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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 14:14

C’est ainsi que le célèbre critique Bernard Gavoty avait appelé France Clidat.


Encore une fois, c’est par le plus grand des hasards que je découvre la nouvelle au détour d’un site consulté pour tout autre chose. Une toute petite ligne perdue dans la page. Et ne parlons pas des grands medias !


Née à Nantes le 29 novembre 1932, France Clidat étudie le piano avec Lazare-Lévy, Emil Guilels et Lelia Gousseau. En 1950, elle remporte le premier prix de piano au Conservatoire de Paris. Sa carrière comme très tôt : elle n’a que 17 ans lorsqu’elle donne son premier récital au conservatoire de Genève avec une sonate de Mozart, le Carnaval de Schumann et Gaspard de la Nuit de Ravel. Mais c’est le prix Liszt, obtenu à Budapest en 1956, qui la révélera. Suivront plus de 2 700 concerts à travers le monde et une quarantaine de disques.
Elle s’est éteinte le 17 mai 2012.

 

Par Berty - Publié dans : Artistes
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 14:54

Il était considéré comme l'un des plus grands interprètes de Lieder : Dietrich Fischer-Dieskau est décédé aujourd'hui à Berg en Bavière. C'est son épouse, Julia Varady qui l'a annoncé à la presse.

 

 

Dietrich Fischer-Dieskau est né à Berlin le 28 mai 1925, il allait donc avoir 87 ans dans quelques jours.
Sa carrière débute en 1947, lorsqu'il remplace au pied levé, sans répétition, un collègue souffrant dans le Requiem allemand de Brahms à Badenweiller. L'année suivante, il fait ses débuts à la Städische Oper de Berlin dans le rôle de Posa de “Don Carlo“. Cette même année, il donne pour la première fois le cycle complet du “Voyage d'hiver“ de Schubert. A partir de 1954, il est régulièrement invité à Bayreuth, puis à Salzbourg dès 1956.

 

 


Sa carrière internationale est lancée, il chante sur les plus grandes scènes : en 1962, il participe à la création du “War Requiem“ de Britten, e, 1964 il fait ses débuts au Carnegie Hall, Henze écrit pour lui le rôle principal de “Elegy for Young Lovers“, il chante le rôle du roi Lear lors de la création de l'opéra du même nom de Reinman. Les oeuvres contemporaines occupent une part importante de sa carrière scénique : on a ainsi pu le voir et l'entendre dans “Wozzeck“ de Berg, “Doktor Faust“ de Busoni, “Mathis der Mahler“ de Hindemith, "Troilus und Cressida" de Zillig, "Dantons Tod“ de von Einem…

 

 


Mais c'est surtout ses interprétations de mélodies allemandes qui feront sa réputation et lui vaudront d'être considéré, dans ce domaine comme “interprète du siècle“.

Il avait fait ses adieux à la scène le 31 décembre 1992 à la Bayerische Staatsoper de Munich.

 

 

 

Une face moins connue de Fischer-Dieskau, sa passion pour la peinture :

 

Par Berty - Publié dans : Artistes
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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 23:11

C’est certainement le plus ancien ensemble vocal au monde : depuis sa création, le Thomanerchor (le choeur de Saint-Thomas de Leipzig) n’a jamais cessé de chanter : 800 années d’activité ininterrompues !

Le 20 mars 1212, à l’initiative du margrave de Misnie, l’empereur Otto IV signe l’acte fondant, à Leipzig, le monastère Saint-Thomas. Le monastère se double d’une école. En échange de leur formation, les élèves doivent chanter lors des offices religieux. Jusqu’à la réforme, leur nombre est limité à 24. Après 1254, l’école ouvre également un externat payant qui accueille les enfants de la bourgeoisie aisée de Leipzig.



Le duché se rallie à la Réforme en 1539 et dès 1543, l’école et le choeur passent sous le contrôle direct de la ville de Leipzig. Le choeur élargit son répertoire à la musique de son temps. Lorsque Jean-Sébastien Bach en prend la direction, en 1723, il compte 55 membres, répartis en quatre ensembles. Aujourd’hui, ils sont une centaine de garçons de 9 à 18 ans.



