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  le blog bertysblog

La Marseillaise

13 Juillet 2017, 23:02pm

Publié par Berty

C'est à Strasbourg qu'a été composé et créé notre hymne national. Si ce point-là ne fait aucun doute, il n'en est pas de même pour son compositeur. Petit point de détail concernant l’auteur : j’ai découvert qu’il existait deux orthographes différentes de son nom. Pour ma part, j’ai toujours écrit “Rouget de l’Isle“. C’est ainsi qu’il figurait également dans nos livres d’histoire et sur une plaque de rue devant laquelle je passais régulièrement. En vérifiant des points de détail, j’ai constaté qu’il existait également une autre version : Rouget de Lisle. Laquelle est la bonne ? J’ai décidé d’adopter la seconde, celle utilisée sur le site de Lons-le-Saunier, sa ville natale

L’histoire Strasbourg, 1792. Le Baron de Dietrich, maire de Strasbourg, tient salon. Parmi les habitués, le capitaine Rouget de Lisle, affecté au bataillon “Les enfants de la Patrie“. Le 25 avril, un courrier annonce la déclaration de guerre faite 5 jours plus tôt au roi de Bohème et de Hongrie. Selon la légende, le baron aurait demandé au capitaine : "Mais vous, monsieur de Lisle ... trouvez un beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l'appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la Nation" Or ce même jour, Rouget de Lisle avait vu une affiche placardée sur les murs de Strasbourg par la Société des Amis de la Constitution : “Aux armes, citoyens ! L'étendard de la guerre est déployé ! Le signal est sonné ! Aux armes ! Il faut combattre, vaincre, ou mourir. Aux armes, citoyens ! Si nous persistons à être libres, toutes les puissances de l'Europe verront échouer leurs sinistres complots. Qu'ils tremblent donc, ces despotes couronnés ! L'éclat de la Liberté luira pour tous les hommes. Vous vous montrerez dignes enfants de la Liberté, courez à la Victoire, dissipez les armées des despotes ! Marchons ! Soyons libres jusqu'au dernier soupir et que nos vœux soient constamment pour la félicité de la patrie et le bonheur de tout le genre humain !“ Ce texte lui servira de point de départ pour les paroles. Pour la musique, c’est une autre histoire.

Version orchestrée par Berlioz

La polémique Selon certains musicologues, la mélodie serait en fait due à Ignace Pleyel, compositeur autrichien, ami de Rouget de Lisle, qui avait déjà mis en musique quelques-uns de ses textes et qui fut pendant 10 ans maître de chapelle à la cathédrale de Strasbourg et, à ce titre, un habitué des salons du maire De Dietrich. D’autres ont constaté des similitudes avec le concerto pour clavecin en mi-bémol majeur de Carl Philippe Emmanuel Bach, avec le concerto pour piano en fa majeur de Mozart, avec le credo de la Missa Solemnis du compositeur allemand Holzbauer.

Une autre version est proposée sur Wikipedia : “L'origine de la musique est plus discutée, puisqu'elle n'est pas signée (contrairement aux autres compositions de Rouget de Lisle), et qu'elle semble trop complexe pour avoir été écrite par lui, qui n'était pas un grand musicien. Elle a été composée par Jean-Baptiste Grisons (1746-1815), maître de chapelle à Saint-Omer dans son oratorio Esther (1775). À l'écoute, l'inspiration ne fait aucun doute.“ L'auteur de l'article, bien qu'il semble particulièrement sûr de lui, est l'un des très rares partisans de cette thèse !

Le nom du compositeur strasbourgeois Jean-Frédéric Edelmann (5 mai 1749 - 17 juillet 1794) a également été évoqué. Son ami le baron de Dietrich, devenu maire de Strasbourg, lui avait commandé un hymne pour la Fête de la Fédération. Les liens qui unissaient les deux hommes pourraient être un argument en faveur de cette thèse, sans un événement qui allait provoquer une profonde divergence entre eux : l’arrestation de Louis XVI à Varennes. Edelmann est Jacobin (il présidera le club des Jacobins de Strasbourg) et de Dietrich, monarchiste constitutionnel. Cette séparation est intervenue l’année précédant la composition de la Marseillaise.

