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2013, Wagner, Verdi… et les autres : Méhul

1 Janvier 2013, 20:14pm

Publié par Berty

Si les célébrations musicales de cette année 2013 seront majoritairement (exclusivement ?) consacrées au bicentenaire de la naissance de Richard Wagner (né le 22 mai 1813 à Leipzig) et de Giuseppe Verdi (né le 10 octobre 1813 à Roncole), ces deux arbres (immenses, certes) ne devraient pas cacher la forêt de tous les autres qui sont autant d'occasions de remettre à l'honneur des artistes souvent oubliés ou méconnus du grand public.


2013 est aussi l'année du 250e anniversaire de Méhul !

Etienne Nicolas Méhul est né le 22 juin 1763 à Givet dans les Ardennes. Ses parents prennent conscience très tôt de ses dons pour la musique et il prend ses premières leçons avec l'organiste local : à 10 ans, il devient organiste du couvents des Récollets de Givet.
En 1775, l'abbaye voisine de Laval Dieu accueille le moine allemand Wilhelm Hanser, organiste, compositeur et jusque là chef de choeur à l'abbaye de Schussenried en Haute-Souabe. C'est auprès de lui que Méhul poursuit sa formation, notamment en composition, puis devient, en 1778, son suppléant à l'orgue de l'abbaye.
L'année suivante, grâce à au soutien d'un mécène local qui prend en charge ses frais d'études, Méhul se rend à Paris avec une lettre de recommandation pour Gluck. Il rencontre ce dernier, qui lui prodigue des conseils, assiste à la première de son "Iphigénie en Tauride" et étudie avec l'un de ses amis, le claveciniste strasbourgeois Jean-Frédéric Edelmann.
En 1782, sa première œuvre est exécutée au Concert spirituel. L'appui de Gluck lui permet de voir son opéra "Cora" accepté à l'Académie Royale de Musique, mais, faute d'appuis suffisants, il n'est pas représenté. Ce sera donc sa seconde oeuvre lyrique, "Euphrosine et Coradin ou Le Tyran corrigé" qui sera créée en premier, en 1790. L'année suivante, "Cora" est enfin créé, près de 10 ans après avoir est accepté ! Il ne cessera de composer pour la scène et, en 26 ans, ce sont plus d'une trentaine d'opéras et opéras-comiques qui seront créés.

Mais il ne compose pas uniquement pour l'opéra, et publie deux recueil de sonates pour le pianoforte, des ouvertures, cinq symphonies, une messe solennelle, des hymnes et des chants patriotique dont, en 1794, le "Chant du départ", sur un poème d'André Chénier.

En 1795, il est nommé à Institut et il devient l'un des inspecteurs du tout nouveau Conservatoire de musique, où il enseigne également.
En 1804, Napoléon le fait chevalier de la Légion d'honneur et lui offre la direction de la maîtrise de la chapelle des Tuileries. Méhul, qui estime que cette charge devait revenir à Cherubini, décline cette offre. En compensation, Napoléon lui accorde une pension de deux mille francs.
En 1815, suite à une réforme du Conservatoire, la fonction d'inspecteur est supprimé et Méhul reste simple professeur. Malade, il quitte ses fonctions au Conservatoire en 1816 avant de quitter Paris pour le climat plus propice de Hyères, le 18 janvier 1817. Il rentre à Paris en mai et s'installe à Pantin. Comme sa santé décline, il est ramené à Paris, fin septembre. C'est là qu'il meurt de la tuberculose, le 18 octobre 1817.
A ses obsèques, 140 instrumentistes exécutent le Requiem de Jommelli.
Source :  "Méhul: sa vie et ses œuvres" de Pierre Ange Vieillard

L'opinion de Berlioz
"Méhul n’était imbu d’aucun des préjugés de quelques-uns de ses contemporains, à l’égard de certains moyens de l’art qu’il employait habilement lorsqu’il les jugeait convenables, et que les routiniers veulent proscrire en tout cas. Il était donc réellement et tout à fait de l’école de Gluck; mais son style, plus châtié, plus poli, plus académique que celui du maître allemand, était aussi bien moins grandiose, moins saisissant, moins âpre au cœur; on y trouve bien moins de ces éclairs immenses qui illuminent les profondeurs de l’âme. Puis, si j’ose l’avouer, Méhul me semble un peu sobre d’idées; il faisait de la musique excellente, vraie, agréable, belle, émouvante, mais sage jusqu’au rigorisme. Sa muse possède l’intelligence, l’esprit, le cœur et la beauté; mais elle garde des allures de ménagère, sa robe grise manque d’ampleur, elle adore la sainte économie. […] Dans Joseph aussi, comme dans la plupart de ses autres partitions, l’orchestre est traité avec un tact parfait, un bon sens extrêmement respectable; pas un instrument n’y est de trop, aucun ne laisse entendre une note déplacée; mais ce même orchestre, dans sa sobriété savante, manque de coloris, d’énergie même, de mouvement, de ce je ne sais quoi qui fait la vie."

