Samedi 4 juillet 2009
Pour ou contre les "relectures", les adaptations ou les "réactualisations" d'opéra ?
Le sujet est brûlant et, entre tenants de la tradition et partisans de ses nouvelles "visions", les débats sont vifs. Il y a, bien entendu, des excès dans les deux camps.


Pour ma part, je n'adhère pas au principe de la modernisation systématique sous prétexte que le public d'aujourd'hui ne comprend plus les intentions du librettiste, celles-ci étant forcément liées au contexte social ou politique de l'époque de la création. Certaines de ces relectures sont réussies et peuvent apporter un nouvel éclairage à l'œuvre, d'autres sont catastrophiques, voire ridicules... Un voici un bel exemple : Nabucco. Ici, Syvie Valayre interprète l'un des airs les plus difficiles du répertoire entourée de soldats babyloniens au look pour le moins surprenant ! Le massacre scénique est dû à Hans Neuenfels.


.
Par Berty - Publié dans : Opéra
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 17 janvier 2009
Nous étions hier le 16 janvier. L’une des plus grandes chanteuses de ces 50 dernières années célébrait son 75ème anniversaire. L’une des rares a être entrée vivante dans la légende de l’opéra : Marilyn Horne.

En 1954 (elle a tout juste 20 ans), elle prête sa voix, pour les parties chantées, à l’héroïne de “Carmen Jones“ de Preminger. Elle est alors soprano et sans dans ce registre qu’elle commencera sa carrière en troupe, à Gelsenkirchen. Ses rôles sont Minnie dans La fanciulla del West, Mimì de La Bohème, Antonia des Contes d'Hoffmann, Marie de Wozzeck…

De retour aux Etats-Unis en 1960, elle retravaille sa voix et développe son registre grave : c’est comme mezzo qu’elle poursuivra sa carrière. Sa technique de vocalise lui permettra de restituer leur véritable vocalité aux héroïnes rossiniennes, mais également d’aborder des répertoires délaissés : c’est à son intention que le Met montera une nouvelle production de Rinaldo de Haendel, en 1975, bien avant la vague baroque !



Mais dès le début des années 60, cette voix si particulière attire l’attention du couple Sutherland-Bonynge, et les succès de Norma (1964) et de Semiramis (1965) marqueront les débuts de deux des plus grandes voix du siècle et d’un duo de légende : rarement deux voix se seront aussi bien mariées que celles de Marilyn Horne et Joan Sutherland.



Marilyn Horna occupe une place à part dans l’histoire de l’opéra pour avoir recréé le contralto rossinien en ouvrant ainsi la porte à la renaissance rossinienne des années 80, pour avoir abordé le répertoire baroque avant l’ère des “baroqueux“, mais aussi en faisant redécouvrir le répertoire romantique français…



Anecdote amusante : en 1965, Marilyn Horne doit chanter Lucrezia Borgia de Donizetti en concert au Carnegie Hall. Enceinte, elle renonce et est remplacée au pied levé par une jeune chanteuse, encore inconnue du grand public (elle avait fait ses débuts en troupe à Bâle et à Brême et avait commencé sa vraie carrière internationale en 1962). Du jour au lendemain, celle-ci allait connaître la gloire et ce remplacement sera le véritable point de départ de la prodigieuse carrière Montserrat Caballe.



.
Par Berty - Publié dans : Opéra
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 3 janvier 2009
2009 est une année riche en commémorations musicales : les 350 ans de la naissance de Henry Purcell (Westminster, 10 septembre 1659 - Londres, 21 novembre 1695), les 250 ans de la mort de Georg Friedrich Haendel (Halle, 23 février 1685 - Londres, 14 avril 1759), les 200 ans de la mort de Joseph Haydn (Rohrau, 31 mars 1732 - Vienne, 31 mai 1809), les 200 ans de la naissance de Felix Mendelssohn Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 - Leipzig, 4 novembre 1847) et le cinquantenaire de la disparition d’Heitor Villa-Lobos (Rio de Janeiro, 5 mars 1887 - Rio de Janeiro, 17 novembre 1959). Mais il y a un sixième compositeur qui risque d’être un peu oublié…

Nicolas-Marie d'Alayrac est né à Muret le 8 juin 1753. Avocat, il abandonne sa carrière juridique pour se consacrer à la musique avec le soutien de son père, qui lui verse une rente et lui obtient un brevet de sous-lieutenant dans la garde du comte d’Artois. Cette troupe est installée à la cour de Versailles, ce qui lui permettra de bénéficier des conseils de Grétry, directeur de la musique de la reine.