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Par Berty - Publié dans : Artistes
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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 15:34

Nikolai Schukoff est né à Graz, en Autriche, dans une famille de mélomanes. Après avoir débuté par le violon, il commence l’étude du piano à quinze puis du saxophone, deux ans plus tard. C’est son professeur du piano qui l’incite à commencer le chant et le présente à un professeur du conservatoire de Graz qui reconnaît en lui… une basse, avant de se raviser et lui faire étudier les parties de baryton-basse, jugeant son grave trop faible.
« Je ne me suis pas immédiatement rendu compte de l’erreur de registre, mais rapidement j’ai constaté que je m’épuisais alors que sur l’aigu je n’avais pas de problème ».

Il poursuit ses études au Mozarteum de Salzbourg : « Je me croyais ténor, mais ma prof’ a décidé que je serais baryton. Je me suis d’abord obstiné, mais comme tout le monde était contre moi, j’ai passé mon premier diplôme avec ce registre qui n’était naturellement pas le mien. J’ai ensuite demandé de suspendre momentanément mes études, ce qui m’a permis de passer des auditions professionnelles en tant que ténor. Je n’étais pas encore prêt, mais l’envie était si grande de sortir de ce baryton qui n’était pas moi ! ».
Ces auditions lui valent son premier engagement professionnel et comme ténor, Alfredo dans “La Traviata“ à l‘opéra de Gelsenkirchen en 1996. La même année, il achève ses études, couronnées par la “Médaille Lilli Lehmann“.
Il rejoint ensuite la troupe de l‘opéra de Mannheim, puis celle de l’opéra de Nuremberg où il aborde Ferrando, Nemorino, Fenton, Don Ottavio, Pylade…

 


Une cascade de circonstances va le propulser au premier plan, ce jour d’avril 2007 il sera appelé à remplacé Placido Domingo dans “Parsifal“. Par différents relais, une vidéo de “La Traviata“ de ses débuts parvient à Jean-Pierre Brossmann qui lui fait passer une audition qui lui vaudra ses débuts dans “Doktor Faust“ de Busoni à Lyon, plusieurs engagements au Chätelet, mais surtout, une autre audition devant Christoph Eschenbach qui préparait alors un “Ring“ : il est engagé comme doublure pour le rôle de Siegfried dans “Götterdämmerung“ et se voit offrir deux représentations. Finalement, il chantera toute la série de “Götterdämmerung“ et assurera la doublure du rôle titre de “Siegfried“.
« Un soir Christof Loy était dans la salle. Il a demandé à la Bayerische Staatsoper de m’engager pour Les Bassarides qu’il y préparait alors. C’est pour ça que j’étais à Munich lorsque Domingo a quitté la production de Parsifal ».

Sa carrière se poursuit depuis sur les grandes scènes européennes et américaines dans un large répertoire : Jean (Hérodiade de Massenet), Siegmund (Die Walküre), Sergej (Lady Macbeth of Mzensk), Don José (Carmen), Max (Der Freischütz), Danilo (Die lustige Witwe), Erik (Der fliegende Holländer), Steva (Jenufa), Pollione (Norma), Eisenstein (Die Fledermaus), Diego Bardi (Eine florentinische Tragödie), Pylade (Iphigénie en Tauride), Jim Mahoney (Mahagonny), Loge (Das Rheingold), Octavio (Giuditta de Lehar) et, au cours des prochaines saisons, Quentin (The turn of the screw ), Gregori (Boris Godounov),Bacchus (Ariadne auf Naxos), Florestan (Fidelio), Le Prince (Rusalka), Enée (Les Troyens)…

 Il participe également à de nombreux concerts : 9e Symphonie de Beethoven, 8e Symphonie de Mahler, Das Lied des Erde de Mahle, le Requiem de Verdi , les Gurrelieder de Schönberg, la Missa Solemnis de Beethoven, Das Klagende Lied de Mahler…

 