 

L'œuvre lyrique de Méhul

"Euphrosine et Coradin ou Le Tyran corrigé", comédie mise en musique en 5 actes sur un livret de François-Benoît Hoffmann, créée à la Comédie-Italienne à Paris le 4 septembre 1790. Révisée en 4 actes (Paris, le 11 septembre 1790), puis en 3 actes (Paris, le 31 octobre 1790) et avec un nouveau troisième acte (Paris, le 13 août 1791)

"Cora", opéra en 4 actes sur un livret de Valadier d'après "les Incas" de Marmontel, créé le 15 février 1791 à l'Opéra de Paris. Nouvelle version de "Alonzo et Cora", non représenté.

"Stratonice", comédie héroïque mise en musique en 1 acte sur un livret de François-Benoît Hoffmann d'après " De Dea Syria" attribué à Lucian et " Antiochus" deThomas Corneille, créé le 3 mai 1792 à l'Opéra-Comique à Paris. Il s'agit probablement du premier opéra avec clarinette, mais sans hautbois.

"Le jeune sage et le vieux fou", comédie mêlée de musique en 1 acte sur un livret de François-Benoît Hoffmann, créée le 28 mars 1793 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Horatius Coclès", opéra en 1 acte sur un livret d'Antoine-Vincent Arnaul, créé le 18 février 1794 à l'Opéra de Paris.

"Le Congrès des rois", comédie mêlée d'ariettes en 3 actes sur un livret de Desmaillot avec des musiques de Kreutzer, Grétry, Dalayrac, Cherubini, Devienne entre autres : "Voilà bien des noms célèbres associés pour la confection d'une œuvre misérable" (Le Dictionnaire lyrique).

"Mélidore et Phrosine", drame lyrique en 3 actes sur un livret d'Antoine-Vincent Arnault (légèrement révisé pendant les répétitions par Gabriel Legouvé) d'après le poème " Phrosine et Mélidore" de Pierre-Joseph Bernard, créé le 6 mai 1794  à l'Opéra-Comique à Paris.

"Doria ou La Tyrannie détruite", opéra héroïque en 3 actes sur un livret de Gabriel Legouvé et Lœuillard Davrigny d'après la vie d'Andrea Doria de Gênes, créé le 12 mars 1795 à l'Opéra-Comique à Paris.

"La Caverne", drame lyrique en 3 actes sur un livret de Nicolas-Julien Forgeot d'après le roman picaresque "Histoire de Gil Blas de Santillane" d'Alain-René Lesage, créé le 5 décembre 1795 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Le Jeune Henri", opéra comique en 2 actes sur un livret de Jean-Nicolas Bouilly, créé le 1er mai 1791 à l'Opéra-Comique à Paris. Version remaniée de "La Jeunesse de Henri IV", non représenté. La première fut houleuse : commencée en triomphe (l'ouverture dut être bissée), elle ne put s'achever, les réactions du public obligeant à baisser prématurément le rideau. Mais, toujours à la demande du public, l'ouverture fut rejouée une troisième fois. Elle est restée, seule, au répertoire sous le titre de "La chasse du jeune Henri".

"Le Pont de Lodi", fait historique en 1 acte sur un livret d'Etienne-Joseph-Bernard Delrieu, créé à l'Opéra-Comique le 15 décembre 1797.

"La Taupe et les papillons", comédie lyrique en 1 acte sur un livret d'Auguste-Etienne-Xavier Poisson de la Chabeaussière), non représentée.

"Adrien", opéra en 3 actes sur un livret de François-Benoît Hoffmann d'après "Adriano in Siria" de Metastase, créé le 4 juin 1799 au Théâtre de la République et des Arts. Interdit par le gouvernement après la quatrième représentation, il a été repris le 26 décembre 1801 et bien que, selon le Dictionnaire lyrique, "La musique est digne du génie de Méhul. Les chœurs sont admirables", il ne connut que 20 représentations.