Ses premières compositions (des duos de violons, des trios et quatuors à cordes), publiées sous un pseudonyme, remportent un vif succès. C’est de son nom qu’il signera, en 1778, la musique pour la réception de Voltaire dans la loge maçonnique des Neufs Sœurs (dont il est également membre) ainsi que celle d’une fête donnée en l’honneur de Benjamin Franklin.

Lorsque la Révolution éclate, il modifie son nom et signera dès lors Nicolas Dalayrac. C’est en 1791 qu’il compose le chant qui le rendra célèbre : “Veillons au salut de l’Empire“.



L’Empire, en 1791 ? Non, il n’y a là aucune erreur de date… Il faut alors entendre “empire“ au sens de “nation“. Mais il n’en faudra pas plus pour en faire l’hymne officieux du Premier Empire, joué lors des cérémonies officielles.
En 1798, il est nommé membre de l’Académie Royale de Suède puis se verra remettre la Légion d’Honneur en 1804.
Il est l’auteur d’une cinquantaine d’opéra-comiques, composés entre 1781 et 1809.


Azémia ou Le nouveau Robinson, opéra comique/roman lyri-comique mêlée d'ariettes en 3 actes, sur un livret de Auguste Etienne Xavier La Chabeaussière , créé le 17 octobre 1786 à Fontainebleau - Ouverture - Le cercle de l'Harmonie, direction Jérémie Rhorer


Sa dernière œuvre, “Le Poète et le musicien“ composée à l'occasion de l'anniversaire du couronnement de Napoléon, sera créée en 1811, deux ans après sa mort survenue à Paris le 26 novembre 1809.

Sans “Veillons au salut de l’Empire“, le nom de Dalayrac aurait peut-être disparu de nos dictionnaires. Et grâce à la parfaite connaissance de la musique française de Richard Bonynge, il est resté présent au disque et au concert comme en atteste cet air, “Quand le bien-aimé reviendra“, interprété ici par la grande Joan Sutherland (Serate Musical - Decca).



.
Par Berty - Publié dans : bertysblog
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 14 décembre 2008
Comment occuper les jeunes Vénézuéliens après l’école, principalement ceux issus des classes les plus défavorisées et des quartiers les plus difficiles ? Comment les empêcher de traîner dans les rues et leur offrir une activité collective la plus éducative et formatrice possible ?
C’est de ces interrogations qu’est né “il sistema“


A l’origine de ce projet, une personnalité atypique : José Antonio Abreu. Musicien (il avait étudié le piano, le clavecin, l’orgue et la composition), professeur de droit et d’économie, ministre d’état chargé de la Culture (en 1983), c’est lui qui propose, en 1975, la création d’un réseau d’orchestres d’enfants et de jeunes à travers tout le pays.
Le principe en est simple : des cours collectifs, la pratique immédiate de l’instrument (le solfège et la théorie ne viennent que dans un second temps) et tout cela gratuitement, y compris le prêt de l’instrument. Au fur et à mesure de ses progrès, le jeune musicien passe à un orchestre de niveau supérieur, la pointe de cette pyramide étant le Simón Bolívar Youth Orchestra of Venezuela dirigé aujourd’hui par Gustavo Dudamel (né en 1981).


