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Napoléon-Henri Reber

21 Octobre 2013, 14:45pm

Publié par Berty

Napoléon-Henri Reber

Napoléon Henri Reber est né à Mulhouse le 21 octobre 1807.
Après des études au Conservatoire de Paris avec Anton Reicha et Jean-François Lesueur, il se fait rapidement connaître (et reconnaître) par ses oeuvres, essentiellement de musique de chambre et de mélodies mais également, entre autres, quatre symphonies, un ballet (Le diable amoureux), une cantate (Roland) et quatre opéras-comiques : “La Nuit de Noël ou l’anniversaire“ en 3 actes sur un livret d’Eugène Scribe créé à l’Opéra-Comique le 9 février 1848, “Le père gaillard“ en 3 actes sur un livret de Thomas Sauvage créé le 7 septembre 1852, “Les papillotes de Monsieur Benoist“ en 1 acte sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré créé le 28 décembre 1853 et “Les Dames capitaines“ en 3 actes sur un livret de Mélesville créé le 3 juin 1857. Deux de ses oeuvres lyriques restent inédites : "Naïm ou les Maures en Espagne", grand opéra en 5 actes et "Le Ménétrier à la cour", un opéra comique
En 1851 il est nommé professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris avant de succéder à Halévy (le compositeur de “La Juive“) à la tête de la classe de composition en 1862 puis d’être nommé inspecteur du Conservatoire en 1871.
En 1853 il est élu à l’Académie des Beaux Arts contre Berlioz (il occupait le fauteuil V, où l’avait précédé Chérubini et qui reviendra à Saint-Saëns à son décès).

Il décède à Paris le 24 novembre 1880 et est enterré au cimetière du Père Lachaise.

Si son œuvre est tombée dans l’oubli, son traité d’harmonie a été régulièrement réédité. On lui doit également l’orchestration de la "Marche Funèbre" de Chopin, interprétée à l’occasion de l’enterrement de Chopin, lui-même et régulièrement jouée.
Parmi les élèves de Reber figuraient, entre autres, Pablo de Sarasate, Wladyslaw Zelenski, Benjamin Godard et Jules Massenet qui écrivait à son propos : «J’allai dans la classe d’Henri Reber, de l’Institut. C’était un musicien exquis et délicat, de la race des maîtres du dix-huitième siècle. Sa musique en dégageait tout le parfum.»
Pour la petite histoire, la sœur d’Henri Reber, Henriette, fut le premier enfant né à Mulhouse après le rattachement de la ville à la France. La ville lui a dédié une rue, la rue Henriette.

Par curiosité, je me suis penché sur la liste des membres de l’Académie des Beaux-Arts : la plupart sont aujourd’hui d’illustres inconnus, sauf en ce qui concerne la section “Composition musicale“.
Le fauteuil V, celui de Reber, a été occupé par Cherubini, Saint-Saëns, Ropartz, Ibert, Auric et Xenakis.
En même temps que Reber siégeaient Charles Gounod, Daniel François Esprit Aubert, Léo Delibes, Ambroise Thomas, Adolphe Adam, Hector Berlioz et Jules Massenet.
La troisième tentative de Berlioz avait été la bonne : en 1851, il avait échoué face à Ambroise Thomas (n’obtenant aucune voix !) et en 1853, c’est Reber qui avait été élu.

Cette “victoire“ face à Berlioz n’est d’ailleurs pas le seul point commun entre Reber et Thomas. Originaire de Metz, donc membre de la grande famille des Alsaciens-Lorrains, ce dernier était également professeur de composition au conservatoire (il en deviendra le directeur), il eut aussi Massenet pour élève et il est également l’auteur d’une orchestration qui nous est restée : celle de la Marseillaise. Les œuvres de Thomas étant de plus en plus jouées (en particulier Mignon et Hamlet), et sa ville lui ayant consacré une biénale (qui s'est achevée avec le bicentenaire de sa naissance en 2011), on pouvait espérer une prochaine sortie de l’ombre de celles de Reber.
Lueur d'espoir : suite à un heureux concours de circonstances, l'Orchestre Symphonique de Mulhouse lui a consacré un concert à l'occasion des journées du patrimoine en 2007. Depuis… plus rien ! Les (nombreux) compositeurs alsaciens n'ont décidément pas de chance !

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