"Ariodant", drame mêlée de musique en 3 actes sur un livret de François-Benoît Hoffmann d'après "Orlando furioso" de l'Arioste, créé le 11 octobre 1799 à l'Opéra-Comique à Paris. Version révisée, avec un nouveau final, représentée le 30 octobre 1800.

"Epicure", opéra-comique en 3 actes sur un livret de Charles-Albert Demoustier), co-composé avec Cherubini, créé le 14 mars 1800 à l'Opéra-Comique. Nouvelle version, modifiée et réduite en 2 actes, le 20 mars suivant.

"Bion", comédie mêlée de musique en 1 acte sur un livret de François-Benoît Hoffmann d'après "Les Voyages d'Anténor" d'Etienne-François de Lantier, ), créée le 27 décembre 1800 à l'Opéra-Comique à Paris.

"L'Irato ou L'Emporté", comédie-parade mêlée d'ariettes en 1 acte sur un livret de Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières, créée le 17 février 1801 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Une Folie", comédie mêlée de chants en 2 actes de Jean-Nicolas Bouilly, créée le 5 avril 1802 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Le Trésor supposé ou Le Danger d'écouter aux portes", comédie mêlée de musique en 1 acte sur un livret de François-Benoît Hoffmann, créée le 29 juillet 1802 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Joanna", opéra-comique en 2 actes sur un livret de Marsollier de Vivetières d'après son propre livret "Emma ou Le Soupçon", créé le 23 novembre 1802 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Héléna", opéra en 3 actes sur un livret de Jean-Nicolas Bouilly et Révéroni Saint-Cyr, créé le 1er mars 1803 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Le Baiser et la quittance ou Une aventure de garnison", opéra bouffon en 3 actes sur un livret de Louis-Benoît Picard, Charles de Longchamps et Michel Dieulafoy d'après la nouvelle "L'Heureuse Gageure" d'Isabelle de Montolieu, créé le 18 juin 1803 à l'Opéra-Comique à Paris. Composé en collaboration avec Boieldieu, Kreutzer und Isouard.

"L'Heureux malgré lui", opéra en 1 acte sur un livret de Claude Godard d'Aucourt de Saint-Just, créé le 29 décembre 1803 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Les Deux Aveugles de Tolède", opéra-comique en 1 acte sur un livret de Marsollier de Vivetières adapté de son propre livret "Les Deux Aveugles de Bagdad", créé le 18 janvier 1806 à l'Opéra-Comique à Paris

"Uthal", opéra en 1 acte et vers imité d'Ossian sur un livret de Jacques Benjamin de Saint-Victor, créé le 17 mai 1806 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Gabrielle d'Estrées ou Les Amours de Henri IV", opéra en 3 actes sur un livret de Claude Godard d'Aucourt de Saint-Just, créé le 25 juin 1806 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Joseph" (Joseph en Egypte), drame mêlé de chants en 3 actes (parfois qualifié d'opéra biblique) sur un livret d'Alexandre Duval d'après la Bible (Genèse 37-46) et inspiré par la pièce de Baour-Lormian "Omasis", créé le 17 février 1807 à l'Opéra-Comique à Paris.

"Valentine de Milan", drame lyrique en 3 actes (inachevé) sur un livret de Jean-Nicolas Bouilly), créé le 28 novembre 1822 à l'Opéra-Comique à Paris, révisé et complété par Louis-Joseph Daussoigne.

"Les Troubadours ou La Fête au château", opéra comique en 1 acte sur un livret d'Alexandre Duval. Non représenté.

"Les Amazones ou La Fondation de Thèbes", opéra en 3 actes sur un livret d'Étienne de Jouy, créé le 17 décembre 1811 à l'Opéra de Paris.

"Sésostris", tragédie lyrique en 3 actes sur un livret de Antoine-Vincent Arnault et Étienne de Jouy, restée inachevée.

"Le Prince troubadour ou Le Grand Trompeur de dames", opéra comique en 1acte sur un livret d'Alexandre Duval), créé le 24 mai 1813 à l'Opéra-Comique à Paris.

"L'Oriflamme", opéra en 1 acte sur un livret de Charles-Guillaume Etienne et Louis-Pierre Baour-Lormian, co-composé avec Berton, Kreutzer et Päer, créé le 31 janvier 1814 à l'Opéra de Paris. Pièce de corconstance improvisée à l'approche des armées alliées de Paris.

"La Journée aux aventures", opéra comique en 3 actes sur un livret de Pierre-David-Augustin Chapelle et Louis Mézières-Miot, créé le 16 novembre 1816 à l'Opéra-Comique à Paris.

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