 

« J’espère pouvoir mener une carrière qui monte pas à pas, qui ne me propulse pas si je ne me sens pas prêt. Ainsi je pourrai chanter longtemps, et c’est le plus important. Des rôles plus dramatiques m’attendent, je crois, mais ce sont des chaussures encore un peu grandes pour moi, aujourd’hui. Il faut laisser le temps au temps. Nous avons une autre expression pour dire ça : le vêtement est beau et grand, alors il faut grandir pour le porter un jour, mais on ne va pas grandir en un instant ! »

Extraits de l’entretien réalisé par Bertrand Bolognesi, le 11 juin 2011 - www.anaclase.com)

 

Le site officiel de Nicolai Schukoff

 

 

 

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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 20:17

Patrick-Davin-copie-2.jpgAprès le départ de Daniel Klajner, c’est Gwennolé Rufet, chef associé, qui asssurait, depuis le depuis le début de la saison, la fonction de directeur musical et artistique par interim de l’Orchestre symphonique de Mulhouse. L’attente aura été courte, c’est le maire de Mulhouse, Jean Rottner, qui vient de dévoiler sur son compte Twitter le nom du futur directeur musical en titre.

Et la surprise est de taille : ce nouveau chef n’est autre que Patrick Davin, un nom bien connu des mélomanes en général et des amateurs d’art lyrique en particulier, puisque c’est essentiellement dans ce domaine qu’il s’est fait connaître : “La damnation de Faust“ et “Louise“ à l’Opéra national de Paris, “Reigen“ au Châtelet, “Samson et Dalila“, “Arabella“, “Pelléas et Mélisande“ et “Le Roi d’Ys“ à l'Opéra royal de Wallonie à Liège, “Madama Butterfly“, “Die Walkure“, “Fidelio“ et “Dialogues des Carmélites“ à Marseille, “Mefistofele“ à Montpellier…

L’opéra, un vrai choix pour celui qui déclarait à Opéra Magazine : « Ma vocation musicale est en grande partie venue de ma prédilection pour l’art lyrique ». Prochainement, il dirigera “La muette de Portici“ à l’Opéra-Comique. Clin d’oeil de l’histoire, c’est un chef belge qui dirigera l’opéra qui a déclenché la révolution belge de 1830 !

Mais il n’en néglige pas pour autant le répertoire symphonique et a travaillé avec de nombreux orchestres : l’Ensemble Modern de Francfort, la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême, les orchestres des radios de Stuttgart et de Munich, l’Orchestre de Chambre de Mannheim, l’Orchestre de Ludwigshafen, la Musikfabrik de Düsseldorf, l’Ensemble Intercontemporain, l’Orchestre National de Lille, l’Orchestre de Bretagne, l’Orchestre Philharmonique de Nice, l’Orchestre National d’Ile-de-France, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’Orchestre de la Suisse Romande, le Klangforum de Vienne, l’Orchestre philharmonique de Liège, l’Orchestre National de Belgique, la Philharmonie des Flandres, l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg…

 

Patrick Davin est né à Huy (Belgique) en 1962. Il fait ses études au Conservatoire royal de Liège (piano, violon, harmonie) puis au CNR de Toulon avant de travailler la direction d’orchestre avec Pierre Boulez et de Peter Eötvös. Il a été professeur de direction d’orchestre au Conservatoire royal de musique de Liège et au Conservatoire de Bruxelles, premier chef invité de l’Opéra de Marseille et directeur de la musique de l’Opéra royal de Wallonie.

Ses trois domaines de prédilection : l'opéra, bien sûr, mais également la création contemporaine et la musique française des XIXe et XXe siècles.

