Lundi 9 novembre 2009
9 novembre 1989, 11 novembre 1918… ces deux jours seront bien évidemment commémorés, mais le 10 ? Il le sera chez nos voisins allemands, qui célèbreront ce jour-là le 250e anniversaire de la naissance de Friedrich Schiller, 2009 a d’ailleurs été décrétée “Année Schiller“ dans le Bade-Wurtemberg. Alors, en quoi peut-on rapprocher ces trois commémorations ?

Quelques semaines après la chute du mur de Berlin (le 25 décembre 1989 précisément), un concert exceptionnel rassemblait des musiciens et des chanteurs des deux Allemagne, mais également des anciennes puissances occupantes. Au programme de ce concert, dirigé par Leonard Bernstein, la 9e symphonie de Beethoven et sa célèbre “Ode à la joie“, l’œuvre la plus universellement connue de Schiller ! Pour l’occasion, le texte a été légèrement modifié : “Freude“ (joie) est remplacé par “Freiheit“ (liberté).
Si le texte de Schiller est devenu celui de l’hymne européen, le poète est également un parfait symbole de l’amitié franco-allemande car, il ne faut pas oublier (mais le sait-on ?), qu’en octobre 1792, l’Assemblée Nationale lui a donné la citoyenneté française !
Cette commémoration du 10 novembre a donc sa juste place, trait d’union entre deux dates marquantes dans notre histoire.



Orchestre symphonique du Bayerischer Rundfunk, membres de la Staatskapelle de Dresde, de l’Orchestre du Kirov de Leningrad, du London Symphony Orchestra, du New York Philharmonic et de l’Orchestre de Paris, chœurs du Bayerischer Rundfunk, Rundfunkchor Berlin, chœur d’enfants de la Philharmonie de Dresde, June Anderson (soprano), Sarah Walker (mezzo), Klaus Konig (ténor), Jan-Hendrik Rootering (basse), direction Leonard Bernstein  - Schauspielhaus Berlin, le 25 décembre 1989.
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Par Berty - Publié dans : bertysblog
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Mercredi 28 octobre 2009
Le conservatoire de Colmar a, depuis sa création, formé de nombreux musiciens de talents. Certains d’entre eux ont acquis une réputation internationale comme le flûtiste et chef d’orchestre Philippe Bernold ou le sopraniste Patrick Husson.

En 1999, la pianiste Rena Shereshevskaya y crée une classe de perfectionnement destinée à de jeunes solistes afin de les préparer aux grands concours internationaux ou à l’entrée dans les classes de cycles de concertiste. Parmi ses élèves, deux ont particulièrement retenu mon attention, Augustin Voegelé (né en 1990) dont la carrière et déjà bien entamée et Jules Darwich (né en 1996) qui semble promis à un très bel avenir.

Voir le site d’Augustin Voegelé



Jules Darwich interprète la Fantasie-Impromptu Op. 66 de Chopin (2008)

1er mouvement du concerto en Ré maj. de Haydn, Jules Darwich est accompagné par Rena Shereshevskaya
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Par Berty - Publié dans : bertysblog
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Lundi 12 octobre 2009
Così fan tutte, ossia La scuola degli amanti (L’école des amants) - K. 588
dramma giocosa en 2 actes de Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret de Lorenzo da Ponte, créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne.

Fiordilligi, une dame de Ferrare vivant à Naples (soprano), Dorabella, sa sœur (mezzo), Despina, leur servante (soprano), Ferrando, fiancé de Dorabella (ténor), Guglielmo, fiancé de Fiordilligi (baryton), Don Alfonso, un vieux philosophe (basse)
Soldats, marins, serviteurs, invités, peuple de Naples.

L’orchestre de “Cosi“ : premiers violons, seconds violons, altos, violoncelle, contrebasse, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, 2 timbales et 1 tambour militaire sur scène.

L’action se passe à Naples au XVIIIe siècle.


“Ouverture“ Orchestre de la Scala de Milan, Riccardo Muti


Acte 1.
Un café.
Ferrando, Guglielmo et Don Alfonso sont en pleine discussion. Le sujet : la fidélité féminine. Alors que les deux premiers défendent avec passion leurs fiancées, Don Alfonso n’en démord pas : toutes les mêmes ! Il n’y a qu’un moyen pour en avoir cœur net, les deux jeunes hommes vont mettre la fidélité de leurs promises à l’épreuve. Les paris sont ouverts.
Le jardin de la maison des deux sœurs.
Dorabella et Fiordilligi parlent de leurs amoureux quand entre Don Alfonso. Il leur apporte une terrible nouvelle, Ferrando et Guglielmo doivent rejoindre leur régiment et partir immédiatement pour la guerre. Les deux jeunes officiers viennent faire leurs adieux, déchirants, comme il se doit ! Ils s’éloignent au son de la marche qui a accompagné leur entrée.
Restées seules, les deux sœurs laissent libre cours à leur chagrin. Despina leur conseille de profiter de l’absence de leurs amants pour s ‘amuser un peu. Outrées, les deux sœurs quittent la pièce, laissant Despina seule avec Don Alfonso qui en profite pour la gagner à sa cause. Arrivent alors deux Albanais que Don Alfonso présente comme de vieux amis : ce sont Ferrando et Guglielmo déguisés qui veulent ainsi éprouver la fidélité de leurs fiancées. Celles-ci s’offusquent de leurs avances qu’elles repoussent. Les deux Albanais font alors mine d’avaler du poison. Don Alfonso et Despina se précipitent alors à la recherche d’un médecin, médecin avec lequel Don Alfonso ne tarde pas à revenir. En fait, il s’agit de Despina déguisée qui s’empresse de soigner les deux “mourants“ à l’aide de la technique la plus innovante de l’époque, le mesmérisme ! Elle “ramène à la vie“ les deux Albanais qui réclament un baiser aux sœurs, mais celles-ci persistent dans leur attitude, bien décidées à défendre chèrement leur honneur.


Chœur “Bella vita militar…“

Acte 2
Une pièce dans la maison des sœurs.