“Il sistema“ regroupe aujourd’hui plus de 250 000 jeunes musiciens (pour une population de 28 millions d’habitants). Avec ce principe, les talents sont rapidement découverts, et les résultats sont là. Parmi les réussites les plus éclatantes, un contrebassiste qui réussit à intégrer la Philharmonie de Berlin.
“Ce qui se passe (au Venezuela) est la chose la plus importante au monde dans le domaine de la musique classique“. (Sir Simon Rattle)

Gustavo Dudamel
Gustavo Dudamel, chef déjà reconnu et qui va prendre, en 2009, la direction de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, a lui aussi bénéficié de ce système bien qu’issu d’un milieu plus favorisé (son initiation musicale a été assurée par son père, tromboniste).
Depuis qu'il a remporté le prix de direction d'orchestre Gustav-Mahler en 2004, sa réputation ne cesse de grandir. En 2005, il remplace au pied levé Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre Symphonique de Göteborg pour un concert à Londres : deux ans plus tard, il est nommé chef principal de cette phalange. En avril 2007, il dirige l'Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart au Vatican à l’occasion du 80e anniversaire du pape Benoît XVI et, en juillet 2008, la Philharmonie de Berlin lors d’un concert à la Waldbühne. Il se produit au Festival de Salzbourg et à celui de Lucerne, dirige la Staatskappelle de Dresde, l'Orchestre Philharmonique de Vienne, l’Orchestre Philharmonique d'Israël, l’Orchestre de la Scala de Milan…. En fosse, il dirige “La Bohème“ et “L’Elisir d’Amore“ à l’Opéra de Berlin, “Don Giovanni“ à la Scala…
“Le chef le plus étonnamment doué que j'ai rencontré". (Sir Simon Rattle)

Final de la 1ère symphonie de Mahler Titan, Gustavo Dudamel dirige l’Orchestre Philharmonique de la Scala de Milan



.
Par Berty - Publié dans : bertysblog
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 6 décembre 2008

Une fois n’est pas coutume (du moins sur ce blog) : j’ai envie de pousser un grand coup de gueule !
J’en ai plus qu’assez de l’amateurisme, voire de l’incompétence, de bon nombre d’organisateurs de spectacles ! Ce qui peut-être excusable (et encore) lorsqu’il s’agit de petites associations, devient franchement intolérable de la part de grandes institutions.


Les premières fois, cela peut prêter à rire. Un petit exemple : le programme du Théâtre de Mulhouse annonçait “Die Fledermaus“ de Strauss. Pas un mot sur la production ou la distribution, mais un petit résumé racontant les mésaventures de Gaillardin, Caroline et Duparquet… Sauf que, ces noms sont ceux des personnages de la version française, donc de “La Chauve Souris“. Alors, faut-il croire le titre (et dans ce cas c’est l’original allemand qui est donné) ou le résumé (et là c’est l’adaptation française qui est présentée) ?
La réponse est vite trouvée : il s’agit d’un spectacle en tournée, tous les théâtres dans lesquels l’œuvre est jouée donnent la distribution complète et le bon résumé… Tous, sauf un !
Amateurisme ou négligence ?





Autre spécialiste du genre, l’Orchestre Symphonique de Mulhouse. Ainsi, pour le 14 juillet, avons-nous eu droit à ceci :
« Un extrait d'un opéra de Verdi, Le quattro Stagioni, interprété par l'orchestre symphonique de Mulhouse dirigé par Daniel Klajner, accompagnera la chorégraphie pyrotechnique… ».
Vous avez bien lu “un opéra de Verdi, Le quattro Stagioni“. Imaginez la surprise de l’amateur d’opéra : aurait-on récemment découvert une œuvre inconnue du Maître ? Et bien non, il fallait comprendre qu’il s’agissait là du ballet “Les quatre saisons“, ballet obligé de tout opéra créé dans la seconde moitié du XIXe à l’Opéra de Paris. Et l’opéra en question est “Les Vêpres siciliennes“ ! Fallait savoir !
Passons sur d’autres petites approximations pour en arriver au concert d’hier soir.