En Alsace, il a dirigé la création de “Professor Bad Trip : Lesson II“ le 10 mars 1999 au festival Musica de Strasbourg à la tête de l’Ensemble Itinéraire. Il a également dirigé l'Orchestre Symphonique de Mulhouse en avril 2011, dans un programme Mozart - Strauss - Haydn : “Patrick Davin a réussi à imprimer sa marque à l’Orchestre Symphonique de Mulhouse, en formation réduite… On est immédiatement séduit par le style de Patrick Davin, où l’élégance, la clarté d’exposition et la pulsation extrêmement régulière marquaient la lecture de l’Allegro initial. Le discours s’est précisé et affermi dans le Presto final, sidérant, triomphant et d’une rare intensité, marquée par des contrastes dynamiques… Davin a restitué avec une grande nostalgie le mystère de l’Adagio, ses chromatismes inquiétants et les sombres sonorités des basses… cette oeuvre a permis de goûter la subtilité de la direction du chef.(Dna, Mardi le 03 Mai 2011)

 

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Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 01:04

Le touriste qui se promène dans les rues de Colmar passe immanquablement devant la maison située au 48 rue des Marchands : entre la maison Pfister et le Koifhus, elle est sur l’itinéraire touristique incontournable.

Sur la façade de cette maison est apposée une plaque portant cette inscription :
Dans cette maison naquit le 2 mars 1786 Marie Bigot de Morogues, née Kiéné. Beethoven et Haydn furent les admirateurs fervents de cette musicienne incomparable qui prodigua ses conseils à F. Schubert enfant et enseigna son art à F. Mendelssohn. Elle mourut à Paris en 1820 au printemps de sa vie.

Marie Kiéné est née à Colmar le 2 mars 1786. Ses parents étaient musiciens : son père Joseph, violoncelliste, et sa mère, Catherine (née Leyer), pianiste. C’est avec elle que la petite Marie apprendra le piano. En 1791, la famille s’installe à Neuenburg en Suisse. Quelques années plus tard, elle y fait la connaissance de Paul Bigot de Morogues, un noble breton qui s’y était réfugié en 1800. Elle l’épouse le 9 juillet 1804 et, quelques jours plus tard, le jeune couple part pour Vienne où Paul Bigot de Morogues est engagé comme bibliothécaire du comte Andrej Kyrillovic Rasumovskij, ambassadeur du Tsar. Ce dernier fréquentait de nombreux musiciens, parmi lesquels Beethoven et Salieri, et c’est ainsi que Marie put nouer des contacts dans le milieu musical viennois et faire ses débuts de concertiste. Son talent est rapidement reconnu. La revue musicale “Allgemeine musikalische Zeitung“ souligne l’élégance, la légèreté et la délicatesse de son jeu. Une biographie de Haydn cite, a son propos, cette anecdote : le 20 février 1805, elle joue une oeuvre de Haydn devant le compositeur. A la fin du morceau, Haydn est enthousiaste : «Mein liebes Kind, das ist nicht meine Komposition; das haben Sie komponiert, nicht bloß gespielt !» (Ma chère enfant, ceci n’est pas ma composition. C’est vous qui l’avez composé, pas simplement joué !).

Beethoven, avec lequel elle se lie d’amitié, lui offre le manuscrit de sa “Sonata Appassionata op. 5“ dont elle est la première interprète. Certains y ont vu plus que de l’amitié, ce que démentent deux lettres de Beethoven à Paul Bigot de Morogues. dans la première, il s’étonne : « Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il y aurait eu de peu convenable à ce que Marie et Caroline (la fille de Marie) fussent sorties avec moi pour une promenade en voiture. » et dans la seconde, il précise : « En outre, un de mes principes est de ne jamais avoir que des relations amicales avec la femme d’un autre. ».

En 1809, le couple doit quitter Vienne (les hostilités entre la France et l’Autriche reprennent) et s’installe à Paris. Marie continue sa carrière de concertiste, tout en travaillant la composition avec Cherubini et Auber. Si elle consacre principalement sa carrière pianistique à Mozart et Beethoven, elle s’attache également à faire redécouvrir l’oeuvre de Bach. En 1812, son mari est fait prisonnier à Wilno (Vilnius). Il ne rentrera à Paris qu’en 1817. Pour gagner sa vie, Marie donne des leçons de piano. La réputation de la pédagogue est à la hauteur de celle de la concertiste et les élèves se pressent à ses cours. Parmi eux, Félix et Fanny Mendelssohn qui séjournent à Paris en 1816. Bien après leur retour en Allemagne, leur père continue à prendre conseil pour l’éducation musicale de Fanny auprès de Marie Bigot, comme en atteste des lettres de 1820.

