Jeudi 12 juin 2008
En revoyant, il y a un ou deux ans, le célébrissime film de Michael Curtiz “Les aventures de Robin des Bois“ avec Errol Flyn, j’avais été frappé par un détail qui m’avait échappé jusque-là : le nom du compositeur, Erich Wolfgang Korngold. Je le connaissais pour son opéra “Die tote Stadt“, joué et enregistré régulièrement, et son concerto pour violon, réputé être l’un des plus difficile du répertoire.
Mais n’étant pas cinéphile, j’ignorais tout de sa contribution, pourtant essentielle, au septième art : de nombreux compositeurs actuels reconnaissent avoir été influencés par ses compositions.

Erich Wolfgang Korngold est né en 1897 à Brno, alors en Autriche-Hongrie. Enfant prodige, il n’a que 12 ans lorsqu’il compose son premier trio avec piano ainsi qu’un ballet “Der Schneemann“ qui sera représenté en 1910 à l’Opéra de Vienne. En 1920, son opéra “Die tote Stadt“ remporte un triomphe à Hambourg : il n’a que 23 ans et cette œuvre, représentée sur toutes les grandes scènes, ne quittera plus l’affiche. A partir de 1929, il entame une collaboration avec le metteur en scène Max Reinhardt, collaboration qui lui donnera l’occasion de son premier voyage à Hollywood où il s’installera après avoir été obligé de fuir l’Autriche. Naturalisé américain en 1943, il décède le 29 novembre 1957.
Son approche symphonique de la musique de film a été à l’origine d’un courant dont se réclament de nombreux compositeurs dont John Williams (La guerre des étoiles, Harry Potter, la saga Indian Jones, la liste de Schindler…).





Karan Armstrong et James King dans “Die tote Stadt“


Hilary Hahn dans le final du concerto pour violon.
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par Berty publié dans : Opéra
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Samedi 3 mai 2008
Question récurrente à laquelle il est difficile de répondre : quel est ton opéra préféré ?

Difficile, car j’aime beaucoup, de style très différent. J’adore le pur bel canto, mais j’ai également une grande tendresse pour l’opéra-comique français (même si les livrets laisse souvent à désirer). J’aime autant Wagner que le vérisme, Mozart que Rossini…
Mais si je devais choisir une seule œuvre, je crois que le Chevalier à la Rose de Strauss s’imposerait. Je ne saurais vraiment expliquer pourquoi : une évidence, tout simplement.



Le seul air de ténor, celui du chanteur qui vient interprèter un air italien pour la Maréchale.



L’intrigue en est simple. La Maréchale a un jeune amant, le comte Octavian. Lorsque le baron Ochs vient lui annoncer qu’il veut épouser Sophie la fille du riche Faninal, elle lui propose d’envoyer Octavian porter à Sophie la rose d’argent qui officialisera la demande : il sera le “chevalier à la rose“. Les deux jeunes gens tomberont amoureux. Une ruse amènera le baron Ochs à renoncer à ce mariage.



Le moment le plus émouvant : le final. La Maréchale se retire rendant sa liberté à son jeune amant et laissant les deux amoureux en tête-à-tête pour l’un des plus duos de l’histoire de l’opéra.



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par Berty publié dans : Opéra
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Jeudi 10 avril 2008
L'Opéra National du Rhin a été créé en 1972. Avant cette date, Strasbourg et Mulhouse disposaient de leur propre troupe. Si l'opéra de Strasbourg était d'un haut niveau international (grâce à des directeurs musicaux comme Klemperer ou Furtwängler), celui de Mulhouse se situait à un niveau comparable à celui des autres théâtres de province.

Il n'était alors pas rare de voir les passionnés d'art lyrique se rendre à Bâle, qui n'est qu'à quarante kilomètres de Mulhouse pour voir et entendre des œuvres que les moyens mulhousiens ne permettaient pas de monter. C'est ainsi qu'ils auront été parmi les premiers à découvrir une jeune chanteuse qui fit ses débuts dans la ville suisse en1956 dans le rôle de Mimi. Elle avait alors 23 ans. En troupe à Bâle jusqu'en 1959, elle allait enchaîner Donna Elvira, Tosca, Nedda, Antonia, Aïda, Salomé...




