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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 00:31

haut_74-copie-2.pngCette édition sera la 74ème, mais, compte tenu des interruptions dues à la guerre, le Festival, créé en 1932, fêtera sont 80ème anniversaire.

 

Et le programme est à la hauteur de l'événement :Helmuth Rilling et sa Gächinger Kantorei pour la “Messe en si mineur“ de Bach, des récitals de Rafal Blechacz et Vadim Repin, les soeurs Labèque, des légendes de la baguette comme Michael Gielen ou Georges Prêtre (avec “leurs“ orchestres, ceux dont ils sont chefs honoraires à vie), François-Xavier Roth (qui est, depuis cette saison, le directeur de l’orchestre du SWR que dirigera Michael Gielen au Festival) sera à la tête de son autre orchestre, celui qu’il a fondé, “Les Siècles“, Theodor Guschlbauer présentera les stars de demain et, en clôture, c’est le nouveau chez du Philharmonique de Strasbourg qui dirigera la 9ème de Beethoven avec, entres autres le ténor Lance Ryan (l'un des meilleurs Siegfried du moment) et la basse Giorgio Surian !

 

Vendredi 8 juin à 20h30 - Cathédrale
Messe en si mineur ( J.S. Bach)
Gächinger Kantorei
Bach-Collegium Stuttgart
Hanna Sophie Müller (soprano), Roxana Constantinescu (alto), Nicholas Phan (ténor), Shen Yang (basse)
Direction : Helmuth Rilling

Samedi 9 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Erasme
Thème et variations pour orchestre en sol mineur (Schoenberg)
Cinq Rückert Lieder (Mahler)
Symphonie n° 3 (Brahms)
SWR Sinfonieorchester Baden-Baden & Freiburg
Elisabeth Kulman (mezzo)
Direction : Michael Gielen

Lundi 11 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Erasme
Rafal Blechacz (piano)
Partita n° 3 (Bach)
Sonate n° 7, op.10 n°3 (Beethoven)
Suite Bergamasque (Debussy)
Sonate n° 3 en si mineur (Chopin)

Mardi 12 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Erasme
Symphonie n°35 “Haffner” (Mozart)
Concerto pour piano n°1 (Beethoven)
Symphonie n°41 “Jupiter” (Mozart)
Khatia Buniatishvili (piano)
“Les Siècles”
Direction : François-Xavier Roth

Mercredi 13 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Erasme
Vadim Repin (violon)
Andrei Korobeinikov (piano)
Sonate n° 3 pour violon et piano (Debussy)
Sonate n° 1 pour violon et piano (Prokoviev)
Sonate n° 9 pour violon et piano “A Kreutzer” (Beethoven)

Jeudi 14 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Erasme
Symphonie en ré mineur (Franck)
Les Fontaines de Rome - Les Pins de Rome (Respighi)
Wiener Symphoniker
Direction : Georges Prêtre

Vendredi 15 juin à 20h30 - Eglise St-Pierre-le-Jeune
Concert Vivaldi
Les Quatre Saisons
Concerto pour 2 violons et violoncelle en sol m (RV 578)
Concerto pour violoncelle en la m (RV 420)
Concerto pour orgue et violon en di M (RV 808)
Amandine Beyer (violon baroque)
Ensemble Gli Incogniti

Mardi 19 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Erasme
Les Révélations 2012 avec trois jeunes lauréats des grands concours internationaux
Concerto pour violoncelle n° 1 (Chostakovitch)
Concerto pour violon n° 3 (Saint-Saens)
Triple concerto pour violon, violoncelle et piano (Beethoven)
Solenne Païdassi (violon, 1er prix concours Long- Thibaut 2010)
Camille Thomas (violoncelle, révélation classique Adami 2010)
Béatrice Rana (piano, 1er prix du concours de Montreal 2011)
Sinfonia Varsovia
Direction : Theodor Guschlbauer

Mercredi 20 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Schweitzer
Katia et Marielle Labèque (piano), Gonzalo Grau et Raphaël Séguinier (percussions)
Rhapsodie Espagnole pour deux pianos (Ravel)
Ma mère l’Oye pour piano à quatre mains (Ravel)
West Side Story (Bernstein, arrangements d’Irwin Kostal pour deux pianos et percussions)

Vendredi 22 juin à 20h30 - Palais de la Musique et des Congrès, salle Erasme
L’Ascension, quatre méditations symphoniques pour orchestre (Messiaen)
9e Symphonie (Beethoven)
Orchestre Philharmonique de Strasbourg
Les Choeurs de l’Union Européenne
Suzanne Bernhard (soprano), Tanja Ariane Baumgartner (mezzo), Lance Ryan (ténor), Giorgio Surian (basse)
Direction : Marko Letonja

 

Le site du Festival

 

Par Berty - Publié dans : Alsace
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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 08:00

Le ballet a également conquis un large public et acquis une réputation internationale grâce à des directeurs aux styles très différents. Il est l’une des plus importantes compagnies françaises et travaille avec les plus grands chorégraphes de notre temps tout en préservant un répertoire classique.