De santé fragile, elle décède le 16 septembre 1820. Elle n’a que 34 ans.

Ferdinand Herold lui a dédié sa “Sonate pour le piano-forté op. 9“ et Alexandre-Pierre-François Boëly ses “Trente caprices ou pièces d’études pour le Piano op. 2“. Elle-même a composé plusieurs études destinées, au départ, à ses élèves.

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 15:33

Ce samedi 25 février à 23h45, Maurice André, légende vivante de la trompette, s’est éteint à Bayonne où il avait été hospitalisé.


 

Maurice André est né le 21 Mai 1933 à Rochebelle, un faubourg minier d’Alès


Son père, mineur, jouait de la trompette dans l’Harmonie des Mines et la Fanfare d’Alès. Son oncle, Jean, était cornet solo de la musique des Equipages de la Flotte à Toulon, puis professeur au conservatoire de Nïmes.
Durant la guerre, alors qu’il a une dizaine d’année, ses parents l’envoient garder les vaches deux étés de suite, d’abord à Meymac en Corrèze, puis  à Couffour en Lozère. Il en gardera un bon souvenir et, surtout : « Je pouvais manger à ma faim ».

 


 

A la fin de la guerre, il a 12 ans, son père commence à l’initier à la trompette. « Un jour, alors que j’avais 14 ans, il est revenu d’une fête avec un vieux cornet à piston qui lui avait été offert et il a commencé à m’en faire jouer. C’est d’ailleurs à partir de cet âge, en 1947, que je suis rentré à la mine pour en sortir à 18 ans, après avoir obtenu mon Certificat d’aptitude professionnelle de mineur-boisseur. ». Chaque soir, son père lui fait travailler deux pages de musique, en augmentant progressivement la difficulté. Durant cette période, il prend des cours de solfège avec le directeur de l’Harmonie des Mines, mais le contact passe mal et il arrête même un temps la musique.

Son père le présente alors à Léon Barthélémy. Deuxième prix de trompette du conservatoire de Paris, celui-ci, ne se trouvant pas assez bon pour faire carrière, s’était installé à Alès où il était devenu secrétaire-comptable des abattoirs tout en dirigeant la chorale de l’église Saint-Joseph. Le jeune Maurice profite de son rare temps libre (il alterne alors quinze jours d’apprentissage en atelier et quinze jours au fond de la mine, six jours sur sept) pour travailler son instrument. Il joue également dans l’Harmonie des Mines et celle de Salindres.

 


 

A 16 ans, il est victime d’un accident au fond de la mine. Transporté aux soins intensifs de l’hôpital de Rochebelle, il n’en garde aucune séquelle.

A 18 ans, il quitte la mine pour s’engager pour deux ans dans l’armée. Il rejoint la musique du 8e régiment de transmissions à Suresnes, ce qui lui permet également d’entrer au conservatoire ennovembre 1951. Au mois de juin suivant, il obtient son premier prix de cornet ainsi que le prix d’honneur ! Et l’année suivante, il remporte le premier prix de trompette.

 


 

Son professeur, Raymond Sabarich, lui offre son premier smoking et lui procure ses premiers engagements, essentiellement des remplacements dans des cabarets ou au cirque Médrano.Puis il entre à l’Orchestre philharmonique de l’ORTF (1953-1963) et dans celui de l’Opéra-Comique (1962-1967).

 

 


En 1955, il obtient le premier prix du concours international de Genève.


En 1963, il se voit offrir une place dans le jury du deuxième concours de Munich avec une indemnité de 2 000 Marks. Mais lui préfère s’y présenter comme candidat : le premier prix est de 25 000 Marks ! Et il le remporte. Il dira par la suite : « A partir de Munich, tout m’a souri ! ».