Pressées par Despina, Fiordilligi et Dorabella finissent par admettre qu’il ne peut rien y avoir de mal à discuter avec les deux étrangers.
Un jardin en bord de mer
Les Albanais chantent une sérénade. Dorabella est la première à craquer : elle offre à Guglielmo le médaillon en forme de cœur qu’elle porte à son cou. Fiordilligi résiste, mais elle a de plus en plus de mal à maîtriser ses émotions.
Une pièce dans la maison
Pendant que les hommes font un point sur la situation, point au cours duquel Guglielmo ne peut s’empêcher de narguer Ferrando (il a réussi, lui !), Fiordilligi fait chercher de vieux uniformes. Sa décision est prise, sa sœur et elle iront rejoindre leurs fiancés ! Mais lorsque Ferrando menace de se tuer, elle tombe dans ses bras. Et, dans la foulée, le mariage est décidé !
Une salle richement illuminée.
Despina dirige les serviteurs chargés de préparer la fête avant de disparaître pour réapparaître sous le déguisement du notaire chargé d’unir les deux couples. A peine les formalités achevées, une fanfare se fait entendre au loin : ce sont les deux officiers qui reviennent. Le “notaire“ se cache et les Albanais disparaissent dans une pièce voisine pour faire leur entrée sous leur véritable apparence. Les deux sœurs vont aller de surprise en surprise : le notaire, découvert, se démasque… les officiers, partis à la poursuite des Albanais, reviennent sous leurs traits… La supercherie est dévoilée, tout est pardonné et les amants se retrouvent. Ce que ne dit pas l’histoire, c’est comment les couples se forment…


L'enregistrement de l'Opéra du Rhin : “Come scoglio…“, Dame Kiri Te Kanawa, Orchestre Philharmonique de Strasbourg, direction Alain Lombard


A propos de “Cosi fan tutte“

“Cosi“ est le dernier des trois opéras composant la “trilogie Da Ponte“, trois œuvres dont les livrets sont de la plume de l’abbé Lorenzo Da Ponte (les deux autres étant “Le Nozze di Figaro“ et “Don Giovanni“).
Si “Cosi fan tutte“ est beaucoup joué de nos jours, il n’en a pas toujours été ainsi. Bien que l’opéra ait connu un grand succès lors de sa création, la fermeture des théâtres pour deuil national à la mort de l’empereur Josef II (le 20 février 1790) en a interrompu la carrière. Celle-ci sera cahotique : rien qu’en langue allemande, il y en aura une douzaine d’adaptations, souvant avec des dialogues parlés. De grands chefs contribueront à rendre ses lettres de noblesse à “Cosi fan tutte“. Le premier à restituer les récitatifs, malgré de vives résistances, a été Gustav Mahler en 1906. Il sera suivi par Richard Strauss qui dirigera “Cosi“ tout au long de sa carrière de chef d’orchestre, accompagnant lui-même les récitatifs au piano. Sir Thomas Beecham réussira à l’imposer à Covent Garden et en France c’est à Messager que l’on devra le retour de la version originale.

En France, justement, la création de l’œuvre a été tardive : une version très arrangée en a été présentée à Paris en 1813 sous le titre “Le laboureur chinois“ ! La version originale ne sera reprise qu’en 1862 au Théâtre des Italiens. Une nouvelle version française due à Barbier et Carré est créée au Théâtre Lyrique en 1863 sous un nouveau titre “Peines d’amours perdues“. C’est n’est qu’en 1920 que “Cosi“ sera enfin donné dans sa version originale à l’Opéra Comique (sous la direction de Messager) et en 1974 qu’aura lieu la première au Palais Garnier avec Margaret Price (Fiordiligi), Jane Berbié (Dorabella), Teresa Stratas (Despina), Ryland Davies (Fernando), Tom Krause (Guglielmo), Gabriel Bacquier (Don Alfonso) sous la direction de Joseph Krips, dans une mise en scène, des décors et des costumes de Jean-Pierre Ponnelle.
Lorsqu’en 1948, Gabriel Dussurget dévoile le programme du tout nouveau festival d’Aix-en-Provence et qu’il annonce, comme premier spectacle lyrique, une œuvre de Mozart quasi-inconnue en France, un critique s’étonne : “Cosi fan tutte“ ? Que vient faire une opérette dans un festival qui se veut consacré à la musique classique ? Les choses ont bien changé depuis !`


L’auteur, Lorenzo da Ponte

Lorenzo da Ponte (de son vrai nom Emmanuele Conegliano) est né dans une famille juive de Ceneda (aujourd’hui Vittorio Veneto), près de Venise le 10 mars 1749. Après le remariage de son père, la famille se convertit au catholicisme et adopte le nom de da Ponte. Lorenzo entre au séminaire et est ordonné prêtre avant de s’installer à Venise d’où son mode de vie, fort éloigné de la morale chrétienne, l’obligera à fuir. En 1781, il s’installe à Vienne où, grâce à la protection de l'empereur Joseph II, il est nommé librettiste du théâtre italien. C’est ainsi qu’il sera amené à collaborer à trois reprises avec Mozart : Le Nozze di Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Cosi fan tutte (1790).
A la mort de l’empereur (1790), il quitte Vienne et, après un passage à Prague et à Dresde, s'installe à Londres en 1792. Il y enseigne l'italien et écrit des livrets la compagnie d'opéra italienne du King's Theatre). En 1805, pour échapper à ses créanciers, il émigre en Amérique avec son épouse anglaise. Après diverses tentatives dans le commerce, il est nommé professeur de langue et de littérature italiennes au Columbia College de New-York (aujourd’hui Université de Columbia). En 1826 il organise la première américaine de Don Giovanni.
Il meurt à New York 17 août 1838 à l'âge de 89 ans.