Après trois autres années de troupe à Brême, puis ses premiers engagements ponctuels (passant par Rouen, Marseille, Lausanne, Barcelone...) elle allait connaître la consécration internationale en remplaçant Marilyn Horne dans le rôle de Lucrezia Borgia à Carnegie Hall le 20 avril 1965. La carrière de Montserrat Caballe était lancée !
Son impressionnante discographie témoigne de la richesse de cette carrière : 121 enregistrements d'opéras, 18 récitals...

Le public strasbourgeois aura eu le plaisir de l'entendre souvent. Trois enregistrements seront effectués dans le tout nouveau Palais des Congrès et de la Musique dans les années 70 : Faust (avec Giacomo Aragall et Paul Plishka), Turandot (avec Mirella Freni, Jose Carreras et Paul Plishka) et un récital Strauss-Wagner, les deux premiers avec les chœurs de l'Opéra du Rhin et, pour les trois, l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg sous la direction d'Alain Lombard.


Richard Strauss, Vier letzte Lieder, Beim Schlafengehen - Orchestre Philharmonique de Strasbourg, violon solo Paul Crepel, direction Alain Lombard.

Je n'ai eu l'occasion de la voir qu'une seule fois sur scène, dans une œuvre de son compositeur préféré, Richard Strauss : elle chantait Ariadne dans Ariadne auf Naxos aux côtés de Peter Lindroos, Jeanne Piland et Gwendolyne Bradley sous la direction de Lothar Zagrosek, dans une mise en scène de Jean-louis Martinoty. C'était à l'Opéra Comique, le 11 octobre 1986.

Ce 12 avril, elle fête ses 75 ans et ne semble toujours pas avoir renoncé à la scène : de nombreux récitals et concerts, un enregistrement du très rare Maria Padilla de Donizetti avec sa fille, Montserrat Marti, Marie-Magdeleine de Massenet à Vienne...

L'une de ses dernières apparitions au Staatsoper de Vienne en avril 2007, dans le rôle (parlé) de la Duchesse de Crackentorp dans la Fille du Régiment. Durant la fête du mariage, elle chante la petite chanson suisse qu'elle a pour habitude de donner en bis...



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par Berty publié dans : Opéra
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Samedi 5 avril 2008
Jadis, les compositeurs écrivaient pour des circonstances bien précises, de grands évènements... Le compositeur de musique de film est dans cette filiation. Ne trouve-t-on pas parmi ceux-ci les noms de Prokofieff, Korngold ou Chostakovitch ?



Elève d'Arthur Honneger, timbalier de formation, puis directeur musical du TNP de la grande époque (c'est toujours sa fanfare d'accueil qui est jouée lors des représentations du festival d'Avignon), ce sont ses compositions pour le cinéma qui l'ont rendu Maurice Jarre : il a près de 150 films à son  actif (Le président, Le jour le plus long, Mourir à Madrid, Week-end à Zuydcoot, Paris brûle-t-il ?, Grand Prix, La nuit des généraux, Les Damnés, La fille de Ryan, Soleil rouge, L'homme qui voulut être roi, Jésus de Nazareth, Le Tambour, Au nom de tous les miens, Mad Max au-delà du dôme du tonnerre, Witness, Le Palanquin des larmes, Gorilles dans la brume, Le Cercle des poètes disparus...). Il a obtenu trois fois l'Oscar de la meilleure musique pour Lawrence d'Arabie, Le Docteur Jivago et La Route des Indes.



Son ballet "Notre Dame de Paris" est au répertoire du ballet de l'Opéra de Paris (Ici interprété par Isabelle Guérin et Nicolas Le Riche, chorégraphie de Roland Petit).


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par Berty
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Samedi 22 mars 2008
Si je ne suis guère passionné par le cinéma, j'avoue un petit faible pour certains vieux films. Le hasard veut qu'en ce moment l'un de mes préférés est diffusé par une chaîne du câble. Dialogué par Audiard, avec Paul Meurisse, Robert Dalban.