 

Et de fait, sa carrière internationale est lancée, il joue dans le monde entier au rythme effréné de 200 concerts par an ! Après deux années de ce régime éprouvant, il réduit le nombre de concerts à 120-150 par an.

 

De 1967 à 1978, il est professeur au Conservatoire de Paris.

 


Plus de 250 disques rendent comptent de son impressionnante carrière avec les plus grands chefs et les orchestres les plus prestigieux, mais celui qui lui tenait le plus à coeur est celui qu’il avait enregistré en 1981, au théâtre d’Alès, avec l’harmonie municipale dans laquelle jouait encore quelques-uns de ses amis mineurs, un disque dont l’intégralité des bénéfices étaient destiné à acheter des instruments pour les enfants des mineurs et à soutenir ces derniers dans la lutte pour le maintien de leur emploi.

(Source :  “Le soleil doit pouvoir briller pour tout le monde: souvenirs et mémoires de la trompette du siècle“, Maurice André, Thierry Martin - Editions Publibook, 2007)  

 


 

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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 11:08

Comme souvent, c’est presque par hasard que l’on apprend la disparition d’une très grande voix, celle d’ Elizabeth Connell.

 


 

Elizabeth Connell est née le 22 octobre 1946 à Port Elizabeth (Afrique du Sud).
Elle fait ses études au London Opera Centre avant de débuter comme mezzo-soprano dans le rôle de Varvara (Katia Kabanova) au festival de Wexford en 1972. Le 28 septembre 1973, elle chante le rôle de la princesse Maria Bolkonsky dans “La guerre et la paix“ de Prokofiev lors de la première représentation publique donnée dans le tout nouvel opéra de Sydney. Elle y revient dès la saison suivante comme Vénus (Tannhäuser), puis y chantera Amnéris (Aida) et Kostelnicka (pour la première australienne de Jenufa).

 

De 1975 à 1980, elle chante à l’English National Opera (Eboli, Azucena, Herodias, Kabanicha, Isabella de l’Italiana in Algeri, Judith du Château de Barbe-Bleue , Sieglinde, Donna Elvira et Marina). C’est encore comme mezzo qu’elle débute à Bayreuth avec Ortrud et Brangäne (1980-82) avant de se tourner vers le répertoire de soprano dramatique en 1983. Elle aborde alors les rôles de Fiordiligi, Vitellia, Electra (Idomeneo), Marie (Wozzeck), Elisabeth (Tannhäuser), Leonora (Il Trovatore), Leonore (Fidelio), Reiza (Oberon), Norma, Senta, Ariadne, Lady Macbeth, Médée et, récemment, Turandot.
Elle chante sur les plus grandes scènes (Londres, Paris, Vienne, Berlin, Munich, Hambourg, New York, San Francisco, Milan, Naples,  Genève) , les plus prestigieux festivals (Bayreuth, Salzbourg, Orange, Vérone, Glyndebourne) sous la direction de Claudio Abbado, Riccardo Muti, Giuseppe Sinopoli, Carlo Maria Giulini, Wolfgang Sawallisch, Charles Mackerras, Sir Colin Davis, Lorin Maazel, James Levine, Seiji Ozawa…
Elle se produit également en récital avec des accompagnateurs aussi célèbres que Geoffrey Parsons ou Graham Johnson.

 


 

A 65 ans, sa carrière n’était pas terminée : en octobre dernier elle participait encore à un gala au festival de Bad Urach (enregistré par la radio allemande), en novembre elle donnait un récital à Hastings en Angleterre, en début de saison elle était annoncée à l’opéra de Toulon dans le rôle d’Ortrud de Lohengrin (elle est remplacée par Janice Baird) et devait chanter Turandot à Melbourne.
Elle est morte à Londres le 18 février 2012.

 

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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 21:54

Bogdan Mihai est l’un des ténors belcantistes “qui montent“. La critique, unanime, sa fabuleuse technique de vocalises et son sens de l’ornementation.