“Un’ aura amorosa…“ Rainer Trost


Cosi fan tutte à l’Opéra national du Rhin

Février- mars 1977 - Evelyn Brunner (Fiordiligi), Alicia Nafe (Dorabella), Rebecca Roberts (Despina), David Rendall (Ferrando), Dominic Cosa (Guglielmo), Dieter Weller (Don Alfonso), direction Alain Lombard, mise en scène Werner Duggelin
Avril 1986 - Karita Mattila (Fiordiligi), Hanna Schaer (Dorabella), Anne-Marie Blanzat (Despina), Donald Litaker (Ferrando), David Pittman-Jennings (Guglielmo), Roger Soyer (Don Alfonso), direction Theodor Guschlbauer, mise en scène Albert-André Lheureux
Reprise en janvier 1989 avec trois changements : Inga Nielsen (Fiordiligi), Alan Watt (Guglielmo), Enrico Fissore (Don Alfonso)
Décembre 2005 - Henriette Bonde-Hansen (Fiordiligi), Deanne Meek (Dorabella), Marie McLaughlin (Despina), Franco Pomponi (Guglielmo), Alfred Boe (Ferrando), Jason Howard (Don Alfonso), direction Dietfried Bernet, mise en scène David McVicar

Strasbourg, les 11, 14, 16, 21, 23 et 26 décembre - Mulhouse, les 8 et 10 janvier
Reprise de la production de 2005
Direction musicale : Ottavio Dantone
Mise en scène originale : David McVicar
Metteur en scène associé : Chris Rolls

Chœurs de l’Opéra national du Rhin
Orchestre symphonique de Mulhouse

Fiordiligi : Jacquelyn Wagner
Dorabella : Stephanie Houtzeel
Despina : Hendrickje Van Kerckhove
Guglielmo : Johannes Weisser
Ferrando : Sébastien Droy
Don Alfonso : Peter Savidge


Cosi fan tutte au disque

La version de l’Opéra du Rhin

Kiri Te Kanawa (Fiordiligi), Frederica von Stade (Dorabella), Teresa Stratas (Despina), David Rendall (Ferrando), Philippe Huttenlocher (Guglielmo), Jules Bastin (Don Alfonso), chœurs de l’Opéra du Rhin et Orchestre Philharmonique de Strasbourg direction Alain Lombard.
Erato – 1977

Les indispensables

Elisabeth Schwarzkopf (Fiordiligi), Nan Merriman (Dorabella), Lisa Otto (Despina), Rolando Panerai (Guglielmo), Léopold Simoneau (Ferrando), Sesto Bruscantini (Don Alfonso)
Philharmonia Orchestra London, Herbert von Karajan
EMI - 1954

Elisabeth Schwarzkopf (Fiordiligi), Christa Ludwig (Dorabella), Hanny Steffek (Despina), Giuseppe Taddei (Guglielmo), Alfredo Kraus (Ferrando), Walter Berry (Don Alfonso) Philharmonia Orchestra, Karl Böhm
EMI - 1967

Kiri Te Kanawa (Fiordiligi), Ann Murray (Dorabella), Marie McLaughlin (Despina), Thomas Hampson (Guglielmo), Hans Peter Blochwitz (Ferrando), Ferruccio Furlanetto (Don Alfonso)
Wiener Philharmoniker, James Levine
DGG - 1989

Renée Fleming (Fiordiligi), Anne Sofie von Otter (Dorabella), Adelina Scarabelli (Despina), Frank Lopardo (Ferrando), Olaf Bär (Guglielmo), Michele Pertusi (Don Alfonso)
Chamber Orchestra of Europe, Sir Georg Solti
DECCA - 1994

Quelques autres versions :

Margaret Price (Fiordiligi), Yvonne Minton (Dorabella), Lucia Popp (Despina), Geraint Evans (Guglielmo), Luigi Alva (Ferrando), Hans Sotin (Don Alfonso)
New Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer
EMI - 1972

Montserrat Caballé (Fiordiligi), Janet Baker (Dorabella), Ileana Cotrubas (Despina), Wladimiro Ganzarolli (Guglielmo), Nicolai Gedda (Ferrando), Richard van Allan (Don Alfonso)
Covent Garden London, Sir Colin Davis
Philips - 1974

Gundula Janowitz (Fiordiligi), Brigitte Fassbänder (Dorabella), Reri Grist (Despina), Hermann Prey (Guglielmo), Peter Schreier (Ferrando), Rolando Panerai (Don Alfonso)
Wiener Philharmoniker, Karl Böhm
DGG - 1974

Pilar Lorengar (Fiordiligi), Teresa Berganza (Dorabella), Jane Berbié (Despina), Tom Krause (Guglielmo), Ryland Davies (Ferrando), Gabriel Bacquier (Don Alfonso)
London Philharmonic Orchestra, Sir Georg Solti   
DECCA - 1974

1982
Margaret Marshall (Fiordiligi), Agnes Baltsa (Dorabella), Kathleen Battle (Despina), James Morris (Guglielmo), Francisco Araiza (Ferrando), José van Dam (Don Alfonso)
Wiener Philharmoniker, Riccardo Muti   
EMI - 1982

Rachel Yakar (Fiordiligi), Alicia Nafé (Dorabella), Georgine Resick (Despina), Tom Krause (Guglielmo), Gösta Winbergh (Ferrando), Carlos Feller (Don Alfonso) Drottningholm Court Theatre, Arnold Oestman
DECCA - 1984

Carol Vaness (Fiordiligi), Delores Ziegler (Dorabella), Lillian Watson (Despina), Dale Duesing (Guglielmo), John Aler (Ferrando), Claudio Desderi (Don Alfonso)
London Philharmonic Orchestra, Bernard Haitink
EMI – 1987

Karita Mattila (Fiordiligi), Anne Sofie von Otter (Dorabella), Elzbieta Szmytka (Despina), Thomas Allen (Guglielmo), Francisco Araiza (Ferrando), José van Dam (Don Alfonso)
Academy of St.Martin-in-the-Fields, Neville Marriner
Philips – 1989

Lella Cuberli (Fiordiligi), Cecilia Bartoli (Dorabella), Joan Rodgers (Despina), Ferruccio Furlanetto (Guglielmo), Kurt Streit (Ferrando), John Tomlinson (Don Alfonso)
Berliner Philharmoniker, Daniel Barenboim
Erato - 1990