Le commandant Dromard et son équipe servent d'appat pour capturer un groupe terroriste. Pour l'occasion, le commandant porte un micro. Au signal convenu, les forces de polices doivent intervenir. Le signal ? Une chanson bien française, sifflotée discrètement. Même comme rien ne se passe jamais comme prévu, le micro est cassé dans une bagarre. Alors comment faire lorsque l'on se retrouve en plein cœur du vieux quartier chinois de Hong-Kong ? Un haut-parleur qui retransmet un spectacle traditionnel donné dans un petit théâtre donne une idée au commandant... (on avait dit : discret, le signal !)


Cette scène permet également de mettre en valeur un aspect un peu moins connu de Paul Meurisse : il avait fait ces débuts comme chanteur. Un aperçu de son talent dans "Margot la ventouse" (site de l'udenap)




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Dimanche 16 mars 2008
Le16 mars 1928, il y a donc exactement 80 ans aujourd’hui, naissait l’une des plus grandes mezzos de sa génération, Madame Christa Ludwig.

Un père ténor et administrateur d’opéra, une mère chanteuse (mezzo aussi) à Aix-la-Chapelle… autant dire que la voie de Christa Ludwig semblait toute tracée.
Elle débute en 1946 (elle n’a que18 ans) à Francfort dans le rôle du Prince Orlofsky (La Chauve-Souris). Elle fera partie de la troupe de cet opéra jusqu’en 1952 avant de rejoindre celle de Darmstadt pour deux ans. Après une saison à Hanovre, elle intègre la prestigieuse troupe de l’Opéra de Vienne en 1955. Prestigieuse, le mot est encore faible : c’est l’époque du fameux “octuor de l’Opéra de Vienne“, huit des plus grandes sopranos du moment qui faisaient partie de cette troupe : Elisabeth Schwarzkopf, Lisa Della Casa, Irmgard Seefried, Wilma Lipp, Rita Streich, Hilde Güden, Sena Jurinac et Teresa Stich-Rendall !
En 1962 elle est nommée Kammersängerin.
La voici avec Gundula Janowitz et Walter Berry, qui fut son premier mari, sous la direction de Karl Böhm en 1970.


Elle a abordé l’ensemble du répertoire de mezzo (Mozart, bien sur, avec Dorabella et Cherubin, mais également Carmen, Dalila, Didon, Eboli, Kundry, Ortrud, Klytemnestra…) mais également quelques rôles de soprano dramatique : Lady Macbeth, Leonore (Fidelio), Aridane (Ariadne auf Naxos) ou la Maréchale du Rosenkavalier… Elle a également consacré une grande partie de sa carrière à la mélodie et au Lied ainsi qu’à Bach.
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par Berty publié dans : Opéra
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Samedi 15 mars 2008
Encore une tradition qui est née dans notre région ! Je vais finir par croire que l'Alsace est le centre du monde…

L’oeuf est sans doute le plus vieux et le plus universel symbole de vie et de renaissance notamment et, depuis la nuit des temps, de multiples rituels lui ont été associés. De là à l’associer à Pâques qui, dans la tradition chrétienne, est le moment de la renaissance, d’un nouveau départ, il n’y avait qu’un pas. D’autant plus que la consommation d’œufs étant interdite lors du Carême, les distribuer ou les offrir était la meilleure solution pour écouler les importantes quantités récoltées durant ces 40 jours. C’est au XIIIème siècle que cette coutume s’est installée : les œufs étaient bénis puis offerts tel quel. La noblesse allait s’emparer de cette tradition en la faisant évoluer : les œufs étaient décorés, peints ou garnis de joyaux. Au XVIème siècle apparurent les premiers œufs contenant une surprise.
Et ce n’est qu’au XVIIIème siècle que l’on eut l’idée de vider un œuf pour le remplir de chocolat.

Mais dans les pays germaniques existe une autre tradition : le lièvre de Pâques. Comme beaucoup d’autres, cette tradition est née en Alsace, il y a plus de 300 ans. Il en est fait mention pour la première fois dans un texte de 1678). Les origines en sont vagues, on peut toutefois relever que le lièvre était l’animal d’Aphrodite et de la déesse germanique de la Terre Holda et qu’il était également l’animal symbolique du Christ dans l’empire byzantin.
La légende veut qu’une vieille femme, qui n'avait pas assez d'argent pour acheter des œufs décorés pour ses petits-enfants, décida alors d'en peindre elle-même.
Elle les cacha dans son jardin sous de petits tas de brindilles et appela ensuite les enfants pour les inviter à chercher leurs surprises.
Tout à coup, un lièvre surgit de l'un petit nid de brindilles. Les enfants étaient alors persuadés que c’était ce lièvre qui avait déposé les œufs.
Voilà comment est née la tradition du lièvre de Pâques !
Comme pour celles de Noël, cette tradition a été apportée aux Etats-Unis par la vague migrante d’origine germanique et c’est ainsi que les Américains espèrent que "l'Easter Bunny" leur apportera des lapins en chocolat et des sucreries dans un panier tressé...

Les cloches en chocolat se rattachent à une autre tradition. En signe de deuil, l’Eglise avait interdit de faire sonner les cloches à partir du Jeudi Saint. Durant cette période, ce sont les enfants qui appelaient aux offices en parcourant les rues des villages en agitant des crécelles. Les cloches ne sonnaient à nouveau que le jour de Pâques. D’où cette légende des cloches qui partiraient pour Rome durant ces quelques jours. A défaut de les entendre sonner, on les mangeait !

Dans les pays de tradition protestante, le Vendredi Saint reste un jour particulier. En Alsace et en Moselle, le droit local en fait un jour férié. A Strasbourg, en l’église Saint-Guillaume, tous les Vendredis Saints est donnée l’une des Passions de Bach, une tradition qui a été établie par Albert Schweitzer.

Et depuis quelques années, un autre concert a lieu ce jour-là, à Colmar, dans la chapelle du Musée d’Unterlinden (ancien couvent des Dominicaines) devant ce qui est certainement l’une des plus impressionnante crucifixion, celle du Retable d’Issenheim, l’œuvre-charnière entre la peinture du Moyen-âge et celle de la Renaissance. Cette année c'est au Parlement de Musique, sous la direction de Martin Gester que reviendra le plaisir de se produire dans ce cadre unique.

Héritage de l'annexion, le droit local nous accorde un jour férié supplémentaire le Vendredi Saint, du coup, la semaine prochaine… vendredi, samedi, dimanche, lundi… un très long week-end en perspective !
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par Berty publié dans : Alsace
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Mercredi 5 mars 2008
Il a été l’un des ténors les plus célèbres de la seconde moitié du XXe siècle et l’un des partenaires préférés de Maria Callas. Giuseppe Di Stefano est mort lundi matin des suites de blessures datant de 2004. Il avait alors été frappé violemment à la tête lors d’une attaque contre sa villa familiale au Kenya. Il en était resté invalide, ne pouvant même plus se nourrir seul.

Giuseppe Di Stefano est né le 24 juillet 1921 en Sicile. Voulant devenir prêtre, il entre au séminaire, à Milan. Là, il prend ses premiers cours de chant. Ses études seront interrompues par la guerre : il sera prisonnier en Allemagne pendant trois ans avant de réussir à s’évader et à se réfugier en Suisse en 1943. Il sera remarqué lors d’une émission réalisée en direct du camp de réfugiés qui l’avait accueilli.



Il fait ses débuts professionnels en 1946 à Reggio Emilia dans le rôle de Des Grieux de Manon. A partir de là, les rôles s’enchaîneront jusqu’à sa rencontre avec Maria Callas en 1951, rencontre qui marquera le début d’une longue collaboration jusqu’à leur tournée commune de 1974, brutalement interrompue.
Il donnera encore quelques concerts, effectuera une tournée dans le rôle du Prince Sou-Chong du Pays du Sourire de Lehar (c’est comme cela que j’ai pu le voir et l’entendre en 1978) et mettra un terme à sa carrière en 1992 dans le rôle de l’empereur Altoum de Turandot à Rome.



Luciano Pavarotti, qui lui vouait une grande admiration, lui doit en partie le début de sa carrière. C’est en le remplaçant au pied levé dans la Bohème à Covent Garden en 1964, qu’il remportant son premier grand succès international.

par Berty publié dans : Opéra
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Mardi 4 mars 2008
S’il est un genre qui a connu de profonds changements dans la manière de l’aborder, c’est bien la musique baroque.

Dans les années 70, j’assistais régulièrement à une série de concerts estivaux appelée alors “Les jeudis du vieux Colmar“. Ces concerts étaient donnés dans le cloître de l’ancien couvent des dominicains devenu bibliothèque municipale. Les plus célèbres orchestres de chambre de l’époque s’y succédaient. Leurs programmes comportaient nombres d’œuvres que l’on ne qualifiaient pas encore de baroque. Elles étaient jouées sur des instruments modernes. Pouvions-nous imaginer alors les entendre autrement ?
Et la tradition qui voulait que le Messie de Haendel soit interprété par un grand orchestre et un chœur pléthorique nous semblait parfaitement justifiée.

Quelle surprise alors d’entendre ces œuvres dans des interprétations allégées, sur instruments d’époque (pas toujours très juste)… Une redécouverte. Et la naissance d’une polémique : fallait-il faire abstraction de toutes les évolutions qu’avaient connus les instruments au cours des siècles ?
Cette polémique nous semble bien dépassée aujourd’hui.

Cette “révolution“ aura eu le mérité de nous permettre de redécouvrir ce que nous étions persuadé connaître.
Ainsi, la célébrissime musique pour les feux d’artifices royaux de Haendel : combien de fois ne l’avais-je entendu ? Mais jamais dans sa version “définitive“, sans les cordes : 9 trompettes, 9 cors, 24 hautbois, 12 bassons. 1 contrebasson, 3 paires de timbales… Ne pourrait-on dire que Haendel venait d’écrire la première œuvre pour un orchestre d’harmonie ?



La musique baroque a trouvé sa place. L’usage des instruments d’époque s’est même étendu à des époques plus récentes avec l’apparition d’orchestres comme l’orchestre révolutionnaire et romantique. De grandes institutions ont créé leur propre ensemble, comme la Scintilla à l’Opéra de Zurich. Composé d’instrumentistes de l’orchestre de l’opéra jouant sur instruments d’époque, il accompagne les représentations des œuvres baroques sous la direction des plus grands spécialistes du genre comme Harnoncourt ou Christie. Impossible de ne pas le remarquer en entrant dans la salle : la fosse d’orchestre est alors rehaussée au niveau de la salle. Petite curiosité : tout y est, dans la fosse surélevée les instrumentistes de la Scintilla, à leur tête Nikolaus Harnoncourt, mais… l’œuvre au programme semble pourtant bien loin de leur répertoire d’élection !
Vous avez dit baroque ?



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par Berty publié dans : Opéra
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Jeudi 28 février 2008
Je ne l’aimais pas particulièrement, mais il était une énorme star dans son pays natal, l’Allemagne. Il avait également connu le succès en France, en particulier grâce à sa participation à la comédie musicale “Un violon sur le toit “ au théâtre Marigny en 1968 : 653 représentations, du jamais vu pour ce genre de musique.
Hans-Rolf Rippert est décédé hier des suites d’un cancer du foie. Il était plus connu sous son nom de scène : Ivan Rebroff.


La plus grande partie de sa carrière avait été construite sur ses origines russes (sa mère, Natalia Nélina était une émigrée russe).
Dès son plus jeune âge, il étudie le violon et le chant, il fit même partie du célèbre Thomanerchor de Leipzig (chœur qu’avait en son temps dirigé Bach).
Après ces études au conservatoire de Hambourg, il entre dans la troupe de l’opéra de Gelsenkirchen, puis de Francfort. Son premier rôle sera celui de Basilio dans le Barbier de Séville. Au cours d’une représentation d’Orphée aux Enfers, une rupture du tendon d’Achille l’oblige à quitter la scène. Il se consacre alors à l’enregistrement de son premier disque, des chansons populaires russes. L’une de ces mélodies est diffusée sur Europe 1 : le succès est instantané.



A son arrivée à Paris, il se voit proposer un rôle dans “le Violon sur le toit“.



Polyglotte (il parle couramment l’allemand, le français, l’anglais, le russe et le grec), doté d’un registre vocal exceptionnellement étendu (quatre octaves et demie, ce qui lui vaut d’entrer dans le Guiness des records), il débute alors une carrière internationale couronnée par 49 disques d’or.
Il avait entamé, il y a quelques mois, une tournée qui devait s’achever en juillet. Il avait été contraint de l’interrompre au bout de quelques jours et avait été hospitalisé.



Son site officiel

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