Mais la version la plus crédible reste bien celle l’attribuant à Pleyel, confirmée par une lettre de Rouget de Lisle à sa famille, lettre dans laquelle il annonce avoir reçu commande d’un hymne de la part du maire de Strasbourg et s’être adressé, pour ce faire, à son ami Pleyel. A l'appui de cette version, plusieurs témoignages. Ainsi, Hubert d’Andlau, actuel propriétaire du château d’Ittenwiller, alors propriété de Pleyel raconte : «Rouget de L’Isle savait manier la plume pour créer des vers de mirliton. Mais ses connaissances en musique étaient sans doute précaires. Aussi décida-t-il de rendre visite à son ami Pleyel à Ittenwiller afin de lui demander son aide. Ittenwiller est sans doute le vrai berceau de la Marseillaise. Mon père aimait raconter cette histoire en concluant : “Je ne peux pas le prouver, mais personne ne peut prouver le contraire“». Pleyel, jusque-là suspecté de sympathies royalistes allait rapidement être complètement réhabilité et même obtenir la nationalité française ! J'ajouterais qu'un certain nombre de recherches musicologiques récentes viennent accréditer cette thèse. Et, est-ce un hasard, Pleyel assigné à résidence, soupçonné de sympathie royaliste et ayant comparu sept fois devant le Comité de Salut Public devient soudainement un compositeur quasi officiel et obtient la nationalité française ! (Edelmann, lui sera guillotiné) ! Les défenseurs d'autres hypothèses avancent comme argument l'absence de Pleyel à cette période-là (il était alors en voyage). Cet argument ne tient pas : rien ne prouve que la mélodie ait été composée spécialement pour l'occasion ! Il est tout à fait possible, comme cela était dans les usages de l'époque, que les paroles aient été posées sur une mélodie existante.

Le couplet des enfants aurait été ajouté en octobre 1792 par l’abbé Pessonneaux à l’occasion d’une fête donnée à Vienne dans l’Isère en l’honneur des Marseillais se rendant à Paris (d'autres versions parlent de la Fête de la Fédération).

Contrairement à la légende (et au célèbre tableau d’Isidore Pils, ci-dessus), ce n’est pas Rouget de Lisle qui en a donné la première audition, mais le baron de Dietrich lui-même qui avait, paraît-il, une assez jolie voix de ténor, accompagné au clavecin par la baronne.

Le couplet des enfants, inspiré du Chant des Spartiates de Plutarque, a été ajouté en octobre 1792 par l’abbé Pessonneaux à l’occasion d’une fête donnée à Vienne dans l’Isère en l’honneur des Marseillais se rendant à Paris.

Au lendemain des attentats à Paris, avant une représentation de Tosca au Met…

… et Nicolas Courjal, en direct à la télévision britannique.

Contrairement à la légende (et au tableau d'Isidore Pils), ce n’est pas Rouget de Lisle qui en a donné la première audition, mais le baron de Dietrich lui-même qui avait, paraît-il, une assez jolie voix de ténor, accompagné au clavecin par la baronne.

Son évolution En 1792, François-Joseph Gossec orchestre la Marseillaise et l’intègre à "Offrande à la liberté". Puis c’est Méhul, en 1795, chargé d'arranger pour plusieurs voix la musique, qui introduit des changements qui ont subsisté. En 1830, Berlioz en donne sa version. En 1887, une commission musicale, nommée par le Général Boulanger et présidée par le compositeur Ambroise Thomas, a pour mission de transformer la Marseillaise en marche militaire. En 1974, le président Giscard d'Estaing demande qu’elle soit réarrangée d'après les partitions anciennes et harmonisée avec un rythme différent, moins martial, plus dans l’esprit d’un hymne. Ainsi, la deuxième note (sol dièse) de la version Ambroise Thomas est changée en mi. En 1981 à la demande du président Mitterrand, le rythme “traditionnel“ est rétabli. Pour ma part, et bien que je n’ai aucune compétence particulière en la matière, je suis partisan d’un rythme plus lent. Et à ceux qui objectent que le “Chant de guerre pour l’armée du Rhin“ est bien une marche et que le rythme rapide est donc plus adapté, je répondrais sur deux points : la version originale, chant accompagné au clavecin, ne permet pas un rythme très martial et, d’autre part, si l’on se réfère aux marches datant de cette époque et encore régulièrement interprétées (la Marche Consulaire, par exemple), leur rythme est lent. Enfin, tout simplement, quel intérêt y aurait-il eut à créer une commission pour transformer la Marseillaise en marche si tel avait déjà été le cas ?

Régine Crespin à Buenos Aires en 1962.

Quoi qu'il en soit, la Marseillaise est l'un des rares hymnes connus dans le monde entier et qui, symbole de liberté, a souvent été utilisé au cinéma, comme ici dans "Casablanca".

La Marseillaise a été utilisée par de nombreux compositeurs, comme Schumann dans son lied "Die beiden Grenadiere" sur un poème de Heinrich Heine (thème à partir de 2:25) ou son ouverture "Hermann und Dorothea".

Wagner met également en musique le poème de Heine, mais dans une traduction française, et lui aussi utilise le début de la Marseillaise (thème à 5:45).

Tchaikovski l'intègre à son "Ouverture 1812

Verdi la cite (logiquement) dans son "Hymne des Nations" et Giordano (tout aussi logiquement dans son opéra “Andrea Chenier" mais les premières adaptations ne datent que de quelques années après sa création avec "Marche des Marseillois et l’air Ça ira arrangés pour le forte piano par le citoyen C. Balbastre . Aux braves défenseurs de la République française l’an 1792 1er de la République" (ça c'est un titre !) ou les "Airs patriotiques pour deux violons" de Giuseppe Cambini.

Grand spécialiste des transcriptions, Liszt en a réalisé une de la Marseillais

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