Charlotte Margiono (Fiordiligi), Delores Ziegler (Dorabella), Anna Steiger (Despina), Gilles Cachemaille (Guglielmo), Thomas Hampson (Don Alfonso), Deon van der Walt (Ferrando)
Concertgebouw Orchestra Amsterdam, Nikolaus Harnoncourt
Teldec - 1991

Soile Isokoski (Fiordiligi), Monica Groop (Dorabella), Nancy Argenta (Despina), Per Vollestad (Guglielmo), Markus Schäfer (Ferrando), Hubert Claessens (Don Alfonso)
La Petite Bande, Sigiswald Kuijken
Accent - 1992

Felicity Lott (Fiordiligi), Mary McLaughlin (Dorabella), Nuccia Focile (Despina), Alessandro Corbelli (Guglielmo), Jerry Hadley (Ferrando), Gilles Cachemaille (Don Alfonso)
Scottish Chamber Orchestra, Sir Charles Mackerras
Telarc - 1993

Hillevi Martinpelto (Fiordiligi), Alison Hagley (Dorabella), Ann Murray (Despina), Kurt Streit (Ferrando), Gerald Finley (Guglielmo), Thomas Allen (Don Alfonso)
Age of Enlightenment, Sir Simon Rattle
EMI - 1995

Sophie Fournier (Fiordiligi), Laura Polverelli (Dorabella), Sophie Marin-Degor (Despina), Simon Edwards (Ferrando), Nicolas Rivenq (Guglielmo), Patrick Donnelly (Don Alfonso)
Grande Ecurie et la Chambre du Roi, Jean-Claude Malgoire
Auvidis Astrée - 1996

Véronique Gens (Fiordiligi), Bernarda Fink (Dorabella), Graciella Oddone (Despina), Werner Güra (Ferrando), Marcel Boone (Guglielmo), Pietro Spagnoli (Don Alfonso)
Concerto Köln, René Jacobs
Harmonia Mundi - 1998

Par Berty - Publié dans : Opéra
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Lundi 12 octobre 2009
Il y a quelques années déjà que l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne consacre une biennale à Massenet, biennale qui a permis de réentendre quelques œuvres un peu oubliées du compositeur stéphanois. Il y a deux ans, l’Opéra-Théâtre de Metz a, à son tour, décidé d’en consacrer une à son compositeur local, Ambroise Thomas. Et c’est en coproduction avec l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne que sera présentée, dans les deux villes, la deuxième œuvre au programme de cette manifestation (la première ayant été “Le Caïd“ en 2007).


A Metz, Didier Henry interprètera Hamlet et Marie-Eve Munger sera Ophélie, la direction musicale étant assurée par Jacques Mercier. A Saint-Etienne, on pourra entendre Jean-Sébastien Bou et Amira Sélim sous la direction de Laurent Campellone. Hamlet sera décidément à l’honneur cette année, puisqu’une seconde production verra le jour en France, à Marseille en coproduction avec l’Opéra du Rhin, avec cette fois Franco Pomponi et Patricia Ciofi dirigé par Vincent Boussard. Et nous montons d’un cran, avec deux productions aux Etats-Unis : à Washington, Carlos Alvarez sera Hamlet aux côtés de l’Ophélie de Diana Damrau sous la direction du maître des lieux, Placido Domingo. Et au Metropolitan Opera de New-York, Louis Langrée sera à la tête d’une distribution prestigieuse rassemblant Simon Keenlyside (Hamlet), Natalie Dessay (Ophélie), James Morris (Claudius) et Jennifer Larmore (Gertrude) !


Et l’autre chef-d’œuvre d’Ambroise Thomas, “Mignon“ , sera monté à l’Opéra Comique avec Marie Lenormand et Ismael Jordi sous la direction de François-Xavier Roth.


Si “Mignon“ et “Hamlet“ n’ont jamais quitté l’affiche, il y a bien longtemps qu’il n’y a eu autant de productions différentes au cours d’une même saison. Ambroise Thomas sortirait-il (enfin) de l’indifférence (relative) dans laquelle il est trop longtemps resté ?
Par Berty - Publié dans : Opéra
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Mardi 6 octobre 2009
La prochaine production de Louise de Gustave Charpentier à l'Opéra national du Rhin me donne une bonne occasion d'évoquer ici un opéra peu joué (deux nouvelles productions cette année à Strasbourg et Düsseldorf), quoique régulièrement à l'affiche.


L’opéra

Roman musical en 4 actes et 5 tableaux de Gustave Charpentier (1860-1956), livret du compositeur, créé le 2 février 1900 à l’Opéra-Comique, Paris.

L’action se passe à Paris au début du XXe siècle.
Louise (soprano) - Julien, un jeune artiste (ténor) - La mère de Louise (contralto) - Le père de Louise (basse) - Irma (soprano) - Camille (soprano) - Gertrude (contralto) - Élise (soprano) - Blanche (soprano) - Suzanne (contralto) - Marguerite (soprano) - Madeleine (contralto) - La Première (mezzo) - Une laitière (soprano) - Une glaneuse (mezzo) - Une apprentie (soprano) - Une plieuse (soprano) - Une petite chiffonnière (mezzo) - Une balayeuse (mezzo) - Un Gavroche (soprano) - Un noctambule plus tard Pape des fous (ténor) - Un chiffonnier (basse) - Un chansonnier (baryton) - Un brocanteur (basse) - Un vieux bohème (baryton) - Un peintre (basse) - Un apprenti (baryton) - Deux philosophes (ténor, basse) - Un jeune poète (baryton) - Un sculpteur (baryton) - Un étudiant (ténor) - Deux gardiens de la paix (barytons) - Un fripier (ténor)
Marchands ambulants, ouvriers, petit peuple parisien…

Acte 1
Une chambre mansardée dans un logement d'ouvrier. Par la fenêtre on aperçoit, en face, l’atelier de Julien. Six heures du soir, en avril.
Au lever du rideau, Louise et Julien se parlent par la fenêtre, il lui chante une sérénade. Elle lui suggère d’écrire une lettre à son père pour lui demander sa main. La mère les surprend et les sépare, Julien réussi néanmoins à faire passer sa lettre. Le père arrive. Suit alors une longue scène autour de cette lettre, le père semblant accueillir favorablement la demande de Julien, alors que la mère se montre extrêmement dure, allant jusqu’à gifler Louise.