 

Né en 1981, il a commencé par apprendre le violon avant d’étudier le chant au conservatoire de Bucarest avec le baryton Nicolae Constantinescu qui voit en lui… un baryton. Passionné par la technique vocale, il suit les masterclasses de Rolando Panerai, Sylvia Gestzy, Ileana Cotrubas, Virginia Zeani et Mariana Nicolesco avant de devenir l’élève de cette dernière, pendant deux ans, à l’université de Transylvanie. C’est avec elle qu’il va acquérir son extraordinaire technique belcantiste. Mais c’est une masterclass de Mirella Freni, en 2006, qui va bouleverser sa vie : pour elle, il n’y a aucun doute, il est ténor ! Et elle ne consent à l’accepter comme étudiant que s’il travaille dans ce sens.

Un chanteur engagé dans une “mauvaise voix“ n’a rien d’exceptionnel, mais celui-ci à une particularité : il a conservé les traces de ses différentes prestations et l’on ainsi suivre son évolution depuis son premier concert avec orchestre à 16 ans jusqu’à sa “transformation“. Un document passionnant pour les amateurs de voix.

 


 

Et, juste pour le plasir, quelques une de ses interprétations :

 


 

 

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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 15:09

La découverte est récente pour moi : elle date de ce dimanche, à l’occasion de la retransmission sur la chaîne allemande SWR du concert du prix Emmerich Smola 2012.
Chaque année, les candidats sélectionnés se produisent en concert, à l’issue duquel le public vote pour choisir le chanteur et la chanteuse qui se verront attribuer les prix. Cette année, ce sont la soprano suisse Chiara Skerath et le baryton australien Derek Welton qui ont eu les faveurs de ce public.

 


Chiara Skerath est née en 1987 à Louvain, en Belgique. Elle commence ses études musicales de violon et de chant dans sa ville natale, puis poursuit sa formation au conservatoire de Colmar dans la classe de Francis Jeser. En 2007, elle intègre la classe de Glenn Chambers au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et étudie avec Claudia Visca à l’Universität für Musik und darstellende Kunst de Vienne.
Durant ses études, elle chante les rôles de la Princesse dans “l’Enfant et les sortilèges“, Susanna des “Nozze di Figaro“ et Nella dans “Gianni Schicchi“.

En 2010, elle remporte trois prix spéciaux au Concours International Hans Gabor Belvedere puis, en 2011, le prix “Jeune Espoir“ au Concours International de Marmande ainsi que la bourse du Pour-cent Culturel Migros.

Au cours de la saison 2010-2011 elle interprète Silvia dans “L’isola disabitata“ de Haydn à la Kammeroper de Vienne, Frau Anna dans “Die lustigen Weiber von Windsor “de Nicolai et Geneviève de “L’attaque du moulin“ d’ Alfred Bruneau au Stadttheater de Bern ainsi que les rôles de Barbarina et de Susanna des “Nozze di Figaro“ de Mozart au festival Oper Klosterneuburg en Autriche. C’est également avec le rôle de Barbarina qu’elle débute à l’Opéra Royal de Wallonie en 2011.
Cette saison elle chantera, entre autres, Despina dans “Cosi fan Tutte“ de Mozart au Stadttheater de Bern ainsi que Norina dans “Don Pasquale“ de Donizetti au fest
ival Oper Klosterneuburg. En 2012-2013 Chiara Skerath chantera Adina dans “L’elisire d’amore“ de Donizetti à l’Opéra de Metz.

 


« Révélation féminine de cette soirée, la soprano Chiara Skerath (Anna Reich alias Nanetta). Ne ménageant pas la santé d’une voix magnifique, la très jeune soprano (elle n’a que 23 ans !) convainc par un phrasé soigné, des aigus lumineux et une belle intelligence de lecture théâtrale. Sa romance “Wohl denn, gefasst ist der Entschluss“ est un moment de pur bonheur. Une chanteuse des plus prometteuses. A suivre ! »
Resmusica - Die lustigen Weiber von Windsor (Otto Nicolaï), Stadttheater de Berne, 15 janvier 2011.

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Par Berty - Publié dans : Artistes
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