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Sebastián Iradier, compositeur de deux "méga-tubes" !

20 Janvier 2022, 00:02am

Publié par Berty

Sebastián Iradier y Salaverri est né le 20 janvier 1809 à Lanciego dans la province d'Alava au Pays Basque. C'est à Vitoria, capitale de la province, qu'il débute ses études musicales par le piano et l'orgue. A 9 ans, il intègre le chœur de la collégiale Sainte-Marie de Vitoria puis, en 1825 (il a 16 ans) devient organiste de l'église Saint Michel l'Archangel et, deux ans plus tard, de Saint-Jean-Baptiste à Salvatierra. En 1833, il entre au conservatoire de Madrid où il étudie le chant et la composition. Ses premières œuvres le font rapidement connaître : il est nommé directeur adjoint de l'Académie Philharmonique, professeur de composition au Collège Universel de Madrid et, en 1829, professeur de chant au conservatoire… Il a ses entrées à la Cour et devient, entre autres, professeur de chant des filles de la comtesse de Montijo, Francisca et Eugenia (la future impératrice de France). Ses œuvres sont alors essentiellement des musiques de danse (valses, polkas…) et des mélodies avec accompagnement de piano.

En 1850, il se rend à Paris. Pauline Viardot l'introduit dans le milieu musical, il rencontre Rossini, fréquente les salons en vogue… En 1857, il entreprend, avec la célèbre contralto Marietta Alboni, une grande tournée en Amérique, passant par New York, Boston, Philadelphie, la Nouvelle-Orléans, le Mexique et la Havane. C'est là qu'il découvre les rythmes qui vont influencer son oeuvre future, notamment la habanera. De retour à Paris, il publie (en 1864) un recueil de 25 chansons, "Fleurs d'Espagne", qui va connaître un grand succès. Atteint d'une maladie qui affecte sa vue, il retourne à Vitoria en 1865. Il y meurt le 6 décembre de la même année.

Deux de ses mélodies ont connu un destin exceptionnel !

"El Arreglito", créée au Théâtre Italien en 1863, va largement inspirer Bizet (qui reconnaîtra l'emprunt).

L'original : "El arreglito"

L'emprunt…

"La Paloma" est, avec plus de 2000 interprétations, l'une des chansons les plus enregistrées de l'histoire du disque.

La légende veut que Maximilien de Habsbourg, débarquant au Mexique pour y être couronné empereur, l'ait entendu à son arrivée et, comme c'était son premier souvenir du pays, il voulait que ce fut également le dernier. Il aurait donc demandé à l'entendre juste avant son exécution. Mais ce n'est qu'une légende, entretenue par le film "Juarez" (1939).

"Juarez" - 1939

Il semblerait, néanmoins, que cette mélodie soit liée à l'ex-empereur. Elle aurait été jouée lorsque le cercueil de Maximilien fut transporté à bord du navire qui devait le ramener en Autriche. Les officiers autrichiens présents à cette occasion firent alors le serment de ne jamais jouer cet air sur un navire de la marine austro-hongroise. Aujourd'hui, l'Autriche n'a plus de marine (et pour cause !) mais cette règle est toujours appliquée par les navigateurs autrichiens sur leurs bateaux.

Une chanson de marin…

La mélodie a également connu une extraordinaire popularité en Allemagne. Parmi de très nombreuses adaptations, il avait celle du baryton français Joseph Tagliafico qui en avait fait une chanson de marin. C'est de ce texte (et non de l'original) que se servit Heinrich Rupp pour en faire une version allemande. Depuis, elle est entrée au répertoire des chants de marins allemands ! Et c'est comme telle qu'elle a été utilisée dans plusieurs films allemands et notamment, en 1944, "Große Freiheit Nr. 7" qui contribua à en faire un immense tube grâce à l'interprétation d'une star de l'époque, Hans Albers.

Reprise par de nombreux interprètes, elle allait même être numéro 1 au hit-parade en 1961 !

Hans Albers - "La Paloma" - 1943

Une autre version a fait le tour du monde : elle est chantée dans le film "Blue Hawaii".

"Blue Hawaii"

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