle auquel l’hommage est rendu. Dans le cas d’une cérémonie particulière, dédiée non à une personnalité mais à un événement, les œuvres sont choisis en fonction de leur rapport avec cet événement ainsi, à l’occasion du départ des forces alliées de Berlin, c’est “Sambre et Meuse” qui avait été interprété pour rendre hommage à l’armée française.
Cette partie se termine par l’ordre : “Großer Zapfenstreich stillgestanden ! Großer Zapfenstreich !”

Le chancelier Schröder, pour son départ, avait choisi, entre autres, “My way”.

Karl-Theodor zu Guttenberg, ministre de la défense, avait opté pour “Smoke on the Water” (Deep Purple).

Le président Johannes Rau avait souhaité entendre “Jésus que ma joie demeure”.

Le “Preußischer Zapfenstreichmarsch“ et la sonnerie de la retraite ouvrent la deuxième partie de la cérémonie. Celle-ci se poursuit par une prière, une tradition militaire russe, adoptée par l’armée prussienne.
A l’ordre : “Helm ab… zum Gebet !”, (Otez casque… pour la prière) tous les membres du détachement (en dehors des porteurs de torche) retirent leur casque et la musique joue le choral “Ich bete an die Macht der Liebe“ de Dmitri Bortniansky.
Après l’ordre “Helm auf !“ (remettez casque), un roulement de tambour accompagnée des fifres et une sonnerie de trompettes retentit l’hymne national allemand.
L’officier commandant le détachement annonce la fin du “großer Zapfenstreich“, les porteurs de torches regagnent leur position de défilé et le détachement quitte la place au son du “Preußischer Zapfenstreichmarsch“.

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