Le programme annuel annonçait en titre “Hokus, Pokus, Maledictus“. Nous voilà bien avancé… Ce n’est qu’en approfondissant un peu que l’on pouvait découvrir qu’il s’agissait en fait d’une représentation de “Hänsel und Gretel“, l’opéra de Humperdinck, en version de concert. Si l’orchestre, le chœur et le chef étaient cités, pas un mot sur les solistes (a priori des membres de l’Opéra Studio de l’Opéra National du Rhin). Soit, mais moi j’aime bien savoir qui je vais entendre.
Ce n’est qu’à la lecture du programme que j’ai découvert leurs noms et que j’apprenais également que ce n’était pas l’opéra dans son intégralité qui était proposé, mais seulement le prélude et les deuxième et troisième acte. Passons, le pire restait à venir !
Le pire, c’est-à-dire la distribution. Jugez-en vous-même : Karina Motyka (mezzo-soprano interprète Gretel), Luanda Siqueiro (mezzo-soprano interprète le petit marchand de sable et l’Aurore), Suzanne Braunsteffer (soprano interprète Hänsel).
En lisant ceci, deux options s’offrent à l’amateur d’opéra : bondir ou s’effondrer !
Pour les non-initiés, je rappelle la distribution vocale : Hänsel (mezzo-soprano), Gretel (soprano), le marchand de sable (soprano), la fée Rosée (soprano)… L’exact contraire de ce qui est annoncé au programme.
Aucun doute en ce qui concerne Luanda Siqueiro (que j’ai déjà entendu chanter Barberine des Nozze), elle est bien soprano, non mezzo. Pour les autres, une petite recherche s’impose.
Suzanne Braunsteffer est bien soprano, son répertoire comprend les rôles de Fiordiligi, Pamina, Liu, Marguerite de Faust et… Gretel !
Quant à Karina Motyka, si elle est bien mezzo, sa fiche sur le site de son agent l’annonce pour ce concert dans le rôle de… Hänsel (ce qui est logique pour une mezzo).

Inversion des deux rôles principaux, erreur sur le type de voix de la troisième chanteuse… Cela fait beaucoup ! Reste à voir si les critiques locaux auront relevé ces erreurs. Personnellement, j’en doute, car là encore, il y aurait beaucoup à dire !

Pour nous remettre de ces émotions, voici ce qui est certainement la plus belle version de Hänsel und Gretel, disponible en DVD, avec Edita Gruberova (Gretel), Brigitte Fassbaender (Hänsel) et l’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Sir Georg Solti, dans une mise en scène d’August Everding.




.
Par Berty - Publié dans : Opéra
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 16 novembre 2008
Au cours de l’histoire, il y a eu plusieurs vagues d’immigration d’Alsace vers les Etats-Unis. L’apport de cette émigration est loin d’être négligeable : des traditions (Noël, Pâques…), des modes de vie (les Amish…) ont fortement imprégné la culture américaine.
De nombreuses personnalités, dans tous les domaines, ont des origines alsaciennes… En voici une de plus, Et non des moindres !


Point de départ, le village de Bischwiller, à une trentaine de kilomètres de Strasbourg.
D’une part, Hans GUTKNECHT  (Bischwiller,18/01/1691 - Bischwiller 18/07/1782) épouse Anna Barbara KIEFFER (Bischwiller, 25/03/1688 – Bischwiller, 4/03/1726). Ils ont un fils Christian GUTKNECHT (né à Bischwiller le 22 juin 1722).
D’autre part, Johann Michael GRUNHOLTZ (Bischwiller, 24/12/1688 – Bischwiller, 25/03/1735) épouse Magdalena MITSCHER (née à Bischwiller le 8/05/1688). Ils ont une fille, Maria Magdalena (née le 25/04/1725).

Le 25 avril 1746, Christian GUTKNECHT épouse Maria Magdalena GRUNHOLTZ. En 1749, ils émigrent aux Etats-Unis, s’installent à Germantown en Pennsylvanie et anglicisent leur nom en GOODNIGHT (avec une petite erreur d’orthographe, ils auraient dû s’appeler Goodknight).