 

 

 

Autre point fort de l’Opéra national du Rhin, son choeur, qualifié de “meilleur choeur d’opéra de l’hexagone“ par un critique et fort d’une quarantaine de chanteurs permanents (ce qui en fait également l’un des plus importants de France) auxquels se joignent, quand la production l’exige, les membres du choeur auxiliaire. Le haut niveau de ces artistes leur permet d'interpréter également des rôles de solistes, comme dans l'extrait ci-dessous où la plupart des Carmélites sont issues du choeur.

 

"Dialogues des Carmélites“ de Poulenc avec Anne-Sophie Schmidt (Blanche de La Force), Patricia Petibon (Soeur Constance), Valerie Millot (Mme Lidoine), Hedwig Passbender (Mère Marie) dans une mise en scène de Marthe Keller. L’orchestre Philharmonique de Strasbourg est dirigé par Jan Latham-Koenig. Existe en DVD

 

Depuis peu, les “Petits chanteurs de Strasbourg“, qui participaient déjà aux spectacles nécessitant un choeur d’enfants, sont devenu très officiellement “Maîtrise de l’Opéra national du Rhin“.

 


L’Opéra du Rhin dispose également d’ateliers de très haut niveau (décors, costumes…) et notamment de ses propres bottier et perruquier.

 


Mais tout cela ne serait rien, s’il n’y avait un public. Sur ce plan, l’Opéra du Rhin affiche de beaux résultats avec bon nombre de spectacles à guichet fermé. Et, surtout, la relève est assurée : plus d’un quart du public à moins de 26 ans !

De quoi attendre sereinement le cinquantième anniversaire…

 

Les 40 ans de l'Opéra national du Rhin : les origines

Les 40 ans de l'Opéra national du Rhin : les directeurs

Les 40 ans de l'Opéra national du Rhin : l'aspect musical

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Par Berty - Publié dans : Alsace
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 08:00

Au plan musical, les choses ont quelque peu changé.

Si les successeurs d’Alain Lombard à la tête du Philharmonique, Theodor Guschlbauer (1983-1997), puis Jan Latham-Koenig (1997-2003) ont assuré la direction musicale de l’opéra, cette fonction a depuis disparue. Marc Albrecht, directeur de l’OPS de 2004 à 2011, n’a que rarement dirigé à l’Opéra national du Rhin. En revanche, les directeurs musicaux de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse, Cyril Diederich (1996-2005) puis Daniel Klajner (2005-2011), contrairement à leurs prédécesseurs, dirigent très régulièrement à l’opéra.

L’Opéra national du Rhin est également l’un des théâtres lyriques français qui a bénéficié du plus grand nombre de retransmissions télévisées, particulièrement sous l’ère Lombard (temps heureux, où l’opéra avait les honneurs du prime time) dont on retiendra une fameuse “Belle Hélène“ avec une distribution de rêve dans laquelle on relèvera le nom de … Jacques Martin ! Mais depuis, il y a eu “Fra Diavolo“ dans la mise en scène de René Terrasson, “Die tote Stadt“, “Dialogues des Carmélites“ mis en scène par Marthe Keller, “Platée“…

 

Christine Barbaux (alors membre de la troupe) dans “Fra Diavolo“ d'Auber mis en scène par René Terrasson. L'Orchestre Symphonique de Mulhouse est dirigé par Jean-Marc Cochereau

 

Emiliano Gonzalez Toro dans le rôle-titre de “Platée“ de Rameau dans la mise en scène de Mariame Clément.  Christophe Rousset dirige Les Talents Lyriques.