Acte 2
Premier Tableau

Un carrefour au bas de la butte Montmartre. Cinq heures du matin, en avril. Un léger brouillard enveloppe la ville.
Prélude “Paris s’éveille“
Comme dans la chanson “Il est cinq heures, Paris s’éveille…“ : on peut voir une balayeuse, une laitière préparant sa tournée, un chiffonnier faisant les poubelles, un noctambule rentrant d’une soirée… Arrivent Julien et ses amis artistes. Puis c’est au tour des coutières, bientôt suivies de Louise et de sa mère. Une fois la mère repartie, Julien presse Louise de questions, il veut savoir comment sa lettre a été accueillie : devant l’hésitation de Louise, Julien se fait plus pressant : “Si tu m'aimes, Louise, Viens, fuyons de suite, si tu m'aimes, n'attends pas plus longtemps ! Tiens ta promesse dès maintenant…

Second Tableau
L’atelier de couture.
Les jeunes filles discutent. Elles se rendent compte que Louise a l’air malheureuse, serait-elle amoureuse ? Louise nie. On entend de la musique dans la rue, puis une voix s’élève : c’est Julien qui chante une sérénade “Dans la cité lointaine…“. Louise, prétextant un malaise, quitte précipitamment l’atelier.


Acte 3
Prélude “Vers la cité lointaine“

Un jardinet au faîte de la butte Montmartre. A gauche, une petite maison sans étage, avec perron et vestibule découvert. Panorama de Paris. Le crépuscule est imminent.
L’acte commence par le célèbre air de Louise “Depuis le jour, où je me suis donnée…“. Louise et Julien vivent désormais ensemble et chantent le bonheur d’être libres quand arrive soudain une foule de joyeux fêtards entourant le Pape des Fous. Louise est couronnée Reine de la Bohême et Muse de la Butte Sacrée. La fête s’interrompt quand apparaît la mère de Louise. Elle vient supplier sa fille de rentrer : son père est gravement malade. Elle lui promet qu’elle pourra revenir auprès de Julien quand elle le souhaitera :
- Julien (à la mère) “Promettez-moi de me rendre Louise ?
- La mère (sans le regarder) “Je le promets !

Acte 4
Même décor qu'au premier acte. Neuf heures du soir. En été.
Le père s’est remis : “Après vingt jours de paresse, j'ai dû faire un effort pour m'y remettre : mais maintenant, c'est fini et je suis d'aplomb...“. Mais malgré la promesse de la mère, Louise n’a pas pu retourner chez Julien.
La mère “Auras-tu bientôt fini de bouder ? tu n'as donc pas pitié de ton père ? Tu supposes peut-être qu'on va te laisser retourner chez ton amoureux ?
Louise : “Vous l'aviez promis !"
La mère : “Tu sais bien qu' c'est impossible, on n'peut pas te laisser r'commencer un' vie pareille
Devant l’insistance de Louise, de plus en plus provocante, le père fini par laisser éclater sa colère : “Ah ! misérable ! va-t'en ! va-t'en le retrouver !“. Affolée par son changement d’attitude, Louise s’enfuit.
Le rideau tombe sur le père criant sa haine pour Paris.


Montmartre en 1900


Si le livret est officiellement signé par le compositeur, certaines sources en attribuent la paternité au poète Saint-Pol-Roux (Charpentier lui aurait acheté les droits pour 11 000 francs-or), d’autres relèvent qu’à partir de 1902, Charpentier verse la somme de 100 francs à son filleul Coecilian, fils du poète, pour chaque représentation de Louise…

En 1938, “Louise“ a fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Le scénario était signé par Roland Dorgelès, l’adaptation et la réalisation par Abel Gance et les rôles principaux tenus par Grace Moore, Georges Thill et André Pernet.

“Louise“ est souvent qualifié d’opéra “naturaliste“, pendant français du vérisme qui se développait alors à la même époque en Italie. Dans le droit-fil de l’œuvre de Zola, Gustave Charpentier fait du petit peuple parisien le héros de son “roman musical“. Fidèle à ses convictions, il persuadera le directeur de l’Opéra-Comique d’offrir des places gratuites à de jeunes ouvrières grâce au soutien de généreux donateurs. C’est ainsi que naîtra “l’œuvre de Mimi Pinson“ (du nom d’une héroïne de Musset), qui lui permettra de fonder, deux ans plus tard, un conservatoire où les jeunes filles recevront une formation musicale gratuite.
Malgré son modernisme, qui donna lieu à de vifs débats, l’œuvre allait connaître un vrai succès populaire et, à Paris, les représentations allaient se succéder régulièrement jusqu’à la fermeture de l’Opéra-Comique. L’opéra est entré au répertoire de l’Opéra Bastille en 2007. Hors de France, “Louise“ sera représentée à Berlin et Vienne dès 1903, à New York (Manhattan) en 1908, à Londres en 1909, au Met en 1921, à Milan en 1923 sous la direction de Toscanini…

Gustave Charpentier a été l’élève de Massenet auquel il succéda, en 1912, à l’Institut. Il obtint le Prix de Rome en 1887. En 1913, une suite de “Louise“, “Julien“, fut retirée de l’affiche après 20 représentations, suite au départ soudain du titulaire du rôle-titre, le ténor Charles Rousselières, pour Bruxelles.
En 1897, il composa la cantate pour voix solistes, chœur et orchestre “Le Couronnement de la muse“ pour une soirée gala donnée à l'occasion de la deuxième Promenade de la Vache enragée ou “Vachalcade“, pendant parodique montmartrois du très officiel cortège carnavalesque parisien, la “Promenade du Bœuf Gras“. C’est cette musique qu’il reprendra pour la fête du troisième acte de “Louise“. Il dirigera une dernière fois cette cantate, à la tête de 1250 exécutants, en 1951 à l’occasion des festivités du bi-millénaire de Paris.