Leur fils, Samuel (1761-1845) épouse Magdalena BERKHEIMER dont il aura une fille, Catherine, qui épousera Jacob Mackey DUNHAM en juillet 1853.
Passons rapidement sur leurs fils et petit-fils, Jacob William DUNHAM (1863-1936) et Ralph Waldo Emerson DUNHAM (1894-1970), pour nous attarder sur l’arrière petit-fils, Stanley Armour DUNHAM (1918-1992) qui épouse le 5 mai 1940 Madelyne Lee PAYNE (26 octobre 1922 – 2 novembre 2008). Leur fille Ann (1942-1995) épouse, le 2 février 1961, un économiste du ministère des finances du Kenya, Barak Hussein OBAMA.
Leur fils, Barak Hussein, né à Honolulu le 4 août 1961, sera officiellement élu Président des Etats-Unis le 15 décembre prochain.

Hasard de l’histoire et du calendrier, l’un des premiers voyages officiels du nouveau président le conduira sur la terre de ces ancêtres, à l’occasion du soixantième anniversaire de l’Otan qui se tiendra en avril à Strasbourg.
Par Berty - Publié dans : Alsace
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 5 novembre 2008
A l’initiative du Centre Français de Promotion Lyrique et de son président Raymond Duffaut, une nouvelle production du Viaggio a Reims de Rossini permet d’entendre de jeunes chanteurs choisis après de nombreuses auditions. Cette production, dont la première a eu lieu… à Reims, “voyagera“ dans une quinzaine de théâtres à travers toute la France.

Parmi ces jeunes chanteurs, certains révèlent déjà de véritables personnalités, mais une semble sortir du lot :
“La plus impressionnante s’avère toutefois la Marquise Melibée de la Grecque Kleopatra Papatheologou, peut-être un authentique contralto musico, par la richesse du timbre et la pertinence stylistique.“
Un nom à retenir. Mais, prudence, combien de vrais talents en devenir se sont brulés les ailes à des rôles trop lourds ou des répertoires hors de leur portée.

L’air de Rosine du Barbier, Una voce poco fa…



La Gazza Ladra à Pesaro en 2007



.
Par Berty - Publié dans : Opéra
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 10 octobre 2008
Tout commence par une mélodie, d’origine croate, que Joseph Haydn adapte en 1797 pour un faire un chant d’anniversaire pour l'Empereur François Ier d'Autriche avec les mots Gott erhalte Franz den Kaiser (Dieu garde l'Empereur François).

Cette petite œuvre de circonstance aura un double destin : Haydn en utilisera le thème dans le deuxième mouvement de son quatuor dit “l’Empereur“, puis au début du deuxième mouvement de son concerto pour trompette.

Quatuor Op.76, N°3 Hob III :77 “L’Empereur“ , 2. Poco adagio: cantabile



Concerto pour trompette, deuxième mouvement.



Puis ce chant deviendra l'hymne impérial de l'Empire autro-hongrois avec les paroles Gott erhalte, Gott beschütze unsern Kaiser, unser Land ... (Dieu garde, Dieu protège notre Empereur, notre pays...)

Kayserlied, hymne autrichien de 1826 à 1918



Mais l’histoire ne s’arrête pas là !
Le 26 août1841, August Heinrich Hoffmann von Fallersleben (à qui l’on doit quelques uns des chants populaires allemands les plus connus), fervent partisan de l’unité allemande, écrit un poême qui se veut un vibrant appel à l’unité. L’Allemagne est alors composée de nombreux petits royaumes, principautés ou duchés indépendants bien que théoriquement unis au sein de la Confédération germanique. L’union ne se fera qu’en 1871, quand sera proclamé l’Empire Allemand.
Ces paroles, placées sur la mélodie de Haydn, deviendront rapidement un chant très populaire.
En 1922, il sera adopté comme hymne national.

Comme Chant des Allemands, il est le plus souvent connu pour la première ligne de son premier couplet, Deutschland, Deutschland über alles (l’Allemagne par-dessus tout). Ce qui était un appel à dépasser les divisions régionales allait prendre un tout autre sens à l’approche de la seconde guerre mondiale pour devenir la revendication de la “supériorité allemande“ sur le reste du monde…
Après 1949, seul fut conservé le troisième couplet lors des cérémonies officielles. Ce troisième couplet fut définitivement adopté comme hymne de l’Allemange réunifié en 1991.