Plusieurs enregistrements ont été réalisés au cours des premières années : “Carmen“ avec Régine Crespin et José Van Dam, “Die Zauberflöte“ avec Kiri Te Kanawa, Peter Hofmann, Edita Gruberova et Kurt Moll, “Cosi fan tutte“ avec Kiri Te Kanawa et Frederica von Stade, “Faust“ avec Montserrat Caballe, Giacomo Aragall et Paul Plishka, “Turandot“ avec Montserrat Caballe, Jose Carreras et Mirella Freni, “La Périchole“ avec Régine Crespin, Alain Vanzo et Jules Bastin, “La belle Hélène“ avec Jane Rhodes, Rémy Corazza, Jacques Martin, Michel Trempont et Jules Bastin…

 

"La belle Hélène" avec, dans cet extrait, Jacques Martin dans le rôle de Ménélas.

 

 

Les 40 ans de l'Opéra national du Rhin : les origines

Les 40 ans de l'Opéra national du Rhin : les directeurs

Les 40 ans de l’Opéra national du Rhin : le ballet, les choeurs, les ateliers…

 

 

 

 

Par Berty - Publié dans : Alsace
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Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 08:00

Le premier directeur général de cette nouvelle structure est le metteur en scène Pierre Barrat. Il n’exercera cette fonction que pendant les deux premières années : en 1974, il sera remplacé par le directeur musical, Alain Lombard et prendra la direction de l’Atelier Lyrique.

Sous la direction d’Alain Lombard, l’Opéra du Rhin se hisse au premier plan européen. Les affiches sont prestigieuses, une troupe permanente accueille des chanteurs qui avaient fait partie de celle, dissoute, de l’Opéra de Paris. De grands metteurs en scène, dont Jean-Pierre Ponnelle, signent des productions dont plusieurs sont télévisées. Il est fréquent, alors, que les deux orchestres se succèdent dans une même production, que les têtes d’affiches n’assurent que les premières représentations et soient remplacées par des artistes (par ailleurs de tout premier ordre) de la troupe pour les suivantes ou qu’un assistant dirige les représentations mulhousiennes et colmariennes (mais qui aurait eu l’idée de s’en plaindre quand c’était l’assistant d’Alain Lombard, par ailleurs chef de chant à l’Opéra du Rhin, Claude Schnitzler, qui faisait déjà montre de ses qualités de grand chef de théâtre)…

 

 

"Otello" de Verdi en 1977 avec Guy Chauvet dans le rôle titre sous la direction d'Alain Lombard


Une telle politique de prestige a forcément un coût et, en 1980, c’est au metteur en scène, ancien chanteur et directeur de l’opéra de Rouen, que revient la charge de résoudre ce casse-tête : maintenir le niveau tout en résorbant le déficit. Et il s’en acquitte avec brio, malgré l’hostilité d’un petit milieu musical qui lui reproche de faire appelle à des chanteurs de seconde zone et de réaliser des spectacles trop “province“ ! Chanteurs de seconde zone ? Certes, il n’y a plus de grands noms, du moins les chanteurs auxquels il fait appel ne sont-ils pas connus à ce moment-là, mais les amateurs jugeront : Mariana Nicolesco, Karita Mattila, Jean-Philippe Lafont, Domenico Trimarchi, Alessandro Corbelli, Waltraut Meier, Yvonne Kenny, Heikki Siukola, Robert Hale, Mireille Delunsch… Il est vrai que le critique musical réputé qui était alors l’un des plus farouches opposants à  René Terrasson était essentiellement un grand spécialiste des chanteuses… mortes ! Il y aura quand même quelques grands noms à l’affiche : Régine Crespin, Alain Vanzo, Nadine Denize… De sombres manoeuvres auront alors raison de celui qui avait réussi à redresser les comptes sans sacrifier la qualité et, en 1991, il est remplacé par Laurent Spielmann, directeur du festival Musica. Ses mérites seront néanmoins reconnus, et avec éclat : lors du trentième anniversaire de l’Opéra du Rhin, la plupart des productions retenues pour illustrer l’histoire de la maison étaient signées René Terrasson !

 

 

En 1997, c’est Rudolf Berger qui est nommé directeur général. Un homme d’expérience :  directeur de production du Festival d’Aix-en-Provence, directeur de la programmation du Staatsoper de Vienne puis directeur de l’Opéra de chambre de Vienne du festival d’été “Mozart à  Schönbrunn“ et du Concours international Belvédère ! Sous sa direction, l’Opéra du Rhin (devenu “national“ en 1997) reprend sa place, qu’il avait perdu au cours des années précédentes, dans le peloton de tête des grandes scènes françaises et européennes. C’est lui qui transforme l’Atelier lyrique pour en faire “les Jeunes Voix du Rhin“, l’un des trois centres français de formation de jeunes chanteurs. Il quitte l’Opéra national du Rhin en 2003 pour prendre la direction générale du Volksoper de Vienne.