Louise à l’Opéra national du Rhin

Dernière représentation en avril-mai 1988 à l’Opéra du Rhin avec Martine Surais (Louise), Tibère Raffalli (Julien), Chantal Dubarry (la mère), Frédéric Vassar (le père), direction Claude Schnitlzer, mise en scène René Terrasson.
Pour l’anecdote : deux artistes des chœurs, Christian Lorentz et Michel Lecomte, distribués dans des seconds rôles en 1988, font partie de la nouvelle distribution.

Strasbourg, les 18, 20, 22, 24 et 31 octobre – Mulhouse, les 8 et 10 novembre.
Direction musicale : Patrick Fournillier
Mise en scène : Vincent Boussard
Décors : Vincent Lemaire
Costumes : Chantal de la Coste-Messelière
Maquillages et coiffures : Catherine Nicolas
Lumières : Guido Levi

Chœurs et Maîtrise de l'Opéra national du Rhin
Orchestre philharmonique de Strasbourg

Louise : Nataliya Kovalova
Julien : Calin Bratescu
La Mère : Marie-Ange Todorovitch
Le Père : Philippe Rouillon
Apprentie, Plieuse, Petite chiffonnière : Khatouna Gadelia
Irma : Anneke Luyten°
Camille : Anaïs Mahikian°
Noctambule, Pape des fous, Marchand d'habits, 2e Bohème : Enrico Casari° / Xin Wang°
1er Bohème, Peintre : Olivier Déjean°
Gertrude, Première, Laitière, Glaneuse : Nadia Bieber*
Élise : Karine Bergamelli*
Blanche : Violeta Poleksic*
Gavroche : Petit Chanteur
Suzanne : Tatiana Anlauf*
Balayeuse : Michel Lecomte*
Marguerite : Aline Gozlan*
Madeleine : Tatiana Zolotikova*
Chiffonnier : Jesus de Burgos*
Chansonnier : Laurent Roos*
Bricoleur, Apprenti : Alain Domi*
Premier philosophe : Dominic Burns*
Poète, Sculpteur : Chae-Hoon Baek*
Étudiant : Christian Lorentz*
Gardien de la paix : Jens Kiertzner*
Second philosophe : Young Min Suk*

° membre de l’Opéra Studio - * artiste des chœurs


Louise au disque

Grace Moore, Raoul Jobin, Ezio Pinza, Choeur et Orchestre du Metropolitan Opera de New York, direction Thomas Beecham
Naxos Historique
1943

Ninon Vallin, Georges Thill, André Pernet, Aimée Lecouvreur, Choeurs Raugel et orchestre, direction Eugène Bigot
Prima Voce
1935
(disponible sur iTunes)

Felicity Lott, Jerome Pruett, Rita Gorr, Ernest Blanc, Choeur et Orchestre de l’Opéra National de Belgique, direction Sylvain Cambreling
Erato

Ileana Cotrubas, Placido Domingo, Jane Berbié, Gabriel Bacquier, Ambrosian Opera Chorus et New Philharmonia Orchestra, direction Georges Prêtre
Sony Classical
(disponible sur iTunes)

L’air “Depuis le jour“ fait partie de nombreux récitals. Sur iTunes on peut ainsi trouver les interprétations de Maria Callas, Joan Sutherland, Kiri Te Kanawa, Montserrat Caballe, Mirella Freni, Beverly Sills, Barbara Hendricks, Kathleen Battle, Valérie Masterson, Angela Gheorghiu, Olga Guryakova, Janine Micheau… et même Nellie Melba !

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Par Berty - Publié dans : Opéra
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Samedi 4 juillet 2009
Pour ou contre les "relectures", les adaptations ou les "réactualisations" d'opéra ?
Le sujet est brûlant et, entre tenants de la tradition et partisans de ces nouvelles "visions", les débats sont vifs. Il y a, bien entendu, des excès dans les deux camps.


Pour ma part, je n'adhère pas au principe de la modernisation systématique sous prétexte que le public d'aujourd'hui ne comprend plus les intentions du librettiste, celles-ci étant forcément liées au contexte social ou politique de l'époque de la création. Certaines de ces relectures sont réussies et peuvent apporter un nouvel éclairage à l'œuvre, d'autres sont catastrophiques, voire ridicules... Un voici un bel exemple : Nabucco. Ici, Syvie Valayre interprète l'un des airs les plus difficiles du répertoire entourée de soldats babyloniens au look pour le moins surprenant ! Le massacre scénique est dû à Hans Neuenfels.


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Par Berty - Publié dans : Opéra
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Samedi 17 janvier 2009
Nous étions hier le 16 janvier. L’une des plus grandes chanteuses de ces 50 dernières années célébrait son 75ème anniversaire. L’une des rares a être entrée vivante dans la légende de l’opéra : Marilyn Horne.

En 1954 (elle a tout juste 20 ans), elle prête sa voix, pour les parties chantées, à l’héroïne de “Carmen Jones“ de Preminger. Elle est alors soprano et sans dans ce registre qu’elle commencera sa carrière en troupe, à Gelsenkirchen. Ses rôles sont Minnie dans La fanciulla del West, Mimì de La Bohème, Antonia des Contes d'Hoffmann, Marie de Wozzeck…

De retour aux Etats-Unis en 1960, elle retravaille sa voix et développe son registre grave : c’est comme mezzo qu’elle poursuivra sa carrière. Sa technique de vocalise lui permettra de restituer leur véritable vocalité aux héroïnes rossiniennes, mais également d’aborder des répertoires délaissés : c’est à son intention que le Met montera une nouvelle production de Rinaldo de Haendel, en 1975, bien avant la vague baroque !



Mais dès le début des années 60, cette voix si particulière attire l’attention du couple Sutherland-Bonynge, et les succès de Norma (1964) et de Semiramis (1965) marqueront les débuts de deux des plus grandes voix du siècle et d’un duo de légende : rarement deux voix se seront aussi bien mariées que celles de Marilyn Horne et Joan Sutherland.



Marilyn Horna occupe une place à part dans l’histoire de l’opéra pour avoir recréé le contralto rossinien en ouvrant ainsi la porte à la renaissance rossinienne des années 80, pour avoir abordé le répertoire baroque avant l’ère des “baroqueux“, mais aussi en faisant redécouvrir le répertoire romantique français…



Anecdote amusante : en 1965, Marilyn Horne doit chanter Lucrezia Borgia de Donizetti en concert au Carnegie Hall. Enceinte, elle renonce et est remplacée au pied levé par une jeune chanteuse, encore inconnue du grand public (elle avait fait ses débuts en troupe à Bâle et à Brême et avait commencé sa vraie carrière internationale en 1962). Du jour au lendemain, celle-ci allait connaître la gloire et ce remplacement sera le véritable point de départ de la prodigieuse carrière Montserrat Caballe.



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Par Berty - Publié dans : Opéra
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Samedi 3 janvier 2009
2009 est une année riche en commémorations musicales : les 350 ans de la naissance de Henry Purcell (Westminster, 10 septembre 1659 - Londres, 21 novembre 1695), les 250 ans de la mort de Georg Friedrich Haendel (Halle, 23 février 1685 - Londres, 14 avril 1759), les 200 ans de la mort de Joseph Haydn (Rohrau, 31 mars 1732 - Vienne, 31 mai 1809), les 200 ans de la naissance de Felix Mendelssohn Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 - Leipzig, 4 novembre 1847) et le cinquantenaire de la disparition d’Heitor Villa-Lobos (Rio de Janeiro, 5 mars 1887 - Rio de Janeiro, 17 novembre 1959). Mais il y a un sixième compositeur qui risque d’être un peu oublié…

Nicolas-Marie d'Alayrac est né à Muret le 8 juin 1753. Avocat, il abandonne sa carrière juridique pour se consacrer à la musique avec le soutien de son père, qui lui verse une rente et lui obtient un brevet de sous-lieutenant dans la garde du comte d’Artois. Cette troupe est installée à la cour de Versailles, ce qui lui permettra de bénéficier des conseils de Grétry, directeur de la musique de la reine.

Ses premières compositions (des duos de violons, des trios et quatuors à cordes), publiées sous un pseudonyme, remportent un vif succès. C’est de son nom qu’il signera, en 1778, la musique pour la réception de Voltaire dans la loge maçonnique des Neufs Sœurs (dont il est également membre) ainsi que celle d’une fête donnée en l’honneur de Benjamin Franklin.

Lorsque la Révolution éclate, il modifie son nom et signera dès lors Nicolas Dalayrac. C’est en 1791 qu’il compose le chant qui le rendra célèbre : “Veillons au salut de l’Empire“.



L’Empire, en 1791 ? Non, il n’y a là aucune erreur de date… Il faut alors entendre “empire“ au sens de “nation“. Mais il n’en faudra pas plus pour en faire l’hymne officieux du Premier Empire, joué lors des cérémonies officielles.
En 1798, il est nommé membre de l’Académie Royale de Suède puis se verra remettre la Légion d’Honneur en 1804.
Il est l’auteur d’une cinquantaine d’opéra-comiques, composés entre 1781 et 1809.


Azémia ou Le nouveau Robinson, opéra comique/roman lyri-comique mêlée d'ariettes en 3 actes, sur un livret de Auguste Etienne Xavier La Chabeaussière , créé le 17 octobre 1786 à Fontainebleau - Ouverture - Le cercle de l'Harmonie, direction Jérémie Rhorer


Sa dernière œuvre, “Le Poète et le musicien“ composée à l'occasion de l'anniversaire du couronnement de Napoléon, sera créée en 1811, deux ans après sa mort survenue à Paris le 26 novembre 1809.

Sans “Veillons au salut de l’Empire“, le nom de Dalayrac aurait peut-être disparu de nos dictionnaires. Et grâce à la parfaite connaissance de la musique française de Richard Bonynge, il est resté présent au disque et au concert comme en atteste cet air, “Quand le bien-aimé reviendra“, interprété ici par la grande Joan Sutherland (Serate Musical - Decca).



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Par Berty - Publié dans : bertysblog
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Dimanche 14 décembre 2008
Comment occuper les jeunes Vénézuéliens après l’école, principalement ceux issus des classes les plus défavorisées et des quartiers les plus difficiles ? Comment les empêcher de traîner dans les rues et leur offrir une activité collective la plus éducative et formatrice possible ?
C’est de ces interrogations qu’est né “il sistema“


A l’origine de ce projet, une personnalité atypique : José Antonio Abreu. Musicien (il avait étudié le piano, le clavecin, l’orgue et la composition), professeur de droit et d’économie, ministre d’état chargé de la Culture (en 1983), c’est lui qui propose, en 1975, la création d’un réseau d’orchestres d’enfants et de jeunes à travers tout le pays.
Le principe en est simple : des cours collectifs, la pratique immédiate de l’instrument (le solfège et la théorie ne viennent que dans un second temps) et tout cela gratuitement, y compris le prêt de l’instrument. Au fur et à mesure de ses progrès, le jeune musicien passe à un orchestre de niveau supérieur, la pointe de cette pyramide étant le Simón Bolívar Youth Orchestra of Venezuela dirigé aujourd’hui par Gustavo Dudamel (né en 1981).


“Il sistema“ regroupe aujourd’hui plus de 250 000 jeunes musiciens (pour une population de 28 millions d’habitants). Avec ce principe, les talents sont rapidement découverts, et les résultats sont là. Parmi les réussites les plus éclatantes, un contrebassiste qui réussit à intégrer la Philharmonie de Berlin.
“Ce qui se passe (au Venezuela) est la chose la plus importante au monde dans le domaine de la musique classique“. (Sir Simon Rattle)

Gustavo Dudamel
Gustavo Dudamel, chef déjà reconnu et qui va prendre, en 2009, la direction de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, a lui aussi bénéficié de ce système bien qu’issu d’un milieu plus favorisé (son initiation musicale a été assurée par son père, tromboniste).
Depuis qu'il a remporté le prix de direction d'orchestre Gustav-Mahler en 2004, sa réputation ne cesse de grandir. En 2005, il remplace au pied levé Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre Symphonique de Göteborg pour un concert à Londres : deux ans plus tard, il est nommé chef principal de cette phalange. En avril 2007, il dirige l'Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart au Vatican à l’occasion du 80e anniversaire du pape Benoît XVI et, en juillet 2008, la Philharmonie de Berlin lors d’un concert à la Waldbühne. Il se produit au Festival de Salzbourg et à celui de Lucerne, dirige la Staatskappelle de Dresde, l'Orchestre Philharmonique de Vienne, l’Orchestre Philharmonique d'Israël, l’Orchestre de la Scala de Milan…. En fosse, il dirige “La Bohème“ et “L’Elisir d’Amore“ à l’Opéra de Berlin, “Don Giovanni“ à la Scala…
“Le chef le plus étonnamment doué que j'ai rencontré". (Sir Simon Rattle)

Final de la 1ère symphonie de Mahler Titan, Gustavo Dudamel dirige l’Orchestre Philharmonique de la Scala de Milan



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Par Berty - Publié dans : bertysblog
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Samedi 6 décembre 2008

Une fois n’est pas coutume (du moins sur ce blog) : j’ai envie de pousser un grand coup de gueule !
J’en ai plus qu’assez de l’amateurisme, voire de l’incompétence, de bon nombre d’organisateurs de spectacles ! Ce qui peut-être excusable (et encore) lorsqu’il s’agit de petites associations, devient franchement intolérable de la part de grandes institutions.

 

Les premières fois, cela peut prêter à rire. Un petit exemple : le programme du Théâtre de Mulhouse annonçait “Die Fledermaus“ de Strauss. Pas un mot sur la production ou la distribution, mais un petit résumé racontant les mésaventures de Gaillardin, Caroline et Duparquet… Sauf que, ces noms sont ceux des personnages de la version française, donc de “La Chauve Souris“. Alors, faut-il croire le titre (et dans ce cas c’est l’original allemand qui est donné) ou le résumé (et là c’est l’adaptation française qui est présentée) ?
La réponse est vite trouvée : il s’agit d’un spectacle en tournée, tous les théâtres dans lesquels l’œuvre est jouée donnent la distribution complète et le bon résumé… Tous, sauf un !
Amateurisme ou négligence ?

 


Autre spécialiste du genre, l’Orchestre Symphonique de Mulhouse. Ainsi, pour le 14 juillet, avons-nous eu droit à ceci :
« Un extrait d'un opéra de Verdi, Le quattro Stagioni, interprété par l'orchestre symphonique de Mulhouse dirigé par Daniel Klajner, accompagnera la chorégraphie pyrotechnique… ».
Vous avez bien lu “un opéra de Verdi, Le quattro Stagioni“. Imaginez la surprise de l’amateur d’opéra : aurait-on récemment découvert une œuvre inconnue du Maître ? Et bien non, il fallait comprendre qu’il s’agissait là du ballet “Les quatre saisons“, ballet obligé de tout opéra créé dans la seconde moitié du XIXe à l’Opéra de Paris. Et l’opéra en question est “Les Vêpres siciliennes“ ! Fallait savoir !
Passons sur d’autres petites approximations pour en arriver au concert d’hier soir.

Le programme annuel annonçait en titre “Hokus, Pokus, Maledictus“. Nous voilà bien avancé… Ce n’est qu’en approfondissant un peu que l’on pouvait découvrir qu’il s’agissait en fait d’une représentation de “Hänsel und Gretel“, l’opéra de Humperdinck, en version de concert. Si l’orchestre, le chœur et le chef étaient cités, pas un mot sur les solistes (a priori des membres de l’Opéra Studio de l’Opéra National du Rhin). Soit, mais moi j’aime bien savoir qui je vais entendre.
Ce n’est qu’à la lecture du programme que j’ai découvert leurs noms et que j’apprenais également que ce n’était pas l’opéra dans son intégralité qui était proposé, mais seulement le prélude et les deuxième et troisième acte. Passons, le pire restait à venir !
Le pire, c’est-à-dire la distribution. Jugez-en vous-même : Karina Motyka (mezzo-soprano interprète Gretel), Luanda Siqueiro (mezzo-soprano interprète le petit marchand de sable et l’Aurore), Suzanne Braunsteffer (soprano interprète Hänsel).
En lisant ceci, deux options s’offrent à l’amateur d’opéra : bondir ou s’effondrer !
Pour les non-initiés, je rappelle la distribution vocale : Hänsel (mezzo-soprano), Gretel (soprano), le marchand de sable (soprano), la fée Rosée (soprano)… L’exact contraire de ce qui est annoncé au programme.
Aucun doute en ce qui concerne Luanda Siqueiro (que j’ai déjà entendu chanter Barberine des Nozze), elle est bien soprano, non mezzo. Pour les autres, une petite recherche s’impose.
Suzanne Braunsteffer est bien soprano, son répertoire comprend les rôles de Fiordiligi, Pamina, Liu, Marguerite de Faust et… Gretel !
Quant à Karina Motyka, si elle est bien mezzo, sa fiche sur le site de son agent l’annonce pour ce concert dans le rôle de… Hänsel (ce qui est logique pour une mezzo).

Inversion des deux rôles principaux, erreur sur le type de voix de la troisième chanteuse… Cela fait beaucoup ! Reste à voir si les critiques locaux auront relevé ces erreurs. Personnellement, j’en doute, car là encore, il y aurait beaucoup à dire !

Pour nous remettre de ces émotions, voici ce qui est certainement la plus belle version de Hänsel und Gretel, disponible en DVD, avec Edita Gruberova (Gretel), Brigitte Fassbaender (Hänsel) et l’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Sir Georg Solti, dans une mise en scène d’August Everding.

 



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Par Berty - Publié dans : Opéra
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