Deutschland, Deutschland über alles,
über alles in der Welt,
wenn es stets zu Schutz und Trutze
brüderlich zusammenhält.
Von der Maas bis an die Memel,
von der Etsch bis an den Belt,
Deutschland, Deutschland über alles,
über alles in der Welt!

Deutsche Frauen, deutsche Treue,
deutscher Wein und deutscher Sang
sollen in der Welt behalten
ihren alten schönen Klang,
uns zu edler Tat begeistern
unser ganzes Leben lang.
Deutsche Frauen, deutsche Treue,
deutscher Wein und deutscher Sang!

Einigkeit und Recht und Freiheit
für das deutsche Vaterland!
Danach lasst uns alle streben
brüderlich mit Herz und Hand!
Einigkeit und Recht und Freiheit
sind des Glückes Unterpfand;
blühe im Glanze dieses Glückes,
blühe, deutsches Vaterland.



Deutschlandlied



.
Par Berty - Publié dans : Airs connus
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 3 octobre 2008
Dans quelques mois (le 7 juin, pour être précis) nous allons être appelés à élire nos députés européens. L'Europe reste superbement ignorée par les grands médias français : des chefs d'état viennent régulièrement s'exprimer devant le Parlement Européen à Strasbourg, les deux tiers de nos lois sont d'origine européenne et pourtant... Pas un mot dans la presse.
Et nous, que connaissons-nous de nos voisins ? Voici une bonne occasion pour s'intéresser un peu à eux. Et comme mon propos ici est essentiellement musical, j'ai choisi de parler de leurs hymnes. Et pour débuter cette série, intéressons nous au Royaume-Uni.


Commençons par mettre tout de suite les choses au point : "God save the Queen" n'est pas "légalement" l'hymne national du Royaume-UniUni. Ce chant est utilisé en Grande-Bretagne par tradition, mais n'a jamais été fait hymne national ni par une loi du Parlement, ni par proclamation royale.
Autre point important, il n'est pas figé : la version actuelle n'est que transitoire, elle cédera la place au "God save the King" à l'avènement du futur roi.
Cela est d'ailleurs précisé sur le site du gouvernement britannique : "God Save The King" was a patriotic song first publicly performed in London in 1745, which came to be known as the National Anthem at the beginning of the nineteenth century. There is no authorised version of the National Anthem as the words are a matter of tradition.
The words used today are those sung in 1745, substituting "Queen" for "King" where appropriate. On official occasions, only the first verse is usually sung.


Ce chant patriotique, d'auteur et de compositeur inconnus, a été joué pour la première fois à Londres (Angleterre) en 1745. La première édition définitive de l'air actuel est apparue en 1744 dans Thesaurus Musicus.

Auteur et compositeur inconnus ?
Il y a bien quelques pistes...
En fait, plusieurs versions s'affrontent.

Plusieurs airs analogues plus anciens ont été trouvés dans un manuscrit de 1619 attribué au Dr John Bull, organiste de la Chapelle royale pendant le règne de Jacques Ier. Dans le même cahier, on trouve un chant intitulé "God Save the King", mais la musique en est différente.

Les Écossais soutiennent que la pièce est inspirée d'un vieux cantique de 1611 intitulé "Remembrer O thou Man" ou encore de "Franklyn is fled away", de 1669.
On l'a aussi rapprochée d'une oeuvre de 1696 de Purcell. D'autres sources l'attribuent à Arne, le compositeur du Rule Britannia.

La version la plus crédible, semble être celle de "l'emprunt" à un air de Lully. L'histoire de cet air est amusante : Louis XIV avait subi une délicate opération à la fesse et s'en était fort bien remis. La supérieure de l'Ecole des Demoiselles de Saint-Cyr écrivit un poème pour remercier Dieu d'avoir ainsi permis cette royale guérison. Le texte plut au roi qui demanda à Lully de le mettre en musique. Et c'est ainsi qu'à chaque visite du roi à l'institution fondée par Madame de Maintenon, les jeunes pensionnaires chantaient cette mélodie.