Son successeur est Nicholas Snowman, cofondateur du London Sinfonietta en 1967, premier directeur artistique de l’Ircam (1972 -1986), conseiller artistique de l’Ensemble InterContemporain (1975-1992), directeur artistique puis directeur général du South Bank Center à Londres (complexe culturel regroupant le Royal Festival Hall, Queen Elisabeth Hall, la Purcell Room, la National Poetry Library, la Hayward Gallery, la Arts Council Collection…) et directeur général du Glyndebourne Opera de 1998 à 2000 ! Avec lui, l’Opéra national du Rhin confirme sa place dans l’élite européenne : il sera notamment à l’origine du fameux Ring unanimement salué par la critique mondiale. Il fait également des Jeunes Voix du Rhin un Opéra-Studio, intégrant ainsi les jeunes chanteurs dans le fonctionnement global de l’opéra. Il quitte ses fonctions en 2009, atteint par la limite d’âge.

Son remplaçant, Marc Clémeur est également un grand professionnel : formé au Conservatoire Royal de musique d’Anvers, études universitaires à Cologne (sciences théâtrales et musicologie), assistant à la mise en scène de Götz Friedrich au Nederlandse Opera à Amsterdam, ainsi qu’à Bayreuth et au Deutsche Oper am Rhein à Düsseldorf, producteur de musique classique pour la radio et la télévision belges, directeur de l’Orchestre philharmonique de Flandre et, surtout, directeur général de l’Opéra de Flandre, un opéra qui fonctionne sur le même principe que l’’Opéra national du Rhin, produisant ses spectacles à Anvers et à Gand. Tout en continuant d’ouvrir le répertoire, en particulier à destination du jeune public, il a également entrepris une nouvelle démarche vers le public allemand en organisant le transport vers Strasbourg et en doublant le sur-titrage français d’un sur-titrage allemand.

 

 

Les 40 ans de l'Opéra national du Rhin : les origines

Les 40 ans de l’Opéra national du Rhin : l’aspect musical

Les 40 ans de l’Opéra national du Rhin : le ballet, les choeurs, les ateliers…

 

Par Berty - Publié dans : Alsace
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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 15:00

C’est l’une des institutions alsaciennes les plus connues à l’étranger. Sur sa scène se sont produits les plus grands noms de l’art lyrique. L’Opéra national du Rhin fête ses 40 ans !

L’Opéra du Rhin est né au moment de ce que l’on peut appeler une véritable “révolution culturelle“, la grande réforme du monde musical initiée par le compositeur Marcel Landowski, alors directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse (la modernisation de l’enseignement dans les conservatoires qui deviennent écoles nationales de musique, création de grands orchestres de régions et de classes à horaires aménagés pour la danse et la musique…). Il y avait alors deux opéras en Alsace.

L’opéra de Strasbourg avait déjà une longue et prestigieuse histoire. C’est le 20 avril 1700 qu’est joué le premier opéra à Strasbourg et dès l’année suivante, la ville fait aménager une grange située sur la place du marché aux chevaux, l’actuel place Broglie. La première représentation y est donnée le 19 juin 1701. En 1805 débute, sur le même emplacement, la construction d’un nouveau théâtre qui sera inauguré le 23 mai 1821. Incendié pendant le siège de Strasbourg, le 10 septembre 1870, il est reconstruit à l’identique et inauguré le 4 septembre 1873. Sa façade a été classée monument historique en 1921.
Des nombreuses oeuvres sont créés ou connaissent leur première française à l’opéra de Strasbourg.  Dans sa fosse, à la tête de l’orchestre municipal, les directeurs musicaux ou chefs permanents ont pour noms Otto Lohse, Wilhelm Furtwängler, Hans Pfitzner, Otto Klemperer, George Szell, Josef Krips, Hermann Scherchen, Hans Rosbaud… Rita Gorr fait partie de sa troupe, Birgit Nilsson et Wolfgang Windgassen y chantent Wagner…

Moins prestigieux, le théâtre de Mulhouse ne propose pas moins d’une dizaine de productions d’opéras par an. Régine Crespin et Lily Pons y font leur débuts. Le chef d’orchestre Reynald Giovaninetti, qui en sera l’un des directeur, y crée “Ulysse“ d’Henri Tomasi dont il donne également la première scénique française de “Don Juan de Mañara“. Pour l’anecdote : les parents de Mireille Delunsch chantent le choeur du théâtre !

Colmar, troisième partenaire, n’a pas de troupe propre mais accueille des spectacles en tournée.

En 1972, les deux opéras fusionnent. A l’origine de cette fusion, Germain Muller qui a compris que deux structures ne pouvaient continuer à cohabiter tout en maintenant un haut niveau de qualité. Un syndicat intercommunal est créé regroupant Strasbourg, Mulhouse et Colmar. La première accueille l’administration, les ateliers de décors et de costumes, la troupe et le choeur, la deuxième le ballet ainsi qu’un centre chorégraphique et la troisième l’atelier lyrique dont la mission évoluera au fil des années : d’abord structure de création, elle se consacrera un court temps à la redécouverte du répertoire baroque, puis à la formation des jeunes chanteurs devenant “Jeunes Voix du Rhin“ puis “Opéra Studio“. Deux orchestres se partagent les services en fosse, l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg et l’Orchestre Symphonique du Rhin (qui deviendra Orchestre régional de Mulhouse et, enfin, Orchestre Symphonique de Mulhouse). Le directeur musical de l’OPS est alors également directeur musical de l’opéra…

 

 

 

Les 40 ans de l'Opéra national du Rhin : les directeurs

Les 40 ans de l’Opéra national du Rhin : l’aspect musical

Les 40 ans de l’Opéra national du Rhin : le ballet, les choeurs, les ateliers…

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Par Berty - Publié dans : Alsace
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 08:00

Demain soir, dans de nombreuses familles de la région, on fêtera la Saint Nicolas au tour des traditionnels Mannalas accompagnés de chocolat chaud.

 

En France, la Saint Nicolas est essentiellement fêtée en Lorraine, en Alsace bien sûr et dans le Nord. Mais cette tradition est également présente dans la plupart des Pays du nord de l’Europe, Allemagne et Belgique compris..

 

Petit rappel historique : ce sont les Hollandais qui fondèrent la Nouvelle Hollande, qui devint rapidement la Nouvelle-Amsterdam, sur l’emplacement actuel de New York. Pour protéger la ville des indiens, le gouverneur général Peter Stuyvesant fera construire le mur qui a donné son nom à Wall Street. Ces Hollandais célébraient saint Nicolas (Sinter Klaas qui allait devenir Santa Claus en anglais). Alors qu’en Europe les deux fêtes restaient bien distinctes, les Américains les rapprochèrent et désormais Saint Nicolas fera sa tournée le 24 décembre !

 

 

 

C’est un pasteur américain, dans un conte de Noël écrit vers 1820, qui le premier modifia l’image traditionnelle de Saint Nicolas en le débarrassant de ses attributs d’évêque, un peu trop catholique ! Il supprima la crosse et remplaça la mitre par un bonnet, l’âne fut remplacé par un traîneau tiré par 8 rennes. Il fallut attendre encore une quarantaine d’années pour voir apparaître la première illustration d’un Santa Claus vêtu de son costume rouge à bord de fourrure blanche. Mais l’image définitive d’un Père Noël ventripotent n’apparaîtra qu’en 1931 dans une publicité Coca Cola ! Pendant plus de 30 ans Coca Cola allait utiliser cette image pour booster ses ventes en hiver et imposer ainsi sa vision du personnage !

En traversant l’Atlantique, Santa Claus ne s’est pas substitué à son modèle, mais est devenu un nouveau personnage, le Père Noël.

 

Quand j’étais enfant, les Pères Noël que nous pouvions voir à la porte des grands magasins portaient encore la longue robe rouge qui rappelait celle, violette, de Saint Nicolas. La veste courte du Père Noël Coca Cola ne s’est réellement imposée en Europe qu'à la fin des années 90.

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Par Berty - Publié dans : Alsace
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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 08:00

Nous y sommes : les premiers marchés ont ouvert leurs portes.
Le sapin de Noël, le symbole de cette fête, a été installé place Kléber à Strasbourg. Traditionnellement, l’installation de ce grand sapin (une trentaine de mètres de hauteur) marque le début des manifestations de Noël en Alsace.
Pouvait-il en être autrement dans la région qui a vu naître cette tradition ?

Une tradition vient de loin : les Romains, au moment du solstice d’hiver et jusqu’après le 1er janvier, décoraient leurs maisons de branches vertes en l’honneur du dieu Janus. Comme beaucoup de traditions païennes, celle-ci sera récupérée par la chrétienté et dès le début du XVIe siècle, les branches seront remplacées par de vrais arbres, d’abord suspendus à la poutre maîtresse, puis posés sur le sol. Et là, au pied des Vosges, le sapin s’imposait.

 


Parmi les “Mystères“, ces scènes religieuses présentées sur le parvis des églises, le “Mystère du Paradis“ était l’un des plus populaires : on y voyait un arbre garni de pommes rouges. Ces pommes étaient les premiers éléments de décoration du sapin avec les “oublies“, des hosties non consacrées.

Vers la fin du XVIe siècle, la coutume des cadeaux de la Saint Nicolas s’est petit à petit décalée au 24 décembre. Le sapin de Noël devient naturellement le centre de la fête : c’est à son pied que les cadeaux sont déposés.

Sous l’influence de la communauté protestante, la décoration du sapin évolue. En référence à un verset d’Isaïe où il est question du “rameau fleuri de Jessé“, des fleurs multicolores s’ajoutent aux pommes et aux oublies. Au fil des ans, la référence chrétienne tend à s’estomper. Les pommes sont parfois remplacées par des friandises rondes, les oublies deviennent des bredele (gâteaux secs alsaciens), des pains d’épices… Les formes de ces douceurs sont de plus en plus diversifiées. La garniture du sapin s’adresse désormais au monde enfantin.

 

C’est à Sélestat, au centre de la région, qu’est conservée la plus ancienne mention connue au monde à ce jour d’un sapin de Noël. Un livre de comptes, conservé à la Bibliothèque Humaniste de la ville, nous apprend que 4 schillings ont été payés aux gardes chargés de surveiller les “meyen“ de la forêt communale. En alémanique ancien, le mot “meyen“ désigne clairement un arbre festif que l’on décore en signe de dévotion à l’éternel renouveau de la nature. Cette note est datée du 21 décembre 1521.

Tous les écrits suivants font référence à l’Alsace. Ainsi, en 1539 un arbre est installé dans la cathédrale de Strasbourg et en 1605, c’est à Strasbourg encore que cela se passe comme en atteste ce texte en vieil allemand : “Auff Weihnachten richtet man Dannenbäume zu Straßburg in den Stuben auf. Daran henket man Roßen auß vielfarbigem Papier geschnitten, Aepfel, Oblaten, Zischgold und Zucker“ (A Strasbourg, pour Noël, on installe un sapin dans la “stub“ – la pièce à vivre de la maison - . On le décore de roses en papier, de pommes, d’oublies, de feuilles d’or et de sucre). La coutume se répand rapidement au point de provoquer la colère de certains théologiens qui dénoncent ces pratiques païennes.

 

En France, le premier sapin fut installé en 1837 aux Tuileries par Hélène de Mecklenburg-Schwerin, l’épouse de Ferdinand duc d’Orléans, héritier du trône de France, mais l’usage ne se développa qu’après 1870 avec l’immigration massive des Alsaciens quittant leur région annexée.
Aux Etats-Unis, la tradition s’est rapidement répandue grâce à l’importante immigration alsacienne et allemande.
En Angleterre, c’est le Prince Albert (allemand, de la famille Saxe Cobourg Gotha) qui fit installer le premier sapin au château de Windsor en 1841.

En 1858, une grande sècheresse priva les Vosges du Nord de pommes. Un souffleur de verre du village de Goetzenbruck (près de Maisenthal, en Moselle) eut alors l’idée de souffler quelques boules en verre. Il déclencha à lui seul une tradition qui allait faire des verreries de Meisenthal la référence mondiale absolue en matière de boules de Noël.

Aujourd’hui, qui pourrait imaginer un Noël sans sapin et un sapin sans boules ?
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Par Berty - Publié dans : Alsace
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Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 08:00

Nous entrons dans l’une des périodes de l’année les plus importantes dans nos traditions locales : l’Avent et Noël.

Qui n’a jamais vécu l’ambiance de Noël en Alsace ne sait pas ce qu’est Noël !
Une affirmation un rien péremptoire, j’en conviens. D’autres régions ont des traditions fortes, mais chez nous elles restent bien vivantes. Aujourd'hui à 17h, toutes les cloches d'Alsace vont sonner pour marquer le début de l'Avent. Les marchés de Noël vont ouvrir leurs portes et comme chaque année attirer un flot de touristes. Malgré cela, ces marchés ont su conserver leur âme et ne pas verser dans le mercantilisme. Le plus grand, celui de Strasbourg, est aussi le plus ancien : depuis 1570, chaque année, il s’installe au pied de la cathédrale. Celui de Kaysersberg se niche sur une petite place au cœur de cette superbe ville médiévale. Colmar a fait le choix de disperser de petits marchés dans la vieille ville décorée de centaines de sapins…



J’aurais l’occasion de revenir plus en détail sur certaines traditions, notamment celle du sapin de Noël dont les premières traces ont été trouvées en Alsace, plus précisément à Sélestat. Mais commençons par le réveillon lui-même, le réveillon tel que nous le connaissons.

En 1770, un jeune Allemand (il avait alors 21 ans), poète à ses heures, vient à Strasbourg pour y poursuivre ses études de droits. L’un de ces amis lui présentera alors Frédérique Brion, fille du pasteur de Sessenheim, dont il tombera amoureux et à laquelle il dédie plusieurs de ses poèmes. Il sera invité à passer Noël chez le pasteur et c’est ainsi qu’il découvre comment l’on fête Noël en Alsace. Il restera durablement impressionné par cette tradition, au point d’en faire l’un des moments-clé d’un roman qu’il écrira en 1774.

Ce jeune Allemand s’appelait Johann Wolfgang von Goethe et son roman, Die Leiden des jungen Werther (les souffrances du jeune Werther) connu un succès considérable dès sa publication.
La “fièvre wertherienne“ s’empara de toute l’Europe : les hommes s’habillaient en bleu et jaune comme Werther, il y eut une vague de suicides (Werther se tue la veille de Noël)… Et, bien entendu, le réveillon sera reconstitué et la tradition s’installera durablement dans les pays de culture germanique avant de gagner l’Angleterre à partir de 1840, vraisemblablement sous l’influence des allemands installés à la cour à la suite du mariage de la reine Victoria (elle-même de la famille de Hanovre) avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Entre temps elle avait été importée aux Etats-Unis par les nombreux émigrants alsaciens (pour la petite histoire, parmi ces émigrants figurait une petite communauté religieuse, d’origine suisse, installée à Sainte Marie aux Mines, les Amish).

Comme il est encore un peu tôt pour un chant de Noël, voici un extrait de Werther par l’un des plus grands interprètes du rôle, Georges Thill.


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Par Berty - Publié dans : Alsace
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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 16:55

Jean-Georges Paulus, né le 5 août 1816 à Haguenau, commence très jeune une carrière militaire comme clarinettiste au 10e chasseurs à cheval. Parallèlement, il suit des cours au conservatoire de Paris où il obtient, en 1835, le premier prix de clarinette. Devenu chef de musique sur “La Belle Poule“, il participe aux cérémonies du transfert des cendres de Napoléon, avant d’être est nommé chef de musique du Prince de Joinville.

En 1848, il rejoint la Garde de Paris. A cette époque-là, la fanfare se composait des douze trompettes du régiment de cavalerie disséminés dans les escadrons de marche qui n’étaient réunis que très occasionnellement à l’occasion de cérémonies. Paulus en fait une formation permanente, composée d’un trompette-major, 12 trompettes, 22 trompettes d’ordonnance, 5 trompettes cor, 3 trompettes contre-basse, 2 trompettes alto, 5 trompettes basse et 2 timbaliers.
La même année, l’administration préfectorale de Paris confie à la garde républicaine un lot de trente-six instruments pour la constitution d’une musique. La liste de ces instruments permet de supposer que ceux-ci ne sont pas destinés à la fanfare, mais bien à la création d’un nouvel orchestre d’harmonie. Celui-ci sera constitué petit à petit jusqu’à atteindre un effectif de 55 musiciens en 1852, date des débuts officiels de la nouvelle formation lors de la distribution des drapeaux au Champ de Mars. Le 4 août 1855, Jean-Georges Paulus est nommé à la tête de la “Musique de la Garde de Paris“. Le 12 mars 1856, Napoléon III signe le décret officialisant l’existence de l’orchestre.

 

 

En 1864, un autre alsacien, le brigadier-trompette Frédéric-Thomas Fillaire, né à Strasbourg, le 21 juin 1832, succède à Jean-Georges Paulus à la tête de la fanfare. A partir de cette date, Paulus se consacre exclusivement à la direction de l’orchestre d’harmonie. Arrangeur, il adapte les œuvres symphoniques pour son orchestre à vent et, le 21 juillet 1867, la Musique de la Garde remporte son premier succès au concours international des musiques militaires au Grand Palais, à Paris, en interprétant l’ouverture d’Oberon et des extraits de Lohengrin.
Le 18 septembre 1870 la "Garde de Paris" devient "Garde Républicaine". La “Musique de la Garde Républicaine“ devient ambassadrice culturelle de la République française et enchaîne les tournées (Londres en 1871, 25 concerts pour 70 jours de tournée à travers les Etats-Unis en 1872…). Partout, Paulus et ses “soldats artistes“ remportent de vifs succès.

 

En 1874, Jean-Georges Paulus quitte la direction de l’orchestre. C’est le compositeur et chef d’orchestre à l’opéra de Strasbourg, Adolphe Sellenick qui lui succède.

 


Pour l’anecdote : la rue dans laquelle se trouve le Palais des Fêtes, salle de concert historique de Strasbourg où ont dirigés, entre autres, Mahler et Strauss, porte le nom de Sellenick.

Par Berty - Publié dans : Alsace
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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 01:05
Le 14 février 1349 eut lieu à Strasbourg l’un des événements les plus horribles de l’histoire alsacienne.

En 1347, la peste noire avait fait son apparition en Europe. Ses ravages étaient considérables. Or, probablement en raison de leur mode de vie (le respect de lois alimentaires, le refus de tout excès…) les Juifs semblaient moins frappés que les Chrétiens. La populace avait besoin de boucs émissaires, les Juifs semblaient donc tout indiqués. A Wintzenheim, sous d’atroces tortures, des Juifs avouèrent leur culpabilité : il n’en fallait pas plus pour attiser la haine et les premiers massacres eurent lieu en Rhénanie, en Suisse, en Haute-Alsace…

Les édiles strasbourgeois, inquiets, firent fermer le quartier juif afin d’en protéger les habitants. Les seigneurs alsaciens, réunis à Benfeld, lancèrent un appel au calme. En vain.
Le 9 février, les délégués des corporations demandèrent à Pierre Schwarber, l’ammeister de Strasbourg (le représentant élu des corporations, le plus haut magistrat de la ville qui détenait le pouvoir exécutif), l’arrestation de tous les Juifs. Il s’y opposa fermement et, devant l’attitude menaçante des délégués qui l’accusaient d’être vendu aux Juifs, il les fit arrêter. L’un d’entre eux parvint pourtant à s’échapper et à ameuter les corporations. Celles-ci se réunirent sur la place de la cathédrale pour décider des actions à mener. L’intervention des deux stettmeister (les représentants élus des notables et des nobles) n’y changeant rien, ils furent à leur tour accusés de corruption et insultés.

Le lendemain, menés par les tanneurs et les bouchers (ceux-ci avaient contracté de lourdes dettes auprès des Juifs !), les émeutiers renversèrent le gouvernement strasbourgeois. Pour donner un semblant de légalité à leurs actes, les insurgés élirent un nouveau sénat. Pierre Schwarber est déchu de sa qualité de bourgeois de Strasbourg, il est condamné au bannissement perpétuel et à la confiscation de ses biens. Betschold, un boucher connu pour être l’ennemi juré des Juifs, est nommé ammeister. Les chroniques de l’époque relatent l’ampleur de ce qui allait suivre : "Dès l'aube, un vacarme indescriptible remplissait les rues de Strasbourg : c'était le bruit des troupes en marche, avançant au rythme de chants sauvages, accompagnés des cris de femmes déchaînées. Lorsqu'elle eut brisé les barrières qui fermaient l'entrée du quartier juif, la foule se précipita dans le ghetto. Hommes et femmes, enfants et vieillards furent égorgés sans pitié. Dans les maisons incendiées, des familles entières disparurent sans laisser trace."

Les survivants de ce massacre furent traînés au cimetière juif où un bûcher avait été dressé. Les enfants furent baptisés avant d’être jeté dans le bûcher. Des mères, courageuses, purent arracher leur enfant des mains des “baptiseurs“ et se jetèrent avec eux dans le bûcher.
Dans ces massacres, la peste n’était qu’un prétexte. Selon le chroniqueur Twinger von Königshofen : "S'ils avaient été pauvres et si les nobles ne leur devaient rien, ils n'auraient pas été brûlés".


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Par Berty - Publié dans : Alsace
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