Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog bertysblog

L'hymne autrichien "Land der Berge…"

25 Octobre 2021, 23:02pm

Publié par Berty

L’hymne autrichien est l’un de ceux qui ont connu le plus de changements au fil de l’histoire. L’une des raisons en était sa “personnalisation“, puisque son texte citait nommément l’empereur !

Le 12 février 1797, à l’occasion de l’anniversaire de François II, empereur du Saint Empire romain germanique, est interprété pour la première fois l’hymne “Gott erhalte Franz, den Kaiser“ (Dieu protège François, l’empereur) sur une mélodie de Haydn et des paroles de Lorenz Leopold Haschka (1749-1827). Il ne deviendra officiellement l’hymne autrichien que le 1er octobre 1826 avec d’autres paroles. Entretemps (en 1804), François II avait pris le titre d’empereur d’Autriche sous le nom de François Ier.

Les paroles sont, une nouvelle fois, modifiées à l’avènement de son successeur, Ferdinand Ier. “Gott erhalte unsern Kaiser, unsern Kaiser Ferdinand !“ est dû au poète Karl von Holtei (1798-1880). Mais cet hymne ne sera en usage que d’avril 1835 à janvier 1836, les Viennois n’acceptant pas que les paroles de “leur“ hymne soient de la plume d’un auteur Prussien ! C’est donc le texte d’un Autrichien, Joseph Christian von Zedlitz, qui sera adopté en remplacement, un texte qui, pour la première fois, évoque l’Autriche : “Segen Östreichs hohem Sohne, unserm Kaiser Ferdinand !“. Ce texte est traduit dans toutes les langues parlées sur le territoire de l’empire austro-hongrois.

Fort logiquement, le texte sera à nouveau modifié à l’occasion du couronnement de François-Joseph en décembre 1848 ! Après plusieurs tentatives, ce sont finalement les paroles de Johann Gabriel Seidl qui seront retenues par l’empereur le 27 mars 1854 : “Gott erhalte, Gott beschütze, Unsern Kaiser, unser Land !“ (Dieu préserve, Dieu protège notre empereur, notre pays). Une fois encore ce texte fait l’objet de nombreuses traductions. Pour la première fois, le nom de l’empereur n’était pas cité : l’hymne pouvait donc être réutilisé sans modifications pour ses successeurs. C’était sans compter les aléas de l’histoire et la disparition de la monarchie !

L'hymne impérial austro-hongrois

Après l’effondrement de la monarchie, c’est le Chancelier de la tout jeune République autrichienne, Karl Renner, qui écrit lui-même les paroles d’un nouvel hymne “Deutschösterreich, du herrliches Land“. La musique est de Wilhelm Kienzl (1857-1941, compositeur de "Der Evangelimann", "Der Kuhreigen"…). Cet hymne n’aura jamais de statut officiel.

“Deutschösterreich, du herrliches Land“

La mélodie de Haydn, quant à elle, est a son tour adoptée par l’Allemagne, et devient son hymne en 1922 sur des paroles de Fallersleben. En Autriche, en 1929, c’est un texte d’Ottokar Kernstock (1848-1928) qui est adopté. Il sera chanté sur la mélodie de Haydn. A partir de 1936, et dans de nombreuses manifestations, “Das Lied der Jugend“ (Le chant de la jeunesse) sera fréquemment chanté à la suite de cet hymne.

Kernstock-Hymne

Das Lied der Jugend

Après l’annexion, c’est l’hymne allemand (la première strophe “Deutschland über alles…“) qui, suivi du “Horst-Wessel-Lied“, le chant du parti nazi, sera joué.

Le 22 octobre 1946, le conseil des ministres officialise “Land der Berge, Land am Strome“ (Pays des montagnes, pays sur le fleuve). Un concours avait été ouvert pour le texte et près de 1 800 poèmes avaient été envoyés. C’est celui de Paula Preradović qui fut retenu. Pour la musique, c’est une mélodie de Mozart qui fut choisie, le “Bundeslied“ KV 623a. Si l’on en croit les recherches récentes de certains musicologues, cette mélodie, éditée en même temps que la dernière œuvre de Mozart, la “Cantate maçonnique“, serait en fait de la plume de l’un des membres de sa loge, le pianiste et compositeur Johann Holzer (1753-1818).

Le “Bundeslied“

Le 1er janvier 2012, après un vote du parlement, le texte est légèrement remanié "par souci de parité" : le vers évoquant "la patrie des grands hommes" cite maintenant "les femmes et les hommes" quant aux "choeurs fraternels", ils deviennent des "chœurs d'allégresse" !

L'hymne fédéral autrichien

L'ancien hymne royal et impérial n'est pas totalement oublié : il a été chanté lors de obsèques de l'ex-impératrice Zita en 1989 et d'Otto de Habsbourg en 2011.

L'hymne impérial chanté lors des obsèques d'Otto von Habsburg

Voir les commentaires