Dans "Souvenir", la Marquise de Créquy évoque cette origine française de l'hymne, entendu à Saint-Cyr
…une sorte de motet, ou plutôt de cantique national et glorieux, dont les paroles étaient de Mme de Brinon et la musique du fameux Lully. En voici les paroles que je me suis procurées long-temps après :

Grand Dieu, sauvez le Roi !
Grand Dieu, vengez le Roi !
Vive le Roi !
Qu'à jamais glorieux,
Louis victorieux
Voye ses ennemis
Toujours soumis !
Grand Dieu, sauvez le Roi !
Grand Dieu, vengez le Roi !
Vive le Roi !

Pour peu que vous en eussiez de la curiosité, vous n'auriez pas de peine à vous en procurer la musique, attendu qu'un Allemand, nommé Handel, s'en est emparé pendant son voyage à Paris, qu'il en a fait hommage au Roi Georges de Hanovre moyennant finance, et que MM. les Anglais ont fini par l'adopter et le produire ouvertement un de leurs airs nationaux


Cette version est confirmée dans les mémoires manuscrites de la Duchesse de Perthe :
« Lorsque le Roy Très-Chrétien entrait dans la chapelle, tout le choeur desdites Demoiselles y chantoient à chaque fois les parolles suyvantes, et sur un très-bel ayr du sieur de Lully [qui était italien] » suit le texte, identique à celui ci-dessus.
Relatant la vente de ces mémoires, le journal "La Mode"du 25 juillet 1851 précise que : « La tradition de Saint-Cyr portait que le compositeur Handel, pendant sa visite à la supérieure de cette maison royale, avait demandé et obtenu la permission de copier l'air et les paroles de cette invocation gallicane, qu'il aurait ensuite offerte au Roi Georges 1er comme étant de sa composition. »
Une déclaration, signée par trois religieuses de Saint-Cyr, confirme cette thèse.

Traduit en de nombreuses langues, ce chant a longtemps été un hymne au souverain. Cela a été le cas en France, bien sûr, mais également en Prusse, au Danemark, en Russie...

La mélodie est également celle de "Oben am jungen Rhein", l'hymne du Liechtenstein et a été celle de "O monts indépendants", l'hymne suisse jusqu'au début des années 60 (le 1er avril 1981 "le cantique suisse" est devenu définitivement l'hymne de la Confédération après avoirs été utilisé officieusement à partir de 1961, puis à titre provisoire à compter de 1965).

Le texte original

God save our gracious Queen
Long live our noble Queen,
God save the Queen:
Send her victorious,
Happy and glorious,
Long to reign over us:
God save the Queen.

O Lord, our God, arise,
Scatter thine enemies,
And make them fall:
Confound their politics,
Frustrate their knavish tricks,
On thee our hopes we fix:
God save us all.

Thy choicest gifts in store,
On her be pleased to pour;
Long may she reign:
May she defend our laws,
And ever give us cause
To sing with heart and voice
God save the Queen.



Au Canada

Le "Dieu protège la Reine" n'a pas de statut légal au Canada, même s'il est considéré comme l'hymne royal devant être joué en présence d'un membre de la Famille royale ou comme partie du salut accordé au gouverneur général et aux lieutenants-gouverneurs.

Dieu protège la reine
De sa main souveraine!
Vive la reine!
Qu'un règne glorieux,
Long et victorieux
Rende son peuple heureux.
Vive la reine!

(source : Patrimoine canadien)
Par Berty - Publié dans : Airs connus
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 6 septembre 2008
Voici une œuvre que tout le monde (ou presque) a "dans l'oreille" : la troisième symphonie de Brahms et plus précisement le troisième mouvement.

Qui ne l'a jamais entendu ? Sous une forme ou une autre, car il en existe bon nombre d'adaptations.
Commençons par l'original, sous la direction d'Herbert von Karajan :



En France, l'adaptation la plus connue est certainement celle faite par Serge Gainsbourg et interprétée par Jane Birkin



Moins connue, "Angels song", cette version chantée par Mario Lanza dans "Because your mine" un film de 1954.



.
Par Berty - Publié dans : Airs connus
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus